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PROGRESSIVE DEATH METAL  |  STUDIO

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AESMAH - Walking Off The Horizon (2020)
Par JEFF KANJI le 8 Septembre 2020          Consultée 596 fois

Et il l'a remis sur le métier son ouvrage, une nouvelle fois ! En même temps, vu le sens du détail observé sur ce qu'il considérait comme un EP - "[Imeria]" – il fallait s'attendre à ce que le premier véritable album d'AESMAH soit passé au laser. Heurté comme beaucoup par plusieurs changements de personnel, dont un passage par les fûts de Morteüs (DESTINITY - c'était lui qui officiait le soir où je rencontrai Wën dans le monde réel dans ce caf-conc' de Roanne où ils partageaient l'affiche avec ENTROPIA INVICTUS et NIGHTMARES &ND COMEDY, AESMAH se stabilise enfin l'an dernier avec les arrivées de Simon et Audrey.

Tout ça pour dire qu'en presque huit ans, les Lyonnais ont eu le temps de maturer leur style, d'absorber d'autres influences. Et d'ailleurs une petite déconvenue pour moi, le côté ORPHANED LAND a totalement disparu, du moins auditivement, de la tambouille d'AESMAH. Le riffing à la DARK TRANQUILLITY est beaucoup plus intégré également, et le groupe utilise davantage une façon de riffer qui rappelle le géant suédois très lointainement. En revanche s'il y en a bien une qui est beaucoup plus prégnante qu'à l'époque, c'est celle d'OPETH !

OPETH le grand, celui qui révélait un jeu de batterie explorant le meilleur d'un jeu Metal irréprochable et d'une approche des percussions qui ne sera pas sans rappeler Martin Lopez ; félicitations à la nouvelle venue Audrey Gardenat, en voilà une carte de visite ! En outre François Tissot, émérite bassiste-growleur, a bien chopé la "technique" Åkerfeldt, proposant un chant death ultra caverneux et intelligible, qui fait honneur à la légende. Et puis il y a aussi cet enchaînement de riffs à bâtons rompus, dans un empilement haletant qui rappelle là aussi les Suédois.

N'allez pas pour autant croire qu'AESMAH s'est métamorphosé en OPETH-like ! AESMAH se présente sous un jour atmosphérique, avec des claviers encore plus discrets, des guitares beaucoup plus lourdes et qui n'hésitent pas à laisser passer des élans doomy (comme la progression rondement menée de "Quartz Pt. II"), le tout mis en valeur par une production professionnellement masterisée par Magnus Lindberg (CULT OF LUNA) qui rend honneur aux impacts des guitares tout en laissant la place due à la basse, ce qui renforce le sentiment d'écouter des géants nordiques exécuter ces compositions.

Alors AESMAH, en signant chez Apostasy (FLESHCRAWL, NAILED TO OBSCURITY), franchit incontestablement un palier vers une plus large reconnaissance, ce que sa tournée avortée avec GOD DETHRONED (merci ♫ Coronaaaaaviruuuusss, connard de viruuusss ♪) aurait dû contribuer à lui apporter, si tant est que le groupe réussisse à emmener le public avec lui. Ce qui je dois l'avouer ne présente pas nécessairement de réponse évidente. Car si la science du riff fait partie de l'ADN d'AESMAH, ce dernier a la fâcheuse tendance à se laisser aller dans ses atermoiements, proposant à travers ses structures éclatées une musique certes fortement marquée par le Progressif, où il paraît de bon aloi de jouer un passage calme, un riff speedé très Death Mélo, une lourdeur typiquement Death et suffisamment de technicité. En un mot comme en cent, "Walking Off The Horizon" est long. Sans doute trop. Son paradoxe est que le groupe semble en tirer le meilleur parti quand il passe les six minutes. Dix morceaux cela paraît tout à fait honnête, surtout après huit ans de silence, mais cela représente une heure dix de Death Prog duquel, au passage, le chant clair a disparu.

Néanmoins, "Quartz", "Wave Of Singularity", "Hollow", "Feeding The Eclipse" sont incontestablement des pièces de musique ciselées, dans lesquelles AESMAH parvient à faire tenir sa créativité débordante pour lui incrémenter une plus grande force de frappe. Il y a des trouvailles sur chaque titre, mais l'ensemble semble manquer d'accroche, malgré l'implication totale de chacun des musiciens, chez lesquels on sent immanquablement l'envie de proposer quelque chose de puissant et de subtil. D'ailleurs en cela, "Ghosts" est sans doute le choix idéal pour boucler l'album, dix minutes pendant lesquelles AESMAH étale son savoir-faire avant de nous laisser en plan, épuisés, et un poil circonspects.

Ma chronique de 2012 me fait désormais mentir, car j'attendais sans doute autre chose de la part des Lyonnais. Malgré tout, je dois avouer que la nouveauté est clairement au rendez-vous, le groupe suit un intéressant cheminement artistique, mais il lui faut encore se débarrasser de cette dérive OPETHienne (la compilation de riffs) pour gagner en accroche et atteindre son plein potentiel.

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   JEFF KANJI

 
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- Olivier Girard (guitare, chant)
- Maxime Donet (guitare)
- François Tissot (basse, chant)
- Audrey Gardenat (batterie)
- Simon Moulin (guitare)


1. Quartz Pt. I
2. Quartz Pt. Ii
3. Wave Of Singularity
4. Emerald Visions
5. Nameless Echoes
6. Feeding The Eclipse
7. Ocean Of Veinings
8. Stained Souls
9. Hollow
10. Ghosts



             



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