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- Style : Dio, Iron Maiden, Judas Priest
- Style + Membre : Innerwish

DIVINER - Realms Of Time (2019)
Par HAPLO le 8 Novembre 2019          Consultée 433 fois

En ce qui concerne notre style musical de prédilection, les années 80 ont été un véritable chaudron bouillonnant de potion magique, lui-même alimenté par un feu qui, le croyait-on, ne s’éteindrait jamais ! Le fait qu’aujourd’hui (soit près de quarante ans après cette révolution culturelle et musicale !) un webzine comme NIME remporte autant de succès donne vraiment raison aux tenants du Feu Sacré. Les rubriques « total des consultations », avec ses hits portés par des monstres de cette période ou encore les formations concernées par vos nombreux commentaires sont bien là pour en témoigner.

Je suis pour ma part un pur produit de ces années métallo-folles : adolescent tout juste pubère et pas très finaud de proche banlieue parisienne ; jeune boutonneux aux cheveux longs débordant d’hormones ne demandant qu’à être dépensées, j’ai alors plongé tête la première dans l’absolu ébouriffé, rageur et électrifiant des AC/DC, IRON MAIDEN, SAXON, JUDAS PRIEST, QUEENSRŸCHE, SCORPIONS ou autres TRUST sans aucune forme de retenue…

Bref, de la sueur, du gros son (sur vinyles ou bandes magnétiques !), l’attirail vestimentaire du hardos devant les portes du bahut et surtout des heures d’attente avant de voir ou d’entendre nos groupes préférés sur les chaînes du service public (encore merci Francis Zégut !)…

Cette période musicale a ainsi irrémédiablement forgé mon âme, orienté ma personnalité et donc ma vie en les marquant d’une empreinte indélébile… tout comme ce fut manifestement le cas pour les musiciens de DIVINER.

Fougueuse formation grecque formée en 2011, DIVINER regroupe en effet des matelots façonnés aux océans du Heavy Metal sous sa forme la plus classique. Pour deux d’entre-eux, cette expérience est même marquée à l’encre rouge sur les cartes marines : le capitaine Yiannis Papanikolaou (chant) et le timonier Fragiskos Samoilis (batterie) ne sont pas des inconnus, car ayant marqué de leurs griffes respectives les bans des rameurs d’une trirème métallique issue des mêmes contrées, j’ai nommé INNERWISH (formation de Metal Mélodique déjà connue sur NIME !). Délaissant les flots power-mélodiques pour des sirènes plus versées dans le Heavy velu, nos deux boucaniers vont s’adjoindre trois compères aux orientations similaires et poser leur pierre fondatrice en 2015 avec l’album "Fallen Empires", alors salué comme une production destinée aux « puristes métalliques », dénotant avec des styles alors plus tendance…
Ce premier opus, tout en permettant de faire connaître cette formation en acier massif, sera suivi du départ du guitariste cofondateur du groupe, mister Thimios Kirikos, rapidement remplacé par Kostas Fitos qui se coulera sans grandes difficultés dans le moule de son prédécesseur tout comme dans l’esprit du groupe.

Côté style, les marins burinés de DIVINER n’ont pas, il faut l’avouer, ni la fraîcheur naïve, ni le look de jeunes premiers ! Ces ex-adolescents des années 80, ayant depuis fait plusieurs fois le tour du monde, nous délivrent un Heavy Metal puissant et riche qui ne s’entoure pas de fioritures (autrement dit, tout autre son ou instrument qui ne viendrait pas de nos cinq vétérans et de leurs instruments respectifs !). Nous avons la une musique directe, qui va méchamment au contact, un style élevé au grain des bons gros riffs efficaces en twin-guitares, le tout marqué par un son aussi fin qu’un mur d’emplis Marshall… Quatre années s’étant écoulées depuis "Fallen Empires", c’est donc début juin 2019, avec une nouvelle livraison titrée "Realms Of Time", que les métalleux de DIVINER viennent une nouvelle fois réveiller nos vieilles consciences de hardos, alors embrumées par du Metal mollasson fait pour les couilles-molles (Prog/Atmo/Dark...) ou pire encore… Du Pop Rock !!

Ayant subi de nombreux combos aux tendances revival faire du mauvais plagiat de mes groupes préférés cités plus haut, je dois reconnaître que "Realms Of Time" ne verse pas dans ces ornières. S’inspirant indéniablement du bon Heavy Metal US et anglais des années 80-90, DIVINER assume pleinement ses racines et sa passion mais ne sombre pas dans grand-guignolesque en singeant bêtement les groupes phare que nous connaissons tous.

