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- Style + Membre : Rammstein

EMIGRATE - Emigrate (2007)
Par LYRR le 3 Septembre 2018          Consultée 1093 fois

La composition de "Mutter" a été éprouvante pour RAMMSTEIN. À cette époque, Richard Kruspe ne parvient plus à contenir ses envies de contrôle sur le processus créatif du groupe, et les tensions vont bon train. C’est à ce moment-là que l’idée de faire un projet solo lui vient à l’esprit, comme une soupape de sûreté qui lui permettrait de détourner de RAMMSTEIN ses pulsions afin de réaliser la musique qu’il avait envie de réaliser en tant que seul maître à bord. Il lui a cependant fallu encore plusieurs années pour concrétiser ses aspirations, étant donné le rythme effréné des sorties et des tournées du groupe ; c’est donc en 2005 qu’EMIGRATE voit le jour, avec un premier disque éponyme en 2007. "Emigrate" est le réceptacle des frustrations musicales de Kruspe, une forme d’exutoire libérateur qui lui a permis de composer et jouer comme il le souhaitait, pour son bien-être et celui des autres membres de son groupe principal.

Mais d’un point de vue qualitatif, qu’est-ce que ça donne ? Souvenons-nous que nous sommes une année après la sortie du désastreux "Rosenrot", album le plus faible de RAMMSTEIN (avant la sortie de "Liebe Ist Für Alle Da", qui fait un bon challenger). Nous ne sommes donc pas dans la période la plus excitante de l’existence du groupe, d’un point de vue créatif du moins ; dans ce contexte, il est difficile de s’attendre à un chef-d’œuvre avec ce disque – quoiqu’une bonne surprise puisse toujours arriver. L’on croise donc les doigts en appuyant sur « play » … Avant de laisser tomber au bout de quelques minutes.

Car "Emigrate" n’est pas un bon album. Il dégouline d’un mélange de Pop et d’Indus sans originalité, ultra formaté et rapidement ennuyeux. Richard Kruspe n’est pas un chanteur exceptionnel, sa voix nasillarde souvent traficotée n’ayant aucun intérêt ; évitez de laisser le disque jouer près de vos plantes vertes, elles risquent de tirer la gueule. Avoir un ego développé ne signifie pas avoir tous les talents, celui de chanteur compris : première déception.

Ensuite, les instrumentations. On évolue dans le pseudo-RAMMSTEIN, avec le son de guitare caractéristique de Kruspe en composante principale ; jusque-là, ça va encore. Mais l’électronique sonne Bontempi, les riffs se ressemblent tous, et la batterie est on ne peut plus ennuyeuse. Les mélodies et soli n’apportent rien de folichon, et leur côté Pop est plus agaçant qu’autre chose : on est dans la facilité sans imagination, sans le génie de la composition qui permet la création d’un tube à partir de quelques notes qui s’inscrivent dans la tête. En gros, on s’ennuie ferme. Et pourtant...

... Pourtant on a envie d’aimer cet album, ne serait-ce qu’au moins un peu. Parce que c’est un projet qui tient particulièrement à cœur à Kruspe. Parce qu’il y a mis toute sa frustration, tout ce qu’il aurait bien voulu dire dans RAMMSTEIN, tout ce que son envie de créer est parvenue à produire. Il est triste de se dire que de toute cette énergie n’a résulté que ce disque faiblard et sans intérêt : tous les titres se valent par leur médiocrité, avec peut-être une mention spéciale pour "New York City" qui brille par le ridicule de son refrain et démontre à quel point Kruspe n’est pas un bon chanteur. "In My Tears" donne l’impression de sortir un peu du lot, mais le riff de son refrain est un copier-coller de "Stein Um Stein", à un point où ça en devient honteux. Et il ne faut pas compter sur "My World" ou "Babe" pour rehausser le niveau : mollesse et fadeur sont au rendez-vous. On aurait tellement espéré mieux !

L’album est facile à écouter, on retient facilement les mélodies, mais cela ne suffit pas. On sent bien une volonté de faire quelque chose de simple et efficace hélas sans y parvenir. C’est donc avec une forme de déception résignée que l’on termine l’écoute de "Emigrate" : Kruspe semblait avoir tant à transcrire en musique que de constater ainsi de l’étendue de la vacuité de ses poussées créatives est navrant. Crie, révolte-toi, laisse ton ressentiment s’exprimer librement ! Est-ce vraiment là tout ce que tu as à dire ?

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   (2 chroniques)



- Richard Z. Kruspe (chant, guitare)
- Arnaud Giroux (basse)
- Henka Johansson (batterie)
- Olsen Involtini (guitare)


1. Emigrate
2. Wake Up
3. My World
4. Let Me Break
5. In My Tears
6. Babe
7. New York City
8. Resolution
9. Temptation
10. This Is What
11. You Can't Get Enough



             



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