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- Style : Alice In Chains, Fair To Midland, Faith No More, Soundgarden

SEEDS OF MARY - Serendipity (2020)
Par DARK BEAGLE le 3 Novembre 2020          Consultée 1121 fois

Les caméléons sont des reptiles assez fascinants. Nous ne savons jamais trop où ils regardent exactement et ils se fondent dans le décor avec une facilité assez déconcertante. Je pourrais tirer des informations de la "Rubrique à Brac" de Gotlib où le Professeur Burp parle de ce charmant petit animal, mais je ne suis pas absolument certain des sources de ce génie du Neuvième Art. Bref, tout ça pour vous dire que cette bestiole est cool et qu’elle orne la jaquette du troisième album des Bordelais de SEEDS OF MARY, "Serendipity", qui prend comme de par hasard une jolie teinte que l’on rapprocherait de celle du vin.

Le terme qui vient à l’esprit après l’écoute de cet album serait « solide ». Le groupe est en progrès constant depuis ses débuts et arrive ici à une belle maturité que l’EP "The Sun Sessions" (2018) laissait déjà entrevoir. SEEDS OF MARY mélange avec habileté le Metal avec des choses plus Rock, parfois un poil Progressif et développe des morceaux d’une belle densité. "Serendipity" est le genre de disque qui ne s’assimile pas en une écoute, il en demande plusieurs pour être pleinement apprécié et surtout, pour être digéré.

Les musiciens s’acharnent à battre le chaud et le froid sur bon nombre de morceaux, où des riffs très Heavy laissent subitement de l’espace à des passages plus calmes, qui ne vont pas forcément trouver le répondant que nous attendons et l’inverse est très vrai également, certains titres peuvent commencer doucement et devenir plus raides sans crier gare. En cela réside une bonne partie du plaisir que nous éprouvons à l’écoute de l’album, ce côté imprévisible qui se veut des plus séduisants. Et pourtant "Serendipity" n’apparaît pas comme éclaté, sans cohésion. Au contraire, il y a une espèce de logique, de fil rouge qui relie les titres entre eux, entre obscurité et lumière.

Prenons les choses comme elles commencent. Nous sommes d’entrée de jeu agressé par un "The Atheist" sérieusement plombé, où le chant de Jérémy Dourneau se veut agressif. Habituellement, sa voix se veut plus traînante, chargée d’une espèce de mélancolie qui sied bien aux compositions et qu’il est capable de doper pour éviter qu’elle ne devienne lassante. Mais revenons à "The Atheist" : ici, SEEDS OF MARY nous offre son visage le plus sombre, le plus virulent. Celui qui offre le moins de réconfort, sans pourtant être repoussant. Le genre d’ouverture dont ce genre d’album a besoin, avec ce qu’il faut de petites subtilités afin de nous affuter pour ce qui va suivre.

Parce que "Serendipity" fourmille d’idées qui fonctionnent bien. Le groupe ne se contente jamais de l’essentiel, il agrémente toujours ce qu’il propose avec des petits effets, des interventions délicates. À ce titre, "Reinventing You" est un bien bel exemple. Une ballade qui aurait pu être très classique, mais qui se trouve magnifiée par des petits détails qui, accrochés à la charpente du morceau, forment une coque solide. Cela enlève peut-être de la spontanéité à l’ensemble, mais le tout n’en devient au final que plus esthétique.
Et les titres s’enchaînent, mêlant plusieurs influences qui, visiblement, ont été assimilées par les musiciens avec le temps et l’expérience. Il y a du SOUNDGARDEN dans l’approche, mais il y a également une facilité Pop Rock que l’on assimilerait plus volontiers à du David BOWIE – et croyez-moi, il y a pire comme références. D’autres viennent se greffer, parfois de façon anodine, ou avec beaucoup de subtilité. SEEDS OF MARY pourrait faire songer au regretté FAIR TO MIDLAND, avec cette faculté de faire voyager à chaque morceau, à puiser son inspiration dans divers styles musicaux pour jouer ce qui lui plaît. Mais contrairement aux Américains, la poésie des Bordelais est nettement moins marquée sans pourtant être totalement absente.

Les morceaux s’enchaînent avec une efficacité qui ne semble pas connaître de relâchement. La production met chaque instrument en valeur, mais le groupe sait également le faire lui-même. Les harmonies vocales sont très réussies, elles prennent un joli relief, surtout lors d’une écoute au casque. La basse ronfle de façon agréable, la batterie sait se montrer rentre-dedans quand la situation l’exige et surtout, la guitare est toujours très présente, à la fois sobre et mordante, elle dessine les contours mélodiques de ce "Serendipity" sans jamais faiblir.

Et cela nous offre des morceaux qui se dessinent déjà comme des classiques à venir pour le groupe (dans le contexte, difficile d’évoquer des concerts…), à l’image de "Chameleonic", du surprenant "Gone Astray", qui nous conduit partout sauf là où nous y attendions, ou encore "Somewhere Between Me & Myself", intense, qui termine le disque mais qui semble surtout le résumer. Mais le plus étonnant proviendrait de l'excellent "Rewind Me", qui par explorer loin, avec ses programmations que ne renierait pas Tilo Wolff chez SNAKESKIN, voire sur certains morceaux de LACRIMOSA.

"Serendipity" est un disque qui sème un peu la confusion. Noir, mais qui laisse tout de même de la place à la lumière, colérique mais également très posé par moments. Il n’en est que plus agréable à écouter, car il nous demande un petit effort de concentration et possède, de ce fait, une durée de vie très satisfaisante vu qu’il se dévoile toujours un peu plus à chaque écoute. En faire le tour prendra du temps. SEEDS OF MARY franchit ici un nouveau palier dans sa carrière, il n’est plus le groupe à suivre ou le nouvel espoir d’une scène toujours plus vivace ; il vient de prouver qu’il fallait vraiment compter sur lui.

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   DARK BEAGLE

 
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- Jérémy Dourneau (chant)
- Julien Jolivet (guitare, programmations)
- Raph Gatuingt (guitare, chant)
- Eliott Le Solleur (basse)
- Aaron Silvestre (batterie)


1. The Atheist
2. Rewind Me
3. Not Where I Belong
4. Bleed Me Dry
5. Reinventing You
6. Chameleonic
7. Gone Astray
8. Sanity Is Statistical
9. From The Void
10. Somewhere Between Me & Myself



             



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