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DEATH PROG MÉLODIQUE  |  STUDIO

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- Style : Be'lakor, Cormorant, Insomnium, Ne Obliviscaris, Persefone, Helioss
 

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IAPETUS - The Body Cosmic (2019)
Par WËN le 13 Juillet 2020          Consultée 3764 fois

Je n'ai jamais été un gros aficionado des tops de fin d'année, c'est un fait. Pas tant parce que je n'aime pas partager ces grosses sorties ou ces petites découvertes qui m'ont touché, mais plutôt parce qu'étant continuellement à la bourre sur mes écoutes et, chaque nouveau Décembre arrivant, estimant n'avoir écouté qu'à peine les 2/3 de ce qui pourrait éventuellement m'intéresser (c'est un drame, je sais), je ne me vois finalement que bien peu légitime lorsqu'il s'agit de vous en proposer une liste récapitulative qui, forcément, se verra incomplète. Vous en penserez ce que vous voudrez, mais alors que certains webzines confrères sont prêts à dégainer dès Octobre ou pire, ô fous impératifs de la putaclique exclusivité, savent dorénavant nous proposer leurs tops en temps réel et en continu sur l'année au fil des sorties (RIP, le recul), vous me verrez toujours tenter de privilégier quelque chose d'au moins mûrement réfléchi. Et ce, à juste raison. Car tenez, là, ce IAPETUS de fin novembre dernier en est l'exemple typique, ne déboulant de justesse dans mon top 2019 qu'en février de cette fantastique année 2020 (sic !) alors que je bouclais tout juste mon référendum NIME… En verrouillant ma liste dans les temps, il est quasi certain que je serais complètement passé à côté d'une telle merveille.

Ce duo new-yorkais, pour le moins confidentiel jusqu'à présent, n'en est pourtant pas à son coup d'essai (une démo, un EP et un album en dix ans d'existence), cependant il est fort à parier que c'est ce second LP qui devrait lui offrir l'impulsion nécessaire à se sortir des intriqués empilements de béton de Manhattan pour en venir à gratouiller de plus hautes sphères célestes. Pourquoi ce "Body Cosmic", en particulier ? Mais parce qu'il va vous secouer comme pas possible, mes bons amis ! Extrêmement progressives et mélodiques, il est fort à parier que ces soixante-dix minutes de Death Metal stellaire en viennent à vous faire un second trou-noir à la nébuleuse ! Bouclez vos ceintures, gros blast-intersidéral en approche !!

Mais revenons à nos gravitons. À tant vouloir rentrer dans le lard de ce gros corps céleste qu'est IAPETUS (un satellite de Saturne nommé d'après le titan éponyme, si vous voulez savoir), j'aimerais parvenir à vous faire ressentir cette sensation d'urgence qui se dégage de cette supernova en devenir et qui a su si facilement me happer en son maelstrom dès ses premières révolutions. Tentons d'emprunter la même trajectoire d'approche, et juste pour voir, lancez donc "For Creatures Such As We", cette première salve de météores brûlants qui gravite quelque part au milieu du disque et à laquelle je me suis trouvé d'emblée confronté. Et prenez bien garde à maintenir le cap puisque, du haut de treize minutes maîtrisées et parfaitement huilées, ça part héroïquement dans tous les sens.

Sous des dehors flagrants d'un total NE OBLIVISCARIS worship (le violon en moins), la prodigieuse propension du duo à vous envoyer bouler au fin fond de galaxies inexplorées est juste hallucinante. Rien de fortuit, évidemment, dans cette comparaison avec la formation australienne (ça clignote de toute façon en gros sur tous les ordinateurs de bord) : un tel Prog-extrême de haute volée laissant forcément quelques traces au décollage, surtout lorsqu'il s'agit de placer des envolées instrumentales échevelées, des décélérations tout aussi ébouriffantes d'efficacité, des harmonies majeures débordantes de feeling, de parsemer le gros de ses compositions-à-tiroirs de longs breaks acoustiques (pas nécessairement jazzy comme de coutume chez les Aussies), ou de passages plus planants (l'espace, toussa toussa). Quasiment tout, ici, nous ramène aux natifs de Melbourne. Encore plus sidérant – sidéral, dirons certains - des chants clairs (masculins/féminins) sortant d'on ne sait quelle dimension parallèle, mais placés exactement à la manière d'un Tim Charles de NE O (moins maniéré cependant, donc encore plus exquis), sauront vous prodiguer les dernières visions d'extase d'un univers déjà condamné au Big Crunch. Alors, certes, force est d'avouer que IAPETUS ne la joue pas forcément finaude en choisissant (innocemment ?) de confier ses parties de batterie à Dan Presland de chez… NE OBLIVISCARIS, justement (qu'on a d'ailleurs déjà vu louer ses talents d'artilleur chez IRREVERSIBLE MECHANISM en 2018). Et ça se ressent à sa manière de vous scotcher à votre siège, canardant à tout va, pilonnage interstellaire et descentes de toms supraluminiques à l'appui. Soyons clair, à vous envoyer ainsi une surenchère de G dans la tronche, c'est clairement le mercenaire tout attitré pour ce poste… Mais qui ne manquera pas d'alimenter un potentiel débat de quelques barres d'uranium supplémentaires lorsqu'il s'agira de définir où exactement se situe la fine frontière entre hommage (un peu) trop appuyé et pompage sans vergogne.

