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The BUTTERFLY EFFECT - Final Conversation Of Kings (2008)
Par HAPLO le 27 Octobre 2019          Consultée 599 fois

Ce qui m’a immédiatement séduit dans le style déployé par les Australiens de The BUTTERFLY EFFECT, c’est cette hargne musicale brute, dépouillée, et néanmoins habitée par des mélodies accrocheuses que la voix du sauvage Clint Boge sait rendre si touchantes. C’est justement cette même voix qui transporte également une tension, une émotion sous-jacente à la musique du combo par ailleurs dépouillée, voire desséchée comme la semelle d’un fermier basané du Bush australien…

Un état somme toute assez aride dans lequel j’avais laissé The BUTTERFLY EFFECT au sortir de mes quelques remarques chroniquées sur le contenu de leur second album studio, l’abrasif "Imago" (2006) dont la séduisante simplicité accrocheuse risquait également de se transformer au fil des morceaux en une routine d’exécution quelque peu monotone. Après le déchiré "Begins Here" (2003), "Imago" poursuivait en effet sur une pente brute et sableuse, flattant le public de la première heure, mais qui risquait possiblement de le lasser si le schéma était reproduit ad libitum…
en figeant dans le marbre un style attrayant mais devenu répétitif…

Accueillis favorablement par le public australien durant la tournée de "Imago", nos musiciens de Brisbane retournent donc en studio sous la direction de Mister Forrester Savell (KARNIVOOL, BIRDS OF TOKYO…) et malgré les quelques tensions que ce choix occasionne entre Boge et le reste des musiciens, décident de donner à leur musique une orientation plus nuancée et moins dépouillée…

Aussi, rassure-toi Ô lecteur ; nos papillons australiens ne tombent pas pour autant dans la Pop dégoulinante et bien pensante aux samples fades et pré-digérés ! "The Final Conversation Of Kings" demeure tendu, dynamique et porte bien la patte griffue de ces rockers du désert. Il présente surtout une signature artistique bien moins linéaire et dépouillée que ne pouvaient l’être ses prédécesseurs...
C’est tout d’abord au niveau de la structure même des compositions que l’évolution est la plus notable : sans vouloir égaler les maîtres à penser du métal labyrintho-progressif, le gang de Brisbane propose ici, à l’image de son très beau morceaux d’ouverture "World On Fire", une musique plus travaillée, plus fouillée, dans laquelle les passages doux et mélodiques côtoient des accélérations et des riffs acérés et où les montées instrumentales sont tempérées par des pauses aux relents atmosphériques. Cette recherche de nuance(s) et de progressivité est également particulièrement présente sur des titres comme le syncopé "... And The Promise of the True" ou le plus groovy "7 Days" au refrain néanmoins très puissant.

Le groupe assume même complètement sa mutation en intégrant d’une manière assez réussie (car se mêlant bien à son style) des instruments qu’on ne prêterait pas de prime abord à ce genre : trompette, vibraphone, piano et synthé s’additionnent à une belle musicalité générale, à l’image du lancinant "The Way" qui y saupoudre en plus une pincée de chœurs !
Mais la force primordiale, l’alpha et l’oméga de The BUTTERFLY EFFECT, demeure cette tension permanente, cette émotion sous-jacente, si bien portée par la voix (et la personnalité !) de Clint Boge soutenue par les riffs martelants de Kurt Goedhart. Cette combinaison diabolique explose littéralement avec le très prenant "Room Without A View", l’hyper accrocheur "Window And The Watcher" ou le rythmé "Rain" qui concentrent à eux trois le maelstrom d’émotion et de rage contenue où parviennent à nous entraîner les Australiens.

Le résultat en est un album homogène sur lequel même des titres plus classiques comme "Final Conversation" et "In These Hands" ne dénotent ni n’alourdissent le plaisir global (et rythmé !) lié à cette nouvelle orientation.

Lors de sa sortie en 2008, "The Final Conversation Of Kings" a fait l’objet de nombreuses critiques généralement positives ; mais dont un certain nombre (maladie du copier/coller ?) faisaient état d’une tendance à s’inspirer fortement de MUSE…
Je pense simplement qu’il s’agit d’un mauvais procès, tant inutile qu’infondé : The BUTTERFLY EFFECT réussit justement à moduler sa hargne et à enrichir ses lignes tout en conservant ce qui fait son identité. De plus, si tous les groupes offrant de belles montées mélodiques appuyées par des riffs puissants et agrémentées de piano ou de quelques lignes en voix de tête étaient accusés de plagier MUSE… La liste risquerait d’être vraiment longue !
Aussi, vieil amateur du combo britannique, je n’aurais surtout jamais rédigé ces lignes en faveur de "Final Conversation Of Kings" et de l’attrait éprouvé pour son cachet tant artistique que musical. Chapitre clos donc (pour les amateurs de plagiat comme pour les victimes du copier/coller).

Il n’en demeure pas moins que The BUTTERFLY EFFECT ne survivra malheureusement pas à la sortie de cet opus et au changement de style qu’il préfigure. L’irrévérencieux Clint Boge claque la porte en 2012, souhaitant manifestement qu’on lui fiche la paix sur sa propension à picoler et accessoirement soucieux de retrouver des scènes plus sauvages… Laissant ses compagnons survivre quelques temps avec des chanteurs d’occasion… Pour finalement annoncer une séparation définitive en 2016.

C’est en 2018 que les vieux amis se retrouvent et décident de nouveau à faire un bout de chemin ensemble… Sursaut ou nouveau départ ? Le Bush a ses mystères mais le single "Unbroken" paru durant l’été 2019 a l’air sacrément prometteur ! J’espère de tout cœur avoir à chroniquer prochainement une nouveauté signée The BUTTERFLY EFFECT.

En tout état de cause, c’est avec toute ma hargne naïve que j’offre un 4/5 pleinement mérité à ce papillon aux ailes colorées pour ce qui constitue à mon sens l’offrande la plus aboutie des Australiens sur cette première partie de carrière : et en plus, la pochette… Elle est belle !

- ça fait vraiment du bien par où ça passe : "Window And The Watcher",
- pour continuer à se faire plaisir : "Worlds On Fire"
- C’est pas grave si tu n’en parles pas à tes petits enfants devant la cheminée la veille de Noël : "Final Conversation".

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- Clint Boge (voix)
- Kurt Goedhart (guitares)
- Glenn Esmond (basse)
- Ben Hall On (batterie)
- Additionnels:
- Bob Shultz (trompette,)
- Tyrone Noonan (piano,)
- Will Eager (vibraphone.)


1. Worlds On Fire
2. Room Without A View
3. Final Conversation
4. The Way
5. Window And The Watcher
6. ...and The Promise Of The Truth
7. In These Hands
8. 7 Days
9. Rain
10. Sum Of 1



             



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