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DEATH MÉLO/FOLK  |  STUDIO

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BLACK KIRIN - National Trauma (2015)
Par MEFISTO le 29 Mars 2020          Consultée 522 fois

Cette chronique nous a été demandée par Louvoir, fidèle lecteur qui a très bon goût!

On ignore tant de choses sur la Chine. Lorsqu'on entend BLACK KIRIN, on songe qu'on nous tient dans l'ignorance en nous martelant le crâne de mauvaises nouvelles politiques, environnementales et sociales sur les réseaux d'info. On ne pense même pas que cette populeuse nationalité, à l'Histoire aussi tiraillée que la nôtre, possède sa propre culture et ses codes, sur lesquels ses fondements sont assis. Si c'était aussi simple…

Avec "National Trauma", BLACK KIRIN apporte sa pierre à l'édifice de l'existentialisme compliqué. Son Death Mélo Folk – le groupe se défend bien de jouer du « méchant Black » (bien qu'il en soit près) ou de mettre une étiquette sur son style – se dévoile magnifiquement sous un dôme multicolore et mélodique. Sa particularité est son approche opératique, qui lui permet de tresser une certaine narration au fil des 61 minutes de ce premier album. En cela, il rejoint cette quête métallique asiatique qui n'en a vraiment rien à foutre des conventions des westerners.

BLACK KIRIN ne tombe pas dans le piège du cliché sur deux pattes en riffant comme un sauvage talentueux et en chantant uniquement en chinois. C'est l'avantage d'avoir évité l'hécatombe un soir de tempête et d'être passé à deux cheveux d'avoir été enseveli sous les décombres… Ce sentiment d'espoir et de résilience est superbement imagé de la tête à la queue de l'album, dans un maelstrom d'arcs-en-ciel et de rêvasseries.

La magie opère à haut niveau grâce à l'utilisation de cordes typiques telles que le guzheng (guitare) et l'erhu (violon), de nombreux passages atmosphériques et surtout, les interventions fort sympathiques d'une Huadan, personnage féminin emblématique de la scène chinoise, plein de vivacité, qui nous apparaît ici comme un immense rayon de soleil inondant la noirceur ambiante. On est bien loin des guests ou des back vocalists à la longue chevelure, cette Huadan incarne un membre à part entière du groupe de par son chant clair, lyrique et provocateur, ainsi que cette attitude bon enfant qui permet de dédramatiser un peu les propos de ses comparses masculins, espèces d'historiens-dénonciateurs. Eh oui, chaque génération tente de ne pas répéter les péchés des précédentes, c'est connu…

BLACK KIRIN y arrive en incarnant un héros inspiré et inspirant, qui dépeint de larges pastels des aléas de l'érudition chinoise, qui, comme la majorité des tableaux internationaux, n'a pas été brossée du jour au lendemain et sans regret. Cela se ressent dans la musique du groupe, dont les orchestrations oniriques et dramatiques jettent une courtepointe chaude et sur l'ensemble. Par bonheur, la Huadan vient désamorcer la bombe chaque fois, rendant les élucubrations des Chinois plus folkloriques que pachydermiques. N'oublions pas que nous jouons dans un théâtre nostalgico-épique et non une scène consumée par des flammes vengeresses…

Cet aspect sympatoche de la culture chinoise revisitée devrait vous servir de guide pour digérer ce "National Trauma", qui au final s'avère fort détaillé sur l'Histoire guerrière et fantasmée d'une Chine méconnue. Abyssale même. Oui, oui, j'inventerais l'adverbe « abyssalement » méconnue.

BLACK KIRIN nous aide à y voir plus clair avec cet essai, que plusieurs considéreront philosophique, mais qui, au final, est davantage une mitraillade historico-représentative de l'érudition chinoise. Empoignez l'arme par l'extrémité que vous voulez – ou pouvez – le résultat demeure le même : pas de quartier, l'honneur surpasse la survie. Hurlements de bébé ou tintements rêvés à la clé…

La Chine peut remercier BLACK KIRIN. Sûrement pas pour être un trauma national, mais un excellent ambassadeur d'un pan de sa large culture. Il se dégage de cette musique une aura stylistique unique, que je n'avais jamais entendue auparavant chez un groupe asiatique. Si les grattes pourront sembler internationales, le mix du chant dans la langue de Mao, les instruments traditionnels, l'approche théâtrale et la rafraîchissante présence de l'Huadan, transforment ce combo de curiosité à fascination.

"National Trauma" est le genre d'album qui ne résume pas à une simple définition, car il incarne une personnalité, une identité, voire une probité. Dans ce cas-ci, c'est la Chine et bordel de merde, c'est un match parfait !

Podium : (or) "Oh Soldier", (argent) "Death Contract", (bronze) "Eagle".

Indice de violence : 2,5/5.

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- Huai Wei (basse)
- Wang Baoxin (guitare)
- かおり (huadan)
- Zhang Jingtian (chant)
- Fang Sen (guitare)
- 杜思聪 (batterie)


1. Yellow River
2. Break The Wall
3. Death Contract
4. Kamikaze Down
5. Oh Soldier
6. Legend And Legacy
7. Vengeance
8. Eagle
9. Horizon



             



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