Ne nous égarons pas cependant, même si certaines structures et plans mélodiques alambiqués font à un tel point penser à la musique des Australiens que nous en venons presque à être surpris que jamais le violon ne déboule ; notre duo sait néanmoins conserver sa propre approche. Donc de là à parler de pompage, je ne saurai franchir le sas. Déjà parce que le background musical de IAPETUS diffère des initiaux relents Black Metal de celui des gars de Melbourne pour s'acoquiner avec une base davantage orientée vers un Death Metal délectable et mélodique à rapprocher, si vous me le demandez, des excellents débuts d'un BE'LAKOR et doté de ce petit feeling proche d'un CORMORANT, par exemple, pour ces prétentions proggy-acoustico-mélodiques déroulées ici et là. Brassez à cela un je-ne-sais-quoi de l'OPETH de la vieille école pour sa vélocité innée, ses changements de plans impromptus, ainsi qu'une sincérité acoustique toute mélancolique (pas si éloignée non plus de l'INSOMNIUM de "Since The Day It All Came Down") que l'on ne saurait négliger… Et vous pourrez enfin vous accordez quelques secondes à dériver ainsi en orbite, le temps que deviennent palpables vos plus folles velléités progressives concrétisées ici en un "Corps Cosmique" purement MA-GIS-TRAL ! Sans dec', j'en transpire d'émotion rien qu'à l'écrire !

Voilà pour ce Death Metal qui aime à s'étirer en de longues et consistantes compositions aux nombreux rebondissements et qui, décidément, ne rechigne jamais à intégrer à tout cela - et c'est en ça qu'il en est génial - d'autres plages plus ambiantes où seul l'éther céleste vous transportera par le biais d'atmosphères à base de claviers/guitares/chant - parfois seulement la batterie - savamment mixées pour l'occasion, vous trimbalant un moment en apesanteur, pour brusquement vous faire traverser un anneau de déchets toxiques et vous remettre prestement le nez dans votre mélasse cosmique. Car tenez-le vous pour dit, "The Body Cosmic" se trouve assez étrangement équilibré entre trois titres aux durées hallucinantes pour le style (treize-quatorze minutes, voire les étourdissantes dix-huit allouées à "The Star Of Collapse" !) naviguant dans de hautes sphères Death Prog (on ne l'a pas abordé, mais le growl est évidemment de la partie) et dont la trame mélange allègrement tout ce que nous avons pu énumérer jusqu'à maintenant, alternés à des morceaux très courts et plus terre-à-terre (deux-trois minutes de moyenne, idéal pour calculer un saut en hyperespace) et ne servant finalement que d'interludes jusqu’à la prochaine galaxie lointaine, très lointaine. N'oublions pas non l'intro de dix minutes qui, par quelques lignes de textes narrées, met un peu de temps à l'allumage mais qui une fois le mode turbo enclenché, sait déjà vous coller tous les senseurs en émoi par les affolantes promesses et prouesses entrevues.

Et c'est justement cette richesse de composition, ce tout homogène dans ses différences, qui rend caduque toute comparaison trop ou trop peu (c'est selon) reluisante avec ses collègues de l'Hémisphère Sud. Créées plus ou moins à la même époque, les accointances entre les deux formations étaient déjà connues (le logo et la pochette de "The Long Road Home", l'album précédent, furent réalisés par Xenoyr de NE O, par exemple), disons plutôt que sur ce second jet l'inspiration y est cette fois plus évidente. Et j'ajouterai que c'est tant mieux ! Car là où sur leur récent "Urn" (2017) les Australiens commençaient à marquer le pas, se prendre en pleine tronche ce "Body Cosmic" à ce point puissamment ambitieux et fourmillant de détails, ne peut pas être une mauvaise chose ! Non seulement, car c'est bon de voir des formations s'engouffrer dans ce créneau tellement exigeant, mais en plus, car il est finalement bien difficile de se plaindre d'un élève appliqué et foutrement inspiré qui dépasse le maître.

Riffs catchy et fulgurants, envolées dantesques, alternance idéale des chants, une basse qui vient vous remuer tout ça : la voilà cette branlée qui aura donc éclaboussé mon année 2019, indélébilement.

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   WËN

 
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- Matthew Cerami (chant, guitare, basse)
- Jordan Navarro (guitare, claviers)
- Dan Presland (invité - batterie)
- Emi Pellegrino (invité - chant)
- Ethan Navarro (invité - chant)


1. The Body Cosmic
2. Matter Genetics
3. I Contain Multitudes
4. Galaxy Collective
5. For Creatures Such As We
6. Hadean Heart
7. Moonwatcher
8. The Star Of Collapse
9. Angelus Novus



             



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