Recherche avancée       Liste groupes



      
HEAVY METAL  |  STUDIO

Commentaires (1)
Lexique heavy metal
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Black Sabbath

NINGEN ISU [人間椅] - Ningen Shikkaku ( 人間失格 ) (1990)
Par DARK BEAGLE le 10 Novembre 2020          Consultée 419 fois

NINGEN ISU est un groupe qui est très discret en Europe, ayant fait le plus gros de sa carrière au Japon. Pourtant, le pays a exporté quelques formations comme LOUDNESS, X JAPAN, ou plus récemment les affreux BABYMETAL. Mais NINGEN ISU reste une inconnue. Ou plutôt, une espèce de « produit » de niche qui ne parlera qu’à une poignée d’initiés qui se reconnaissent au port d’un kimono de cérémonie. Pourtant, le power-trio a de nombreux atouts dans sa manche, à commencer par une personnalité forte. Étrange mais très présente, qui se reconnaît presque immédiatement quand on écoute un album des Japonais.

Avec "Ningen Shikkaku", NINGEN ISU propose un premier véritable album très intéressant, qui reprend là où s’était arrêté le précédent EP, avec une production plus pertinente, qui met bien en valeur les qualités du groupe. Visuellement, la pochette reste assez étrange même si elle est plus facile à décrypter que la précédente. Mais effectivement, elle ne nous parlerait pas forcément, à nous occidentaux, à moins de savoir lire les kanji (et non, lire une chronique de notre Jeff ne vous donne pas ce pouvoir). Mais poser le disque sur la platine peut rapidement s’avérer devenir très addictif, une fois que nous nous habituons à ce chant étrange, mais habité.

Décrire ce qu’est NINGEN ISU musicalement pourrait tenir en deux mots : Heavy Metal. Mais il conviendrait de nuancer un brin la description, parce que le trio ne se gêne pas pour le faire sur sillon, se montrant assez habile pour ne pas proposer quelque chose de trop évident. Au contraire ! Les constructions ne sont pas tout à fait classiques, certaines sonorités se veulent même très étonnantes, à commencer par cette batterie ample, menée par Noriyoshi Kamidate qui produit des lignes intéressantes et qui se livre à des patterns pour le moins déroutants, mais qui va former une ossature solide pour Ken-Ichi Suzuki (basse) et Shinji Wajima (guitare), les deux têtes pensantes du combo.

Ces deux-là ont une espèce de connexion qui leur permet de se trouver quels que soient les schémas mélodiques utilisés, aussi bien lorgnant vers une agressivité brute ou vers quelque chose de plus harmonieux, pour ne pas dire lumineux (l’instrumental "Arnheim No Izumi". Mais surtout, rien ne semble évident. La guitare sonne de façon très Heavy, mais elle sait également se faire plus aérienne. On pense tout de suite à BLACK SABBATH, mais très vite, on se rend compte qu’il s’agirait d’un BLACK SABBATH qui aurait muté, qui cherche à poser des plans plus complexes, que ne renierait par Robert Fripp (KING CRIMSON).

Ce qui semble a priori évident ne l’est pas. Les structures sont parfois assez atypiques et le chant en japonais vient sensiblement compliquer la donne. Pour le côté fédérateur, on repassera, mais NINGEN ISU attire indéniablement l’oreille. La première écoute peut laisser circonspecte, mais plus celles-ci passent, plus ce disque s’impose comme une pièce intéressante, qui possède une aura qui lui est propre et que l’on aurait du mal à retrouver chez une formation européenne ou américaine et pourtant ce serait du côté des USA que je piocherais deux groupes de façon un peu hasardeuse.

Parce qu’au final, NINGEN ISU a une démarche à peu près semblable à celle de CIRITH UNGOL ou de MANILLA ROAD : faire sa musique comme il l’entend, sans se soucier des modes. "Ningen Shikkaku" n’apparaît pas comme un disque de la fin des années 80 ou 90, il ne suit pas les modes du moment et il ne ressemble pas plus à une offrande 100% seventies. Il mélange avec soin l'ardeur du Heavy Metal classique net lui imprime sa personnalité au point où il en devient étrangement épique. Oh, pas épique comme nous l’entendons de ces « true Heavy Metal Bands from the 2000 who like the 80s Heavy Metal with a fucking Epic Wind blablabla », mais plutôt dans le sens où les musiciens nous font pénétrer dans leur monde et nous le présente avec force et caractère.