Menés par la voix rageuse et aux effets volontairement appuyés de Yiannis Papanikolaou (dont la manière de chanter n’est pas sans rappeler un certain Ronnie James Dio), les musiciens de DIVINER nous livrent ainsi neuf brûlots aux rythmiques souvent doublées et où la recherche d’hymnes fédérateurs est omniprésente (la dernière piste ne rentrant pas dans ce compte – voir plus loin !). Le tout étant mixé par le sieur Fotis Benardo (ex SEPTIC FLESH) et masterisé par Henrik Udd (POWERWOLF, HAMMERFALL…) "Realms Of Time" offre ainsi une production et un son dignes du style déployé… La puissance sinon rien ! Chaque morceau se veut bien calibré et efficace en plaçant la voix et les guitare à la proue du navire. Aussi, servies par une mise en place plus qu’honorable, les compositions, sans chercher à surprendre ou à sortir d’un modèle revendiqué, offrent un Heavy agressif, basique mais structuré ; une véritable locomotive qui ambitionne de tracter le train des années…
Seule « nouveauté » que se sont autorisés nos marins de combat : l’usage débridé de la double grosse caisse (qui restait alors une exception pour les formations mythiques) dont les lignes récurrentes s’imbriquent pourtant bien et de manière cohérente dans la tempête d’acier soufflée par DIVINER.

Un mur de guitares rythmique se doublant ou se relayant pour les soli, une voix solide et énergique, un soin de la montée mélodique et des refrains volontairement fédérato-accrocheurs, le tout soutenu par un socle basse-batterie dopé à la double grosse caisse… Cette belle recette fonctionne à plein rendement sur les morceaux inspirés que sont l’hymne introductif "Against The Grain" ou encore l’agressif et ultra-calibré "Set Me Free" et également sur le galactique "Beyond The Border". Avec ces trois boulets de canon, DIVINER parvient à faire renaître le feu sacré de mes quinze ans : du rentre-dedans entraînant, musclé et nerveux…. Un vieux copain chevelu à poignets cloutés et camarguaises qui vient sonner à la porte…

Oui mais voilà. Le modèle a aussi ses limites : le Heavy de DIVINER se veut dépouillé de tout artifice (quoi que… Sont-ce bien des claviers lointains que j’ai pensé entendre sur le final de "Cast Down Fire" ?) et de toute fioritures pour coller à la base de ce qu’est le Metal. Très bien. La volonté de reproduire ce schémas sur l’ensemble des morceaux d’un album fait néanmoins courir le risque de générer une certaine linéarité avec des structures et un son identique se répétant titre après titre… Autant la première moitié de l’offrante est sympathique et entraînante, autant le vent tombe quelque peu sur des eaux qui deviennent progressivement d’huile et où l’on regarde les étoiles en cherchant une surprise, une variante… Une progression. Les titres "King Of Masquerade", "Time", "The Voice From Within" et surtout la pseudo ballade au solo écourté "Stargate", sans être mauvais, ne provoquent plus ce souffle mythique et cette poussée hydraulique sans lesquels le Heavy perd sa raison d’être ! Le puriste, droit dans ses camarguaises, me rétorquera que la ligne rythmique à deux guitares de "Times" est super sympa, que les chœurs de "The Voice From Within" donnent une ampleur unique à la composition ou encore que les arpèges de "Stargate" montrent que le combo grec est capable d’émotion et de sentiments… Oui camarade ! Mais mon sentiment à moi c’est que le moteur a été remplacé par un pédalier et que les musiciens tirent un peu la langue, soucieux de respecter un modèle où tout a (presque !) été exploré.

Il n’en demeure pas moins que "Realms Of Time" reste un album qui ravira les aficionados du genre, fera plaisir aux nostalgiques des années d’acier, mais qui risque de lasser très vite les amateurs de tout ce qui s’est joué depuis.

Traversant ainsi le miroir de la réalité pour retrouver mes seize piges, mes cheveux longs et mes tee-shirt aux dessins qui faisaient hurler ma mère, je balance dans l’ampli Marshall une note réelle de 3,5/5 à "Realms Of Time" tout en rendant sincèrement hommage à cette formation qui détient encore le feu sacré…

- pour retrouver le souffle épique du Métal Hurlant sur le champs de bataille : "Set Me Free",
- pour continuer à se faire plaisir, les (ex)cheveux aux vent : "Against The Grain",
- la balade bien sympathique… Mais finalement inutile : "Stargate".

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   HAPLO

 
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- Yiannis Papanikolaou (voix)
- Kostas Fitos (guitare)
- George Maroulees (guitare)
- Herc Booze (basse, chœurs)
- Fragiskos Samoilis (batterie, chœurs)


1. Against The Grain
2. Heaven Falls
3. Set Me Free
4. The Earth, The Moon, The Sun
5. Cast Down In Fire
6. Beyond The Border
7. King Of Masquerade
8. Time
9. The Voice From Within
10. Stargate



             



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