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2017 In This Moment We Are...
 

- Style : Aghora
- Membre : Arjen Anthony Lucassen's Star One , Devin Townsend Project, Demiurg, The Gathering , Hail Of Bullets, Gorefest, Arjen Anthony Lucassen , Anneke Van Giersbergen , The 11th Hour , Ayreon, Daniel Cavanagh
- Style + Membre : Stream Of Passion, Revamp, The Gentle Storm , After Forever
 

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VUUR - In This Moment We Are Free - Cities (2017)
Par WËN le 22 Mars 2018          Consultée 1016 fois

J'aime Anneke Van Giersbergen. Et pour cause, la pétillante chanteuse - bonne humeur incarnée à la chevelure de feu ("vuur" dans la langue de Van Gogh) et au timbre divin - a souvent su me séduire au cours de sa carrière d'une vingtaine d'années déjà, que cela soit au sein de The GATHERING (six albums) ou de ses aventures ultérieures avec le DEVIN TOWNSEND PROJECT (quatre albums) chez qui elle sut reprendre quelques couleurs tandis que sa carrière solo, depuis son "Air" originel de 2007 commençait à doucement battre de l'aile par manque de renouvellement et d'un peu de folie, passé cette voix ample et charismatique.

Ses featurings (1) se multipliant ses dernières années, force est de constater que mon cas ne demeure donc apparemment pas isolé, les musiciens de MOONSPELL, AMORPHIS, WITHIN TEMPTATION, ANATHEMA, ou encore de NOVEMBERS DOOM et de GIANT SQUID (pour l’outre-Atlantique) ne s'y trompant pas lorsqu’il s'agit de donner un cachet tout particulier aux titres auxquels la miss collabore. C’est également le cas du multi-instrumentiste A.A. Lucassen, qui lui confiera plus d'une fois le micro sur son AYREON de projet (2) et d’où naîtra cette collaboration entre les deux musiciens qu’est The GENTLE STORM. Et c’est important, car c’est ici que débute officieusement l’histoire de VUUR puisque le personnel œuvrant chez cette nouvelle entité est en grande partie basé sur le line-up 'live' des dates 'électriques' de The GENTLE STORM, minus Marcela Bovio (ex-STREAM OF PASSION, ex-ELFONÍA) qui était en charge des backing vocals et Ruud Jolie (de WITHIN TEMPTATION et MAIDEN UNITED) qui laisse ici sa place à Jord Otto (ex-REVAMP). Tournée à laquelle, rappelons-le, ne participait pas Lucassen, cet anxieux de nature n’étant pas fan de l’exercice. À la troupe, ajoutons l'incontournable Ed Warby (STAR ONE, AYREON, mais aussi GOREFEST puis HAIL OF BULLETS pour la story du Dutch old school) et Johan van Stratum, le bassiste aux dreads qu'on retrouve dans l'ombre de Lucassen depuis l'époque STREAM OF PASSION. Vous me suivez toujours ? Non car on rigolait des scènes Black norvégienne et Death suédoise des 90, mais le Sympho hollandais, croyez-moi, c’est quelque chose aussi… Sauf qu'en plus, ils couchent ensemble.

Bref, ainsi naquit VUUR, parfait petit batave, dont ce premier essai ne tarde pas à nous parvenir. Outre le retour aux affaires 'Metal' de Anneke Van G, ce concept album de son état, s'avère donc être le fruit d'un désir commun des musiciens de continuer l'aventure live dans le cadre du studio et de partager ce sentiment de liberté, en communion avec son public lors de ces privilégiés moments hors du temps, éprouvé sur les scènes arpentées tout autour du globe. Pour ceux qui n'ont pas encore saisi l'idée de ce "In This Moment We Are Free - Cities", rassurez-vous, Anneke et ses potes ne manqueront pas de vous ré-asséner leur leitmotiv tout du long de l'œuvre, fredonné à toutes les sauces qu'il est sur dix des onze pièces progressives proposées ici (ah ouais, quand même) !

Alors attendez, "progressives", oui, mais non. Remballez-moi vos espoirs (ou vos craintes) de technicité exacerbée et de longues pièces épiques, VUUR naviguant davantage dans un Metal dit vaguement 'progouille' que dans le Prog pur et dur. La formation demeure donc très classique en terme de structures adoptées (couplet/refrain/pont, etc.), jouant plutôt la carte de la rythmique légèrement plus complexe que la moyenne mais, paradoxalement, plutôt 'bateau' pour le genre. Pas de quoi sauter au plafond pour les hardcore-progueux. D'ailleurs, cette volonté (et cette capacité) de complexification, n'est pas venue comme ça, d'un simple claquement de doigts de la belle ; Attardons-nous un peu sur les crédits, où nous découvrirons un Joost Van Der Broek - claviériste de The GENTLE STORM lors des lives - se faisant ici l'homme de l'ombre, cosignant la totalité des morceaux (en plus de produire et de mixer le tout). Ex-claviériste de SUN CAGED et en charge des claviers chez AYREON/STAR ONE depuis une bonne décennie, c'est déjà notamment à son arrivée chez feu-AFTER FOREVER que le combo avait lui aussi commencé à sonner résolument plus moderne (cf. "Remagine" et l'éponyme de 2007). Tout s'explique, donc, car c'est typiquement ce type d'approche, une alternative plus progouille aux AFTER FOREVER et autres STREAM OF PASSION (le côté symphonique en moins), que nous allons retrouver chez VUUR.

