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BLACK / DEATH  |  STUDIO

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BLACK CURSE - Endless Wound (2020)
Par ISAACRUDER le 1er Octobre 2020          Consultée 594 fois

Entre la COVID, le battage autour de BLM, et la virée sécuritaire de Macron mode revival sarkozyste, on peut dire que 2020 remporte la palme de l'année de merde, avec félicitations du jury. Le flot merdeux est tel que, époque oblige, on ne trouve plus le temps de se lamenter avec soin. Pensez donc, il y a trois semaines, le port de Beyrouth explosait, parce que trois débilos avaient décidé de laisser traîner des tonnes de nitrate d'ammonium dans un garage sordide, comme lorsque tu caches la poussière sous le tapis quand tu passes l'aspirateur chez mère-grand. Est-ce qu'on en parle aujourd'hui ? Deux-trois hashtags plus tard, et on est déjà sur la nouvelle saveur merdeuse du moment. 2020 est un fleuve crasseux qui dépose non stop son trop-plein de limon sur nos gueules. Quand je regarde l'artwork de "Endless Wound" de BLACK CURSE, j'y vois un pauvre type comme toi et moi, essayant de retenir le flot infernal d'entrer chez lui. La porte ne tient pas, les événements débordent, on ne peut même pas regarder Top Chef chez soi en paix, il faut tweeter sa compassion à la volée, chialer en chœur, se retenir d'aller acheter un stocks de fusil d'assaut de l'autre côté de la frontière pour niquer les cultistes de MAGA, tenter tant bien que mal de savourer son café/croissant lorsqu'une énième connasse aux cheveux verts vient vous hurler dessus pour nous forcer à demander pardon. Rendez-moi 2019 putain !

"Endless Wound" c'est le surnom parfait pour 2020, année satanique. La plaie ne se referme jamais, il y a toujours un taré pour venir rouvrir la blessure à coups de schlass de manouche première classe. On espère guérir de cette saloperie mais il y a le tétanos qui guette. Le déferlement fut quand même dingue, à l'image de l'entrée de l'album. "Charnel Rift" c'est le début de la COVID, avec son riff Black/Death à la INCANTATION ravageur. On voyait le torrent se rapprocher mais on était trop occupés à se penser invincible, alors que la mondialisation se préparait au doggystyle depuis plus d'une décennie ! On a dégusté un virus venu de l'autre côté de la planète, comme on se prend les blasts assassins venus des tréfonds d'un Black Metal infusé à la manifestation façon Charlottesville. La fin de "Charnel Rift" c'est l'aliénation totale, ce moment où le confinement s'est abattu sur nos têtes et où les plus asociaux d'entre nous ont entrevu le paradis avant de comprendre que le moindre McDo allait être fermé devant leurs grosses faces abasourdies. "Enraptured by Decay", avec ses mouvements serpentins beaucoup trop lourds pour nos corps fatigués, c'est ce moment où, abattus par la mollesse d'une existence d'infectés en quarantaine, nous observons le gras de notre bide qui s'ajoute à une déprime latente, pendant qu'une pelletée de sous-êtres viennent se roter au visage en clamant leur droit à la liberté. Orage nucléaire sur leurs gueules svp ? Allez, BLACK CURSE nous l'offre, avec un final bien trop épique, dont le mystère couplé à la puissance rappelle le meilleur de TRIPTYKON.

Si un chanteur devait représenter toutes les Karens de la Terre en une seule voix inhumaine ce serait bien Gravetorn, également prêtre dans SPECTRAL VOICE. Possédé par des années de séjour à la Chaise Diable, comme un Constantine en perdition, le sieur passe du registre Death au Black sans problème, sans compter ses implosions perverses dignes d'un Attila belle époque. Il habite l'album et le propulse vers des sommets, en particulier lors de ces incursions sur le territoire Doom, "Lifeless Sanctum" sentant bon le rituel final pour la civilisation humaine. Si la première moitié de "Endless Wound" est un déluge de feu terrifiant, la seconde s'avère plus macabre, BLACK CURSE jouant à merveille un Black/Death infernal capable de relâcher la tension via du riffing pachydermique, à la manière, encore une fois, de 2020, année qui déverse et qui accable. Cependant, tout n'est pas parfait dans cet album pourtant excellent. Ainsi, "Seared Eyes" fait office de remplissage au milieu de ce défouloir indécent, de même que "Crowned In (Floral) Vice". Rien qui n’entache heureusement la férocité d'un album jouissif au possible.

Le morceau éponyme vient annihiler tout espoir de retour à la lumière, lorsque, oubliant une nouvelle fois ton masque pour te rendre à l'épicerie, tu te surprends à te rouler par terre comme un tocard, noyant ta carcasse de Millennial fatiguée sous un torrent de larmes. Autour de toi, le monde continue de groover, comme le riffing de BLACK CURSE, la danse des cassos continue, et tu te sens dernier homme sain dans un monde de demeurés finis. T'abandonnant à la folie, tu finis par entrevoir la lumière : tu cours à poil, le masque à la main flottant comme ton étendard, et tu vas tousser sur la plèbe éparse, léchant par-ci par-là des poteaux et des murs décrépis. Tandis que le riff final de "Finality I Behold" résonne, tu es déjà redevenu une bête ; à quatre pattes tu détales dans les rues de la ville, Balavoine est fier, tout le monde change de trottoir : la langue pendante tu sèmes de la bave. Petit-Trumpiste rêveur, tu égrènes dans ta course du COVID.

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   ISAACRUDER

 
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- Morris Kolontyrsky (basse)
- Antinom (batterie)
- Jonathan Campos (guitare)
- Gravetorn (chant, guitare)


1. Charnel Rift
2. Crowned In (floral) Vice
3. Enraptured By Decay
4. Seared Eyes
5. Lifeless Sanctum
6. Endless Wound
7. Finality I Behold



             



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