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2018 Lupus
2018 You Bastard!
 

- Membre : Dawnbringer, Aktor, High Spirits, Pharaoh
- Style + Membre : Superchrist

PROFESSOR BLACK - Lupus (2018)
Par CITIZEN le 6 Janvier 2019          Consultée 677 fois

Session déterrage pour Chris Black qui profite de son nouveau blaze à vocation de "peau neuve". Contexte musical : DAWNBRINGER a été arrêté définitivement, ce qui ne laisse à Chris Black que HIGH SPIRITS comme groupe personnel actif actuellement, ainsi que quelques "vrais" groupes, avec de vrais autres membres donc. Un recentrage qui doit permettre à l’homme de décharger toute sa musique sous le nom unique de PROFESSOR BLACK, censé être assez neutre pour constituer un véhicule approprié à tous les caprices musicaux envisageables, quitte à ce qu’on ne sache jamais ce qu’on va avoir de neuf.

Et comme Chris Black est tout le temps en train de composer, la première année d’existence musicale sous ce nom fourre-tout est célébrée par la sortie d’un EP puis de trois albums simultanés fin septembre : de quoi ancrer solidement ce nouveau blaze dès le premier essai.

Paradoxe, l’un de ces trois albums est consacré à un disque qui n’est pas tout à fait du cru du Chris Black, mais une collaboration de 2008 qui avait alors réuni un line-up assez improbable le temps d’un jam : outre Chris, comme bassiste un membre d’AGALLOCH égaré (!!!), le Finlandais-comme-son-nom-l’indique Jussi Lehtisalo (synthé) et Matt Johnsen, illustre inconnu pour qui ne suit pas PHARAOH et DAWNBRINGER- comprendre un compagnon de route et collaborateur de longue date de Chris Black, qui a posé des soli immortels sur pas mal d’albums réalisés par cet infatigable bastion métallique de Chicago. Un Folkeux, un Psycheux invétéré et un Heavy Metalleux sur un même album, avec Chris Black qui pose batterie et guitare rythmique et laisse cette bande éclectique s’amuser : qui, quae, quo ? À se demander pourquoi de tout ce monde c’est Chris qui le sort sous son nom, d’autant plus que le répertoire est totalement celui de Jussi Lehtisalo.

N’allons pas chercher plus loin dans ce qui n’appelle qu’à la spéculation, la musique est déjà assez énigmatique pour qu’on ait bien assez à raconter ! Les supporteurs de Chris Black y trouveront une parenté plus que certaine avec AKTOR dont “Lupus“ fait un peu office de prototype, avec un processus de composition identique sur leur album de 2015 (Chris Black qui tabasse/Jussi Lehtisalo et son compère de la galaxie CIRCLE/PHARAOH OVERLORD qui déconnent avec tout ce qui leur passe par la main, Finnish style). Sauf qu’on est ici dans un concept-album, ou du moins dans un album qui s’impose des limites techniques délirantes : quatre chansons de 11:06 précises, complètement instrumentales, et l’argument de la jam session qui en est à l’origine ayant été basée sur l’expérimentation autour de la répétition ! Autrement dit, tout le côté joyeusement tubesque d’AKTOR passe à la trappe, seul le kitsch reste, et on se recentre sur la dimension Expérimentale/Avant-Gardiste/Progressive, quoi qu’on veuille mettre dans ces termes par ailleurs très subjectifs.

Plutôt que d’entrer de front dans le type d’ambiances et de feeling suscité par l’album, et en l’absence de tout élément explicatif ou vaguement interprétatif dans le livret ou l’artwork de l’album, soyez simplement avisés que, de la bouche de Misteur Black, la chanson "Stations" est censée développer le genre d’état qu’on ressent quand on s’endort dans le train et qu’on fait un cauchemar. Vive le sensuel, vive le Metal non-narratif ! Et pour le reste, on en sait pas plus et j’avoue que s’il est facile de déployer tout un vocabulaire descriptif pour l’ensemble des sensations que développent, phase par phase et à coups de transitions plus ou moins abruptes ou d’évolutions plus ou moins barrées, je suis absolument incapable de préciser la situation ou l’idée derrière chacune des autres chansons !