Et leur univers, une fois que l’on arrive à trouver des paroles qui ne soient pas un alignement de kanji, reste dans la mouvance du premier mini-album, avec une connotation fantastique, voire horrifique soutenue (et que nous vivons sur "Ayakashi No Tsuzumi", un des morceaux-phares de cette galette), évoquant l’univers de Yokai, ces créatures fantastiques nippones qui hantent l’œuvre de Miyazaki, tout en s’inspirant de l’œuvre de Edogawa Ranpo, comme nous l’avions déjà vu sur le mini-lp précédent. Cela donne un contexte riche, un peu fouillis, mais qui sert pleinement le propos de NINGEN ISU, pour un rendu aussi improbable que surprenant.

Le groupe a d’ailleurs récupéré deux titres de son méfait précédent pour les proposer dans des versions plus clean ici, mais sans leur enlever de leur mordant. Aussi, nous avons le plaisir de retrouver "Ningen Shikkaku" et le superbe "Sakura No Mori No Mankai No Shita" (les plus audacieux d’entre vous, qui auront fait une petite recherche, noterons que cette dernière deviendra également le titre de l’opus suivant) et d’apprécier une nouvelle fois cette force créatrice, avec ses soli tonitruants ou encore cette aspect plus lourd, quasi Doom, sur la dernière cité (si je ne suis pas obligé de réécrire son petit nom, ça me va).

D’ailleurs, ces deux morceaux se fondent très bien au milieu des autres compositions qui semblent issues du même moule. Il y a donc une homogénéité qui se dégage de ce disque, qui se veut plutôt réconfortante. Il ne reste plus à l’auditeur qu'à se laisser aller au gré des riffs et à s’habituer petit à petit à cette voix pour le moins particulière, mais quelque part fascinante. Elle semble à la fois incongrue et tellement à sa place ! C’est simple, Wajima pourrait s’époumoner à dire « vous autres Français êtes tellement gay que vous nous inspirez les yaoï les plus trash » en VO, il serait toujours aussi hypnotique.

Avec "Ningen Shikkaku", NINGEN ISU se forge une belle réputation. Ce premier véritable album peut paraître mal dégrossi aux premiers abords, mais il devient très rapidement entêtant. Avec ce groupe, la perfection n’est pas une nécessité, ce qu’il dégage se veut bien plus captivant que quelque chose de nickel de A à Z. Les Japonais ouvrent les portes d’un univers foisonnant, qui n’accrochera pas forcément l’oreille de tout le monde parce que très particulier tout de même. L’histoire ne fait que commencer et va rapidement devenir une véritable épopée.

A lire aussi en HEAVY METAL par DARK BEAGLE :


PRETTY MAIDS
Red Hot And Heavy (1984)
Heavy Metal à la sauce danoise : un must !




SCORPION CHILD
Acid Roulette (2016)
Sérénades texanes


Marquez et partagez




 
   DARK BEAGLE

 
  N/A



- Shinji Wajima (chant, guitare)
- Ken-ichi Suzuki (basse, chant)
- Noriyoshi Kamidate (batterie)


1. Tetsugoushi Mokushi-roku ( 鉄格子
2. Hari No Yama ( 針の山 )
3. Ayakashi No Tsuzumi ( あやか
4. Ringo No Namida (りんごの&
5. Sai No Kawara ( 賽の河原 )
6. Tengoku Ni Musubu Koi ( 天国に&#
7. Akuma No Temari-uta ( 悪魔の
8. Ningen Shikkaku ( 人間失格
9. Heavy Metal No Gyakushuu ( ヘヴィ
10. Arnheim No Izumi ( アルンハ
11. Sakura No Mori No Mankai No Shita ( 桜ӗ



             



1999 - 2020 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod