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AMARAN - A World Depraved (2002)
Par WËN le 5 Octobre 2019          Consultée 274 fois

Notre avis vaut ce qu'il vaut - vous êtes de toute manière bien assez grands pour juger - mais lorsque au printemps 2002, résonne les premiers échos de ce nouveau venu suédois d'AMARAN, c'est bien de Death Metal dont il s'agit. Quoiqu'en dise Metal Archives depuis des années en les affublant de cette mention Power Metal qui ne leur sied décidément pas du tout, AMARAN joue du Death Metal. Non seulement cela nous paraît évident mais en plus, "Faith Healer", dès son entame donnera le ton en ne laissant que peu de doute à la précédente assertion : riffing burné, accordage à ras-les-pissenlits, tonalités crachotantes revêtant des apparats #TrèsTrèsLeMetalDeLaMortDeGöteborg.

Plutôt solides et racés, lorsqu'on souhaite en décrire ses riffs, ce quintette ne se laisse pas impressionner, empruntant autant à IN FLAMES (l'intro de "Void", "Little Victory", quelques ternaires ici et là sur "Ode"), qu'à HYPOCRISY et ARCH ENEMY dans leur période la plus recommandable ("Faith Healer"), voir même DARK TRANQUILLITY ("Rusty Warhorse") par une légère mélancolie inhérente qui ne tarde guère à venir poindre à plus d’une occasion. Voilà pour vous livrer un tableau rapide de la musique des Suédois tout en citant quelques-uns de ses prestigieux compatriotes de l'époque (2000) évoluant dans cette scène encore en plein essor qu'est le Death Metal à très forte mélodicité, mais qui aspire déjà à des velléités d’émancipation (les pontes du genre commençant alors à chercher plus loin et à varier leurs formules). Et pourtant, stop, malgré ce précédent name-dropping en règle, n'allez SURTOUT pas penser qu'AMARAN ne fait, au mieux, que cloner ce que ses illustres prédécesseurs ont déjà produit par leur passé. Ce serait vous enfoncer un doigt dans l'œil jusqu'à l'indigestion. Car, formé à peine plus tôt avec une démo seulement à son actif (dont les quatre titres sont ici repris), AMARAN a déjà son mot à dire. Certes nous pourrons facilement déceler sur ce "Monde Corrompu", là un emprunt sur la façon de faire sonner un riff, où là un hommage lorsqu'il s'agit de placer une mélodie finement ciselée, mais si les parfois très (trop) intégristes admins de Metal Archives ne cautionnent pas une appellation "Death", c'est qu'un très (trop) petit quelque chose doit très (trop) certainement les chiffonner.

Et ce 'quelque chose' qui les fait toussoter et hoqueter vers un étiquetage fourvoyé, il n'y a guère de risque à parier qu'il s'agisse de Johanna DePierre, la chanteuse de la formation. Car sa grosse particularité à la miss, pour aborder d'emblée ce qui la départage de ses potes et potesses aux grunts-dévoreurs-d'enfants, c'est indéniablement son approche, justement… qui en est totalement dénuée. À la place, celle-ci propose un chant clair et aérien. À aucun moment midinées ou dignes de premiers émois d'une cantatrice/soprano débutante, ces vocalises s'avèrent davantage à placer quelque part entre celles d'une Anneke Van Giersbergen (The GATHERING, lui aussi en train d'explorer de très aériens nouveaux horizons, alors qu'il planche sur un successeur à "If_Then_Else") et, allez, lâchons le morceau, d'un Mikael Stanne (DARK TRANQUILLITY) lorsque celui-ci daigne passer en mode mélancolique ("Projector", n'est pas très loin à bien y regarder). Pas de dualité vocale, non plus, non, juste ce chant ample qui, même s'il manque encore un peu de diversité et de variation d'une compo à l'autre, s'accorde néanmoins avec cette nette volonté d'AMARAN à vouloir proposer quelque chose de particulier. Un sacré décalage mais qui fonctionne, la formule étant à peu près unique pour l'époque (et une signature chez Listenable Records dès un premier jet, ça se mérite un minimum) lui valant une relative exposition dans la presse spécialisée n'hésitant jamais à l'affubler d'une inévitable étiquette de "The GATHERING sur-vitaminé".

Derrière cela, et malgré un quarté de titres qui dépotent comme il faut en guise d'ouverture d'album, nous décèlerons vite quelques légères lacunes quant à la subtilité de composition dans la formule des Suédois. Pas tant sur la forme que sur le fond qui tend à sonner assez similaire de titre en titre, à quelques particularités près, comme certains soli bien huilés ("Received A Kiss", "Void", "Imperfect", "Rusty Warhorse") ou une poignée de refrains spécifiques qui savent nous faire raccrocher aux wagons de ce train-train qui s'installe passé le premier tiers. Ainsi, la maxi-power balade "Imperfect" arrive (elle et son solo) à point nommé pour redynamiser un peu le tout. Le gros riff de "Little Victory" qui lui emboîte le pas également. Une compo qui marque le skeud avec ces passages plus calmes laissant tout la latitude nécessaire pour les vocalises amples d'une DePierre qui ne nous laisse décidément pas de marbre, dans ce registre. Et même si "Karma In Flesh" semble présenter un léger feeling plus groovy, le trio de titres finaux n'apportera guère plus à ce qui a déjà été balancé sur les deux premiers tiers du disque. Rien de bien regrettable pour un premier jet, le cahier des charges étant respecté ; les morceaux proposés demeurent accrocheurs et très honnêtes mais manquent un peu de relief entre eux une fois saisie l'idée de base.

Et le voilà, qui se met en exergue de lui-même, ce bémol que nous adresserons à ce "World Depraved". Car malgré une volonté de bien faire et tout le capital sympathie que ne manque de dégager AMARAN, force est de constater que les Suédois peinent encore un peu sur la distance. Les compos s'avèrent solides mais sans rien réinventer non plus et passé cette approche vocale inattendue (malheureusement pas exempte d'une certaine linéarité non plus), une légère monotonie qui dévalorise un peu son propos ne manque de s'installer. Et L'agencement des éléments proposés n'y fait rien, si comme ici, il n'y a pas cette sensation de 'revenez-y'. Ce qui, avec le recul, demeure franchement regrettable, tant la formule qu'ils proposent permet aux Suédois de faire parler d'eux en leur assurant un peu de visibilité dans la presse. Reste à espérer que l'essai puisse être transformé avant que ne retombe l'implacable soufflet de l'indifférence.

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- Johanna Depierre (chant, textes)
- Kari Kainulainen (guitare, textes)
- Ronnie Backlund (guitare)
- Mikael Andersson (basse)
- Robin Bergh (batterie)


1. Faith Healer
2. Rusty Warhorse
3. Void
4. Daffodil
5. Lullaby
6. Imperfect
7. Little Victory
8. Karma In Flesh
9. Received A Kiss
10. Ode



             



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