Plutôt que de gâcher l’allégresse à s’avancer l’esprit libre dans ces masses mouvantes, essayons juste de nommer quelques-unes de ces séquences les plus saillantes. Sans plonger la tête la première en abordant l’album par ses tous premiers pouet-pouets, on peut juste constater qu’après quelques secondes, le temps que le groupe se stabilise sur une première trame, on est en train de battre du pied sur un beat Krautrock déphasé, et de là c’est le saut dans un grand bordel : à des beats technoïdes hypnotiques s’enchaînent de longs plans à la limite du collage sonore, comme si vous suiviez une onde ou un grésillement en guise de lead, ou bien des sons de flippers déréglés, des ordinateurs en train de se configurer et autres bleep bloops de droïdes déréglés en panique totale. Gaffe au grain, "Habeas Corpus" est aussi la seule chanson à avoir des moments vraiment violents, les autres ayant seulement leurs accès de tourments anxiogènes sans vraiment bourriner. On remarquera un passage vaguement Black Metal peut-être (au sens WOLVES IN THE THRONE ROOM auquel me faisait penser cette pochette).

"Too Soon" est plus rêveur et proprement psychédélique, avec des accalmies en berceuse, mais enchaîne le Funky et le stressant en quelques secondes, selon la logique cryptique des musiciens, ou bien leur emport sensuel je sais pas trop ce qui prend le dessus, avec cependant tout le temps de développer des plans qui prennent des proportions grandioses, qu’ils soient énigmatiques, organiques et intimistes ou froids, grandiloquents et synthétiques. "Stations" est également somnolent et planant avec des sortes d’envolées stellaires, et même un discret chœur sur la toute fin. "Every Second" reprend des sonorités typées boîte à musique, et un paysage sonore assez abstrait, ou tout au moins abscons, jusqu’à retrouver une direction dans un plan Doomy très typé DAWNBRINGER avec un solo de guitare (avec exactement le même type d’ambiance que sur les ultimes morceaux de “Into The Lair Of The God“), et se perd en une lente fin fantomatique et tribale.

Mais je chipote avec cette litanie des sons rencontrés au hasard, retenez surtout qu’à la longue c’est le côté répétitif des compos qui prend le dessus et qu’après bien des plans extatiques, qu’on soit passé par un maelstrom dansant lumineux ou par un tumulte incertain qu’on oublie progressivement, on ressort dans les confins des morceaux plus Doom, des atmosphères enfumées plus étranges, comme si on avait été exilé dans un ailleurs inattendu.

Enfin, juste histoire de donner une idée de la fraîcheur qui se dégage de cet album, je ne prétends pas en percer le mystère. Pour le reste c’est un album étrange et sans bornes qui me scotche complètement et me laisse sur le cul à chaque fois, trrrrrès loin devant les deux autres albums sortis simultanément dans lesquels j’ai eu beaucoup de mal à rentrer. Je sais pas trop quelle conclusion en tirer, que PROFESSOR BLACK n’est intéressant que lorsqu’il sait varier ses compos en faisant intervenir des musiciens aux influences de plus en plus aléatoires ? Que Chris Black est en perte d’inspiration passagère pour le reste, ou qu’il s’est juste engagé dans des projets foireux ? Mine de rien, l’album le plus saugrenu et conçu avec le moins d’a priori reste celui qui tire son épingle du jeu. Alors Chris Black devrait se reconvertir et faire du MESHUGGAH ? Voilà une conclusion pour le moins ouverte.

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   CITIZEN

 
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- Jww (basse)
- Chris Black (batterie)
- Jussi Lehtisalo (synthé)
- Matt Johnsen (guitare)


1. Habeas Corpus
2. Too Soon
3. Stations
4. Every Second



             



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