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2019 The Gereg
 

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The HU - The Gereg (2019)
Par DARK SCHNEIDER le 4 Novembre 2019          Consultée 1413 fois

Que connaissons nous de la Mongolie ? Genghis Khan, les steppes, ses yourtes, sa capitale au nom si pittoresque, son communisme peut-être... Peu de choses finalement. Personnellement, j'ai eu l'occasion de survoler ce pays à quelques reprises, et ses étendues désertiques m'ont toujours fasciné. Un vrai mystère s'en dégageait, avec une envie insatiable de le percer. J'imaginais que si l'on épousait cette vie de nomade des steppes, on toucherait à la liberté ultime... Évidemment, la réalité du Mongol lambda qui vit à Oulan-Bator doit sans doute être tout autre. Quoiqu'il en soit, c'est inspirant.

Finalement, et comme ce fut déjà le cas en d'autres temps, ce sont les Mongols qui viennent à nous, avec de pacifiques intentions, accueillons donc The HU et leur musique. Ces derniers viennent même avec la bénédiction des officiels de leur pays, qui voient là une excellente carte de visite pour ce pays alors encore bien trop méconnu. Ce n'est donc absolument pas un hasard si ce premier album se nomme "The Gereg", du nom du passeport diplomatique utilisé à l'époque des grands Khans.

Rien n'est laissé au hasard chez The HU qui fait preuve d'un professionnalisme très surprenant avec ce premier album. Le groupe ayant été fondé en 2016, par le producteur Dashkaa, apparemment une personnalité importante du monde musical mongol, ce dernier s'étant également beaucoup impliqué dans l'écriture des morceaux. Tous les membres du groupe sont des musiciens chevronnés, qui ont fait les études qui vont avec. Et c'est avec un plan de communication sans faille que le groupe s'est imposé : en faisant le buzz sur YouTube avec deux superbes clips ("Wolf Totem" et "Yuve Yuve Yu"), puis en assurant une tournée européenne avant même la sortie de l'album (prouvant par là la toute la puissance promotionnelle que peut avoir YouTube) *.

Ce n'est pas la première fois qu'une formation mongole parvient à se faire un peu connaître par chez nous. On pensera avant tout à NINE TREASURES et leur émouvante aventure du Wacken, et au plus extrême et désormais défunt TENGGER CAVALRY. Deux groupes originaires de la Mongolie intérieure (située en Chine). Mais The HU va déjà bien au-delà du tout petit succès d'estime recueilli par ses aînés, et cela se caractérise, paradoxalement, par une musique moins foncièrement métallique. Ainsi, les quatre musiciens principaux de The HU ne pratiquent aucun des instruments traditionnels du Rock. En live, c'est une autre histoire puisque guitariste, bassiste, batteur et même percussionnistes viennent compléter le line-up, tout en restant très discrets pour ce qui est des instruments à cordes. La musique de The HU repose avant tout sur des instruments traditionnels mongols : le Morin Khuur et le Tovshuur, en plus de la batterie assurée par un musicien de session. Même le chant obéit au standard de la musique mongole, usant, de façon bien plus convaincante que pour les groupes cités plus haut, du chant de gorge. Je vous invite d'ailleurs à regarder les vidéos en solo de Gala, pour avoir encore une meilleure idée de son niveau exceptionnel. La guimbarde de Jaya venant renforcer l'aspect très caractéristique de ce type de chant.

On pourra donc qualifier la musique de The HU de Folk Metal. Mais soyons franc, l'aspect "Metal" de la chose pourra faire débat, mais ce n'est finalement pas la première fois qu'un groupe se revendique du Metal sans en utiliser ses instruments conventionnels, ici c'est l'intention qui compte, et ça fonctionne totalement. Si The HU cite METALLICA et SEPULTURA comme influences, vous n'entendrez jamais aucun riff de guitare ! Et à vrai dire l'influence du premier je la cherche, mais pour le second on la trouve aisément vu l'aspect tribal de la chose.

Car The HU, c'est quand même une certaine forme de virilisme. Les Mongols en impose, et cela le clip de "Wolf Totem" le traduit complètement avec une grande réussite. Il s'agit du titre "guerrier" de l'album avec une thématique à l'avenant : affronte tes peurs, fait face à l'adversité et soit le gagnant ! Le tout ponctué de "Uh! Uh!" que n'aurait certainement pas renier un Spartiate prêt à découper un Perse. Et voilà comment amadouer – avec talent ! - le public metalleux. Malin. The HU n’hésite pas non plus à évoquer son héros national Genghis Khan, avec "The Great Chinggis Khaan". Mais il le fait avec une certaine subtilité, prenant des atours de conteur au coin du feu, racontant avec une grande solennité cette épopée des temps lointains, l'histoire d'un homme qui aura marqué l'histoire du monde et donné une aura incroyable au peuple mongol, pour que finalement ces derniers finissent par rejoindre leurs steppes. Ce passé aurait pu justifier à lui seul un déferlement de violence musicale, mais The HU ne se réduit surtout pas à ça. Cela n'aurait servi en rien leur propos, qui est avant tout de partager la culture mongole en délivrant des messages simples et humanistes, avec une musique accessible ponctuée par une batterie Rock tout ce qu'il y a de plus occidentale.

L'ambiance se fait parfois très sautillante : "Shoog Shoog" (qui groove carrément), "Yuve Yuve Yu" et son ode à la nature. Parfait pour faire bouger les foules. Mais à d'autres instants le propos se fait beaucoup plus chamanesque ("The Legend Of Mother Swan", "The Same"), et là vraiment on a le sentiment que les yourtes sont près de nous. Il faut alors écouter les yeux fermés, dans la plénitude. Le chant exclusivement en langue mongole contribue fortement à cette immersion.

"The Gereg" est un vrai tour de force, l'expression n'est ici pas galvaudée. The HU ont écrit un album en tout point remarquable. Une musique Folk tribale et spirituelle, pleine de mystères, mêlée à des éléments rythmiques Rock et à un chant qui parvient à la fois à se montrer "Metal" dans ses intentions tout en étant traditionnel dans l'exécution. Une équation improbable sur le papier et qui se révèle maîtrisée à la perfection. L'ensemble parvient à se faire très varié et ne souffre d'aucune longueur (si ce n'est peut-être le titre final que j'aurai préféré plus énergique pour clore l'album). Le voyage musical est au rendez-vous, et il ne vous décevra pas.

(*) C'est exactement ainsi que je les ai découvert. En visionnant leurs vidéos qui m'étaient suggérées sur ma page YouTube, puis en les voyant live au Graspop 2019, le groupe s'avérant d'ailleurs plus que convaincant en live, se mettant sans problème le public dans la poche, impressionnant.

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   DARK SCHNEIDER

 
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- Gala (chant, morin khuur)
- Enkush (morin khuur, chant)
- Jaya (chant, guimbarde)
- Temka (tovshuur)


1. The Gereg
2. Wolf Totem
3. The Great Chinggis Khaan
4. The Legend Of Mother Swan
5. Shoog Shoog
6. The Same
7. Yuve Yuve Yu
8. Shireg Shireg
9. Song Of Women



             



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