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- Style : Death, Hypocrisy, Morgoth, Dark Tranquillity, At The Gates

BURDEN OF GRIEF - Fields Of Salvation (2003)
Par DARK BEAGLE le 2 Juillet 2020          Consultée 438 fois

Beaucoup de groupes ont sorti leurs meilleurs albums en début de carrière. Pas forcément le premier, mais parfois la messe est dite lors des trois ou quatre essais qui suivent les débuts discographiques. La suite devient alors une routine dans le meilleur des cas, une succession de disques honnêtes, qui sont autant de prétextes pour repartir en tournée. Mais il arrive aussi que certaines formations perdent entièrement pied et sabotent elles-mêmes l’image qu’elles s’étaient forgées avec une force de conviction sidérante. Pour les Allemands de BURDEN OF GRIEF, le firmament a été atteint sur ce "Fields Of Salvation". Une flamboyance magnifique, qui étonne après un "On Darker Trails" honnête mais sans réelle envergure.

La pochette est un brin décevante. L’artiste, Kurt Wörsdörfer, en fera des bien plus belles et prenantes par la suite, principalement pour des groupes allemands (comme son nom semble bien le laisser entendre !). Mais elle a le mérite de changer un peu l’imagerie qu’avait BURDEN OF GRIEF jusque-là. Fini les couleurs froides, ces violets pas très jouasses, le temps est à la chaleur de l’Enfer ! Et surtout, on nous vire leur espèce de mascotte affreuse que l’on devinait sur la jaquette de "Haunting Requiem" et qui ornait celle de "On Darker Trails". Difficile en effet de se créer un personnage aussi fort que Eddie ou qu’un Vic Rattlehead ! Et finalement, cette pochette fait également office de vitrine, pas forcément dans les thèmes que va aborder le groupe, mais dans les changements qu’a connu celui-ci.

Cela commence par une section rythmique renouvelée. Le guitariste Olivier Eikenberg est parti et c’est Ulrich Busch (à la modestie de tous les instants, cf les crédits de l’album, du Delon dans le texte !) qui rajoute deux cordes à son instrument. Derrière les fûts, c’est un certain Carsten qui vient remplacer Christian Nurnberg tandis que Dirk Bulmahn récupère la basse. Vous avez suivi ? Et la différence s’entend tout de suite. Ça commence avec un morceau qui possède une intro à la batterie qui éclate littéralement ; le nouveau batteur à un jeu plus fluide, plus précis, il en met plein la face, mais pensez-vous que le groupe en aurait profité pour rendre le propos plus virulent ? Pas franchement, non, ce serait presque l’inverse qui se produit.

La nuance est dans ce presque. BURDEN OF GRIEF pratique toujours du Death Mélodique de bonne facture, mais ici, les mélodies ressortent beaucoup plus, elles sont plus mémorables et surtout, plus fines que sur les deux premiers opus, où tout cela restait tout de même assez embryonnaire. Sur ce disque, les Allemands ont bien revu leurs copies, à commencer par Mike Huhmann qui varie beaucoup plus son chant, cherchant moins les notes les plus gutturales, et devenant ainsi nettement plus intelligible. Sa prestation est très bonne tout du long, qu’il soit dans l’agressivité pure ("Yearning For Salvation") ou quand il module plus ses parties, comme sur "Desaster And Decay" qui reste une ouverture XXL, comme jamais plus BURDEN OF GRIEF en bénéficiera.

Musicalement, nous sommes dans du classique, nous retrouvons tous les ingrédients qui font que nous aimons – ou pas – le Death Mélodique. D’ailleurs, aux premières écoutes, "Fields Of Salvation" ne délivrera certainement pas tous ses secrets et il demande à être approfondi. De disque lambda, il prend après quelques écoutes une toute autre aura car il se veut assez addictif, les oreilles s’arrêtent vite à des détails qui vont s’avérer tenaces et faire le piquant de l’album, comme ces ponts mélodieux entre deux décharges de violence ("Dead Soul Decline") ou ces lignes qui sentent l’influence MAIDEN à plein nez ("The Nightmare Within") mais qui s’insèrent à merveille au milieu des riffs qui lorgnent nettement plus vers le Thrash. L'un des meilleurs exemple réside dans le title track, qui est un instrumental vraiment très réussi.

Après, il ne faut pas chercher en BURDEN OF GRIEF un vulgaire ersatz d’un IN FLAMES ou d’un DARK TRANQUILLITY, voire d’un AT THE GATES. Les Allemands tentent de trouver leur propre voie et en piochant dans l’héritage Metal de leur pays, ces influences Thrash et Heavy sans concession, ils se fabriquent leur style, qui reste assimilable à celui de leurs glorieux aînés, mais qui possède une personnalité qui lui est propre. Et dans le style, c’est souvent ce qui est le plus difficile. En plus, les thèmes abordés sont parfois étranges dans l’univers du Death, comme celui de "Slowly Pass Out" qui aurait pu être rédigé à 80% par Blackie Lawless avant que ce dernier ne voit Dieu cirer des godasses à Harlem (un vieux qui ressemblait à Morgan Freeman (*)).

BURDEN OF GRIEF n’a pas inventé la poudre, c’est certain. Certains titres, comme "Don’t Fear The Creeper", sont assez prévisibles, mais qu’est-ce qu’ils envoient ! Ce qui peut à première vue ressembler à une parodie sordide du "(Don’t Fear) The Reaper" de BLUE ÖYSTER CULT semble nettement plus être un énorme clin d’œil à la franchise cinématographique des Jeepers Creepers. J’évoque le BÖC car "Fields Of Salvation" est le premier album de BURDEN OF GRIEF sur lequel n’apparaît aucune reprise, comme si le groupe se sentait prêt à proposer un disque entièrement écrit de sa main, sans avoir à utiliser un classique du genre pour attirer l’attention sur lui ("Prowler" ou Master Of Puppets" sur les deux premiers opus).

Les Allemands livrent avec "Fields Of Salvation" leur album de la maturité et celui que l’on peut sans trop se tromper de classique pour la formation. Si ce disque avait été un one shot, nul doute qu’il serait aujourd’hui devenu culte et qu’il jouirait d’un statut des plus enviables. Malheureusement, les aléas du groupe, cette incapacité à reproduire l’effort, à se sublimer à nouveau, des hiatus plus ou moins longs entre chaque sortie studio feront que la lumière des projecteurs va s’éteindre et que BURDEN OF GRIEF va malheureusement rester dans l’ombre de ses modèles et ne plus en sortir, condamnant cet excellent disque à une espèce d’anonymat réservé aux fans de la scène ou pour ceux qui se souviennent l’avoir vu passer dans la presse spécialisée à l’époque. Si vous ne devez en écouter qu’un de BURDEN OF GRIEF, c’est celui-ci.


(*) "Bruce Tout Puissant" pour ceux qui ne retrouvent plus la référence.

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   (2 chroniques)



- Mike Huhmann (chant)
- Philipp Hanfland (guitare)
- Ulrich Busch (guitare)
- Dirk Bulmahn (basse)
- Carsten (batterie)


1. Desaster And Decay
2. Dead Soul Decline
3. The Nightmare Within
4. Engaged With Destiny
5. Fields Of Salvation
6. Slowly Pass Out
7. Yearning For Salvation
8. The Silent Killing
9. Don't Fear The Creeper



             



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