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HEAVY METAL  |  STUDIO

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1981 1 1
1984 Métamorphose
 

- Style : Attentat Rock

WARNING - Métamorphose (1984)
Par CITIZEN le 31 Décembre 2020          Consultée 748 fois

Comment aborder cet ultime album de WARNING ? Le groupe lui-même semblait ne pas trop le savoir à l’époque. Après avoir bénéficié d’un buzz hors du commun, le combo se fait couper l’herbe sous le pied avec une tournée annulée suivie du départ de Raphaël Garrido. Le groupe se fait quand même récupérer par Columbia et a réalisé ce troisième album. Mais pourquoi ce buste drapé ringard, ce logo complètement random, où est l’orgueilleux coq d’acier défiant prêt à vous arracher le nez ? Pourquoi pas "Warning (sans titre) III" ? La même année sort le "Métamorphose" de SORTILÈGE qui lui vole largement la vedette en imposant un style de Heavy bien plus dur et plus moderne, dont l’approche plus radicale est largement dans la suite de l’aboutissement que représentait "Warning II".

De fait, "Métamorphose" marque un coup d’arrêt à l’ambition de WARNING qui était jusque-là croissante entre chaque album : il est beaucoup plus lisse, beaucoup moins agressif et surtout beaucoup moins barré. Même sans être le plus grand fan du deuxième album (malgré l’excellence des morceaux je trouve que la production est stridente et abrutissante, et vous enfonce la voix de Raphaël Garrido dans le crâne à vous en donner la migraine), faut avouer que les titres jouent davantage la facilité. Ce qui marque le plus le pas c’est bien sûr le style vocal, les textes écrits par Rapha étaient complètement hallucinés avec une méthode de juxtaposition continue d’images et assénés à l’avenant avec ce côté hystérique et implacable totalement délirant. Maintenant, dépourvu de son frontman possédé, le groupe se contente de lignes vocales heavy beaucoup plus classiques qui exploitent à fond les envolées perçantes. Bon, la performance du nouveau chanteur reste excellente, alors qu’il s’agit d’un inconnu rencontré par le groupe en sortie de boîte, c’est la magie des années 80, c’était littéralement impossible de sortir les poubelles sans tomber sur des gangs de castrats bardés de spandex qui faisaient des vocalises (ça s’est bien perdu depuis, et c’est pas faute d’essayer pour ma part).

Malgré donc l’absence de surenchère qu’on aurait été en droit d’attendre après "Warning II" sans le changement de personnel, l’identité du groupe est maintenue grâce à la patte de Christophe Aubert, guitariste fondateur et seul membre présent sur les trois albums, qui n’a pas mis d’eau dans son vin et déploie toujours son style super flamboyant et percutant. WARNING ne fait donc plus trop bouger les lignes, mais son dernier album est tout ce que vous voulez mais pas mou. Tout juste le style plus épuré fait-il ressortir un peu défavorablement le côté gnangnan des textes (enfin ce n’est pas vraiment une nouveauté, l’emballage énergique et foutraque de la plume de Rapha avait juste tendance à le dissimuler) type "Star".

L’essentiel de l’album présente donc un WARNING quelque peu allégé de ses manières, proposant un Hard Rock plus direct quitte à incarner encore plus certains clichés de l’époque (cette batterie simpliste avec grosse caisse proéminente !). Carré, professionnel, gentiment speed, cet album est avant tout le terrain de jeu de Christophe Aubert qui semble avoir nivelé tout le reste uniquement pour fournir un cadre à sa guitare clinquante. Le problème c’est qu’à surcharger les chansons de pléthore de guitares criantes, les soli finissent par se démarquer assez peu : longs et avec peu de relief, noyés dans la section rythmique, ils laissent l'impression que le groupe cherche à tartiner encore un peu plus ("Portrait Robot" pousse cette logique à l’extrême, puisque cette chanson qui démarre en force, à l’instar des premiers titres, évolue en un plan guitare outrancier qui occupe près de quatre minutes sur six !). Si le groupe a l’air d’avoir été détourné par son guitariste tout feu tout flamme à l’enthousiasme incontrôlable, ce n’est plus au service d’un rendu précis et infernalement calculé comme sur "Warning II", c’est une impression de saturation qui peut émerger.

Heureusement le chanteur n’est pas en reste et s’égosille avec conviction, sa voix éraillée procurant un peu de caractère à l’ensemble. Le résultat de cette guitare insolente et de ce chanteur qui s’égosille, c’est évidemment de donner un caractère démesuré aux morceaux, quitte à ce que tout ne s’imprime pas malgré la présence de quelques tubes plus intelligemment écrits (ah, au moins Le "Petit Peuple" n’est pas gâché). Les premiers titres semblent conçus comme une collection de riffs extrêmement efficaces sur une batterie simplistes, tirant pleinement avantage de ce chanteur sans limites pour faire passer des brûlots véloces comme il faut. La deuxième moitié ne cherche pourtant pas à maintenir cette intensité : "L’Aveu", power-ballade avec un solo très étiré et une véritable ambiance, fait office de pause agréable ; le seul bémol est le morceau qui conclut l’album, un titre sombre et lent basé sur des guitares distordues, parfois même fantomatiques, avec un chant torturé par-dessus : un parti-pris totalement à rebours des autres chansons, un truc abrasif lugubre qui jure totalement avec le reste et qui étire encore un peu cette seconde partie d’album dont les morceaux sont beaucoup plus longs, d’où un album déséquilibré fait d’un enchaînement de quatre titres efficaces et courts puis lesté de trois titres un peu trop gonflés.

C’est du coup un album assez étrange qui boucle la carrière de WARNING, qui propose nombre de titres avec débauche d’énergie adressée à un public plutôt pointu et quelques autres morceaux sympathiques et faisant des appels du pied plus commerciaux, sans faiblesses évidentes mais manquant de la cohérence qui en ferait un album indispensable. On dira que le groupe a tiré le meilleur parti de son line-up après que leur frontman s'est barré. Ça n’en reste pas moins une écoute recommandable à tous les aficionados de Heavy kitschounet, français ou non, et j’appose de ce fait la note de 3,5/5 certifiée de mon tampon de Metal fondu frappé du sceau de Nightfall.

Le détail kitsch : "Chuis qu’un géant de paaaaille derrière le masque de samouraaaaaï" : note plancher instantanée de 3/5 minimum (8,5/10 sur l’échelle d’ADX de la kitscherie).
Le hit : "Petit Peuple" (faut insister là-dessus).
La tuerie Speed : "Rock Ball".
Le solo accéléré de "Métamorphose" : petit effet bordélique efficace, un album de plus et ils nous faisaient du MORSÜRE !

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- Christophe Aubert (guitare)
- Michel Aymé (basse)
- Gerald Manceau (batterie)
- Francis Petit (chant)


1. Petit Peuple
2. Star
3. Métamorphose
4. Rock Ball
5. L'aveu
6. Portrait-robot
7. L'accident



             



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