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LIZZY BORDEN - My Midnight Things (2018)
Par DARK SCHNEIDER le 23 Septembre 2018          Consultée 819 fois

Tiens, revoilà LIZZY BORDEN. Les plus informés savent que ce nouvel album était annoncé depuis deux ans, mais il est évident que l'attente suscitée par la formation américaine n'est pas vraiment équivalente à celle d'un nouvel opus Star Wars au cinéma (quoi que si Disney continue à faire de la merde, ça va devenir comparable). Voyez donc, le précédent album de LIZZY date de 2007, celui encore avant de 2000, et enfin son dernier "grand succès" remonte à 1989. C'est là ce que l'on appelle prendre son temps. Le groupe ne fut cependant pas totalement inactif, se produisant occasionnellement en live (passant même par le Hellfest en 2012). Il faut dire que l'on a ici typiquement le genre de formation qui s'est prise de plein fouet la crise du disque, un groupe pas suffisamment important pour que la sortie d'un nouvel album soit véritablement rentable. Mais, paraît-il que le marché a retrouvé un meilleur équilibre ces dernières années, ce qui explique pourquoi certains, comme DIAMOND HEAD par exemple, retentent l'aventure discographique. Et en l'occurrence, ici c'est Brian Slagel (on s'agenouille) qui est venu chercher la vieille LIZZY, ça ne se refuse pas de bosser pour le légendaire Metal Blade (on lui doit tant !!).

Et revoilà donc Gregory Charles Harges - Aka Lizzy Borden, le chanteur - s'enfermer dans son home-studio pour travailler jusqu'au bout de la nuit (d'où le titre de l'album) ses nouvelles compos, en prenant bien son temps, avant d'enregistrer pour de bon avec son batteur de frangin et sans aucun autre musicien hormis une claviériste de session ! Vous l'aurez donc compris : LIZZY BORDEN est en réalité un pur projet solo de son chanteur, ce qui n'a rien de nouveau à vrai dire, sauf que cette fois-ci il se charge en plus des guitares et de la basse : et ça, franchement, c'est une erreur fatale. Car l'homme est avant tout un chanteur et tout son élan créatif se repose sur sa capacité à écrire des lignes de chant, et il ne s'en cache pas : il revendique que "My Midnight Things" est un album vocal, les guitares ne seront donc pas mises en avant... Ce qui nous laisse supposer que cet album prendra une tournure différente des deux précédents, et c'est le cas.

Un album différent ? Plus moderne ? Pas vraiment. Un retour aux vieux pots ? Voyons quel album parmi ceux sortis dans les 80s mettait tout particulièrement la voix en avant ? "Master Of Disguise" pardi ! Oui, l'excellent et sophistiqué "Master Of Disguise". Vous ne le connaissez pas ? Il va falloir réparer cette lacune fissa. Pas bête le Lizzy, il cherche à renouer avec sa période la plus vendeuse, il veut regoûter à son quart d'heure de gloire, façon ANVIL. Mais il n'y arrivera pas. Oui, je casse l'ambiance.

Si l'opener de title-track nous prouve que notre charismatique chanteur possède toujours ce timbre caractéristique, il a cependant forcément perdu un peu en ampleur avec les ans, et il fait désormais un peu penser à David Defeis, et tout le morceau d'ailleurs n'aurait pas dénoté sur le dernier VIRGIN STEELE (impression également confortée par la place importante du clavier), ce qui n'est pas pour moi un compliment, car ce n'est pas vraiment cela que j'attends de LIZZY BORDEN. Après, il n'y a pas tromperie sur la marchandise : en effet, la voix est largement mise en avant, les harmonies assurées par Harges, tout seul, sont très présentes, et bien faites. Oui, on pense indubitablement à "Master Of Disguise", malheureusement on est loin du niveau de ce dernier. LIZZY BORDEN tente de bien faire, mais il ne renoue pas avec le feu sacré. Le gros problème, c'est justement la part moindre des guitares sur cet album, reléguées au simple rôle de guitares d'accompagnement, et disons-le : Harges n'est clairement pas un grand guitariste. Et surtout pas un guitariste soliste : le premier solo traditionnel digne de ce nom n'apparaît qu'à la quatrième piste, et il est raté. L'album ne comporte en fait aucun bon solo, ce qui est quand même assez dingue il faut le dire. Fut un temps où Harges savait s'entourer de fins bretteurs... Et la science du riff est elle aussi totalement absente !
Quant à ce parti-pris vocal, si on a effectivement parfois droit à de très bonnes lignes de chant ("Obsessed With You", "A Stranger To Love"), l'omniprésence du chant, et de ses lignes superposées, saoule franchement parfois ("The Perfect Poison" : mais qu'il se la ferme pitié !!). On notera également une tentative "moderne" avec "Our Love Is God" et sa rythmique bien lourde : c'est malheureusement une fois de plus totalement raté, le pire morceau de l'album.

"My Mignight Things" souffre également d'un certain manque de consistance, accentué par cette "reprise" en version ballade du title-track positionnée en avant-dernière piste. Les "reprises" de ce type m'ont souvent questionné, les jugeant souvent superfétatoires (dans les contre-exemples, WASP en avait fait une bonne utilisation sur son "Dominator"). Phénomène accentué par la version deluxe et digitale (donc largement diffusée) qui comprend en plus une "reprise" encore plus inutile du troisième titre "Long May They Haunt Us", déjà très poussif à la base, et un réenregistrement de "Waiting In The Wings" ("Master Of Disguise") là encore bien inférieur à l'original et surchargé d'effets. Du remplissage pur et simple qui paraît fort dommageable pour un tel comeback.

L'idée d'axer essentiellement les compos sur les lignes de chant, de gommer tout riffing aux profit de nappes de claviers pas spécialement mémorables, relève presque de l'auto-sabotage. Et s'il restait encore des fans hardcore du groupe, attendre plus de dix ans pour ça, franchement... Clairement, le choix de l'autoproduction, revendiqué, fut une erreur... Un manque de lucidité assez incroyable, comme si Gregory Harges était devenu un petit vieux têtu bien sûr de lui : et non mec, tu aurais vraiment dû prendre d'autres musiciens avec toi avant de te lancer dans cette aventure qui tourne au vinaigre.

Incontestablement le pire album de LIZZY BORDEN (à vrai dire, leur seul album raté à ce jour), il sera toujours l'occasion de refaire parler d'un "'groupe" qui le mérite pour ses trois grands disques sortis dans les 80s ("Love You To Pieces", "Visual Lies" et "Master Of Disguise"). Au fond, c'est déjà pas mal, et si ça peut les aider à revenir à remonter un peu plus sur scène, alors tant mieux.

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   DARK SCHNEIDER

 
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- Lizzy Borden (chant, guitares, basse, claviers)
- Joey Scott Harges (batterie)


1. My Midnight Things
2. Obsessed With You
3. Long May They Haunt Us
4. The Scar Across My Heart
5. A Stranger To Love
6. The Perfect Poison
7. Run Away With Me
8. Our Love Is God
9. My Midnight Things (reprise)
10. We Belong To The Shadows
11. Long May They Haunt Us (reprise) (bonus Track)
12. Silent Night (bonus Track)
13. Waiting In The Wings 2018 (bonus Track)



             



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