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BELENOS - Kornôg (2016)
Par VOLTHORD le 4 Août 2020          Consultée 497 fois

J'ai tendance à délaisser la scène Pagan Black française. C'est plus par manque d'inspiration que par volonté, car il est impossible de passer à côté d'un fourmillement de groupes au pedigree tout à fait honorable. Et si ce n'est pas toujours les nouveautés qui pullulent, il y a tout un passé à explorer.
Cette scène, elle a son lot de groupes cultes, et BELENOS trône parmi les piliers de la bonne époque d'Adipocere, qui distribuait alors entre autre Sacral Productions, qui avait également révélé AES DANA et NYDVIND (deux autres piliers de l'époque).

Avec "Kornôg", BELENOS balance son meilleur album depuis l'iconique "Spicilège".
Pourquoi diable avoir autant délayé son écriture ? Peut être parce que de nombreux groupes français de cette première vague, que ce soit BELENOS, HIMINBJORG ou NYDVIND, parviennent à sortir des albums avec des identités discrètes mais pourtant bien présentes, et ne viennent jamais (et ne veulent jamais) réinventer la poudre. Preuve d'une forme de conservatisme typique, BELENOS utilise toujours le logo de sa seconde démo datant de 1999, bon gros doigt d'honneur à toute idée de progression.

Ça ne veut pas dire pourtant que les évolutions (bien que discrètes) ne sont pas là. Je parlais dernièrement des médiocres albums de(s) BATUSHKA de 2019, et voilà qu’en réécoutant "Kornôg", je me dis que, sans tambours ni trompettes, sans costumes de scène et sans hype, Loïc Cellier et sa troupe en font déjà, du Metal avec cette présence du religieux, ce chant profond aux réverbérations effacées mais présentes, qui n'a rien de "grégorien" mais n'est pas totalement aux antipodes d'une retraite en dehors du monde du progrès. Il y avait déjà ça dans le "Mardraum" d'ENSLAVED, et "Spicilège", c'était un peu le "Mardraum" à la française : brutal et mystique.

Mais ENSLAVED s'est barré du côté de PINK FLOYD, et BELENOS a développé ses liturgies avant que des Polonais se mettent en costume et diffuse de l'encens à un public de chevelus désormais habilement revêtus d'un chignon hipster. Même si évidemment la descendance païenne du groupe interdit la comparaison de totalement fonctionner, avec du recul, je me dis que les chœurs de "Kornôg" sont un réel aboutissement, et ses blasts et ses riffs éclairés reproduisent à merveille cet univers religieux sur fond de violence originelle (les costumes, les mystères et les splits débiles en moins). "Kornôg" se pare d'un son à l'équilibre parfait, après un "Chants De Bataille" à la batterie un peu trop en avant et un "Yenn Som Gardis" très trve et sourd, et il trouve également un équilibre plus net entre violence et mélodie.

Il y a aussi cet attachement à la langue bretonne qui, depuis "Yen Sonn Gardis", aura bouté le Français hors de la prose de Loïc Cellier. On notera d'ailleurs que "Armorika", avec son chant féminin introductif, et "E Donder Ar Mor" et sa petite percée de cornemuse, ajouteront des éléments de "folklore" assez timide au sein d'une écriture Black Metal pourtant très orthodoxe (non, le violon de "Yenn Som Gardis", désormais évincé, n'aura pas fait de BELENOS un groupe de Folk Metal).

Le climat quant à lui, va toujours vers le tonnerre.
Un tonnerre caractériel et mordant, dans lequel on se laisse prendre, un tonnerre parfois serein (ce fameux lien avec le sacré…), avec une écriture mélodique désormais plus que rodée et un équilibre plus net dans les rythmiques. Fini les gros blasts qui paraissaient parfois énervants sur "Chants De Bataille" (mais faisaient pourtant toute la qualité de "Spicilège"), l'heure est aux cassures rythmiques et aux ambiances : les douze minutes de "D'An Usved" seront le meilleur témoin de cette écriture plus délicate et aérée (même si là encore, on est pas dans du SAOR).
Porté majoritairement par son chant clair et ses ambiances, amorçant ensuite une montée épique où s'enchaînent les riffs, les trois dernières minutes du titre laisseront la batterie sur le bas côté pour nous laisser seul à seul avec un filet de distorsion brumeux se muant en échos nostalgiques.

Suite à ces bonnes paroles, mon verdict paraîtra d'autant plus dur que mon seul (et principal) reproche sera simplement que BELENOS demeure extrêmement solide, mais n'a toujours pas (à mon sens) égalé l'écriture de l'iconique "Spicilège" (qui était à l'époque un peu le "Mardraum" à la française, brutal et mystique à la fois). Si "Kornôg" constitue la porte d'entrée la plus évidente pour découvrir BELENOS aujourd'hui, et si je reviens régulièrement dessus pour ma part, il n'en est pas pour autant l'album de chevet qu'auront pu être d'autres galettes récentes du genre ("L'Esprit Des Vents" d'AORLHAC ou "Par Le Sang Versé" de VÉHÉMENCE étant les deux exemples qui viennent instantanément en tête).

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- Marc Le Gall (batterie)
- Loic Cellier (chant, guitare, basse, batterie)
- Yohann Mahé (basse, choeurs)
- Antoine Guibert (guitare, choeurs)


1. Kornog
2. Sklosenn Ur Vag
3. E Donder Ar Mor
4. Lidkerzh An Anaon
5. Treizhadenn-noz
6. Armorika
7. D'an Usved
8. Sord-mor
9. Lusenn An Ankou



             



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