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DOWNFALL OF GAIA - Ethic Of Radical Finitude (2019)
Par NEURO6 le 8 Mai 2019          Consultée 462 fois

La mythologie grecque constitue un inépuisable réservoir pour qui veut nommer un groupe, intituler un album, écrire une chanson, qui plus est dans le Metal.
En l'occurrence, les germano-américains de DOWNFALL OF GAIA (la bande est originaire d'Allemagne mais le batteur Michael Kadnar nous vient des États-Unis) mettent à l'honneur cette déesse primordiale, génitrice du ciel, des montagnes et de la mer. Par extension, Gaia symbolise la terre, matrice originelle d'où a émergé la vie. La chute de Gaia n'offre alors pas de quoi se réjouir... Cette thématique écolo-apocalyptique est - malheureusement - dans l'air du temps et constitue le thème de prédilection de groupes de Metal de plus en plus nombreux. Pour ma part, j'ai eu l'occasion de découvrir DOWNFALL OF GAIA lors d'un concert en Alsace. Ils ouvraient pour The OCEAN COLLECTIVE, groupe qui lui aussi fait la part belle aux thématiques qui touchent à l'environnement et à la collapsologie. Sur le fond, les deux groupes abordent des thématiques similaires. Mais conceptuellement, l'approche apparaît plus sombre chez DOWNFALL OF GAIA. Enfin, sur la forme, les deux groupes sont dissemblables. Officiant dans un Post Black Metal Atmosphérique, DOWNFALL OF GAIA aborde les thèmes de la mort, de l'effondrement, de l'insatisfaction chronique de nos vies modernes ou encore de la finitude de l'existence, et ce de manière très frontale. Cela se ressent bien dans les compos distillées par le groupe, à la fois mélancoliques et violentes.

Alors, que cache "Ethic Of Radical Finitude", le cinquième album du combo créé en 2008 ?
À la première écoute, on sent que l'on a affaire à une œuvre complexe, tortueuse. Si vous souhaitiez un album léger à écouter en prenant votre douche, passez votre chemin ! Leur musique peut paraître assez impénétrable et semble propice à l'introspection. Les compostions sont sibyllines et laissent une grande place aux contrastes forts entre des phases instrumentales élevées et des moments de rage, entre intros mélodieuses et blast beats, le tout dans de longs morceaux dont certains atteignent près de dix minutes.

Décortiquons la bête afin d'en savoir un peu plus.
Le premier titre, "Seduced By...", est une intro instrumentale, progressive et apaisante qui cède vite sa place à un violent changement de dynamique avec le morceau suivant. Le très agressif "The Grotesque Illusion Of Being" résume assez bien le registre dans lequel officie le groupe : une alternance de furie Post Black Metal aux riffs acérés et de nappes instrumentales planantes à souhait, parfois agrémentées de claviers. La voix éraillée de Dominik Goncalves Dos Reis s'intègre assez bien dans ces ambiances aériennes et contrastées. Guitares et batterie proposent ici une belle alchimie, renforçant le caractère dynamique du morceau.

Le décor étant posé, les deux titres centraux de la playlist constituent véritablement la charpente de l'album. Approchant chacun les dix minutes, ils sont remarquablement bien construits et sont notamment l'occasion d'entendre quelques invités.
"We Pursue The Serpent Of Time" illustre bien le talent et la maîtrise du batteur Michael Kadnar : démarrant sur un jeu de batterie déstructuré et martial bien senti, le batteur offre ensuite un blast ravageur pour revenir sur une cadence militaire et enchaîner à nouveau avec son rythme tonitruant. Au final, si ces changements de tempo vous parfois laissent de quoi respirer, c'est pour mieux vous noyer ensuite dans ce milieu tourbeux et anoxique.
Le final au piano introduit le morceau suivant, "Guided Through A Starless Night", lui-même débutant par une mélodie éthérée. Cet enchaînement d'une beauté touchante illustre la richesse de la musicalité du groupe et n'est pas sans rappeler CULT OF LUNA. Le morceau se termine sur un passage instrumental et aérien, tandis que la chanteuse Mers Sumida (BLACK TABLE) vient réciter un poème pour les dernières minutes, assurant un final gracieux, quoiqu'un peu long.

L'avant-dernier morceau, "As Our Bones Break To The Dance", démarre dans la rage, confirmant bien les racines Black du groupe. Le morceau est concis, agressif et froid comme l'acier mais particulièrement bien inspiré, en atteste le brillant solo offert à nos oreilles.
Plus contemplatif, le dernier morceau nous renvoie dans une dimension Post Metal par sa construction en crescendo débouchant sur l'immixtion finale de chœurs puissants et les quelques vers récités qui ferment "Of Withering Violet Leaves".

Avec leur musique insaisissable, alternant l'intensité du Black Metal et le caractère éthéré du Post Metal, DOWNFALL OF GAIA nous offre ici une nouvelle production de qualité, dans la lignée de leur précédent opus "Atrophy". L'album est mature et bien structuré. Il ravira tant les fans de la première heure que les néophytes amateurs de SÓLSTAFIR, CULT OF LUNA ou encore ALCEST. Malgré sa relative jeunesse, le groupe réussit ici un joli tour de force : un cinquième album en moins de dix ans, montant d'un cran dans la qualité. Le format court de l'album s'avère finalement être un avantage : pour apprécier toutes les dimensions de sa musique, il faut s'y plonger corps et âme afin d'en saisir la subtilité et la richesse de ses facettes musicales.

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   NEURO6

 
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- Dominik Goncalves Dos Reis (chant, guitare)
- Anton Lisovoj (basse, chant)
- Marco Mazzola (guitare)
- Michael Kadnar (batterie)


1. Seduced By...
2. The Grotesque Illusion Of Being
3. We Pursue The Serpent Of Time
4. Guided Through A Starless Night
5. As Our Bones Break To The Dance
6. Of Withering Wiolet Leaves



             



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