Et j'ai envie de vous dire que d'entrée, la douche pourra s'avérer plutôt froide tant aux premières écoutes les titres d'ouverture "My Champion" et "Time", beaucoup trop longs (14 minutes à eux deux), paraissent inutilement complexes, parfois poussifs, riffant sans réelle chaleur et un peu dans le vide à mon goût… Traduisant assez maladroitement la volonté d'émancipation du combo, vu que leur capacité d'accroche s'effiloche tandis que s'enchaînent les notes. Les lignes de chant, trop en décalage avec l'enrobage, ne parviennent pas à faire de miracle et ne fonctionnent pas vraiment non plus et on en viendrait à penser - une première dans la carrière de la miss Van Giersbergen - que La Voix ne fait décidément pas tout. C'est que les quelques bonnes idées (là un solo bien placé, là une ligne vocale plus légère) en passeraient presque à la trappe. En fait, il faudra attendre l’envoûtant (mais aussi peut être le plus conventionnel, eu égard à la carrière de la miss) "Freedom" et l'intro musclée de "Days Go By" pour que le déclic se fasse et qu'ainsi, l'on puisse commencer à trouver nos marques et comprendre comment fonctionne la formation dans ses articulations guitares/chant proposés ici, plus complexes mais surtout moins conventionnelles qu'à l'accoutumée.

Et ainsi appréhendé, les écoutes s’enchaînant, la logique va vite reprendre ses droits et la magie faire son œuvre ; la diversité des guitares et la volupté du chant ne demandant qu'un peu d'investissement pour réellement prendre toute leur ampleur. Et tout va ainsi se mettre petit à petit et naturellement en place, qu'il s'agisse de riffs ou de mélodies ("Sail Away", "Valley Of Diamond", "Days Go By"), de soli qui parviennent à imprimer une bouffée d’air aux morceaux ("Freedom") voire, évidemment, de lignes vocales (gracieuses et parfois malicieuses sur "The Fire", oniriques sur "Freedom" ou empreintes d’une certaine force sur "Save Me"), le disque sait se révéler progressivement. "The Martyr And The Saint" fera nécessairement dresser l'oreille pour son intro clin d'œil au thème de "Stranger Things" et ses quelques intonations dignes du DTP (on en retrouvera quelques plans typiques çà et là), tandis que le final consacré à Paris ("Reunite!") jouera la carte de la nostalgie avant de décoller sur des refrains toutes guitares dehors. Chaque titre possède donc son petit gimmick particulier qui arrivera à ferrer l’auditeur selon ses affinités. Reste par contre, ces deux pièces d'ouverture citées précédemment, avec lesquelles j’ai toujours bien du mal. Allez comprendre...

Au bout du compte, à bien y regarder - et ce malgré l'impression générale initiale - nous nous retrouvons ici avec 65 bonnes minutes plutôt bien rentabilisées. Pas parfaites, certes, certaines idées ou types de riffs revenant un peu facilement... Mais néanmoins agréables pour peu que l'on pousse l'écoute. Car "Cities...", comme n’importe laquelle des onze cités qu’il nous fait parcourir, est un album qui se mérite, ne pouvant se laisser appréhender pleinement par une simple flânerie distraite le long de ces principales artères. Au contraire, à qui espérera en entrevoir tous les charmes cachés, il demandera un certain investissement dès les premières écoutes, un rôle de simple fond sonore ne sachant lui (ni, vous) être bénéfique. On saluera aussi la tentative de la miss de sortir de sa zone de confort, où un sourire et une belle envolée vocale lui suffisaient précédemment à masquer quelques facilités auprès de ses fans les plus hardcore la limitant d’eux-mêmes à ce style qui a fait son succès. Un pari d’autant plus osé que la recette fonctionne plutôt, faisant taire les détracteurs qui se plaignaient d’un manque de renouvellement et de quelconques prises de risque sur ses dernière réalisations. Moi, le premier.

Note réelle : 3,5/5 en attendant une suite.

NB : On n’en parle pas ici, mais avis aux amateurs patentés : deux autres morceaux également bien charpentés, dédicacés à Moscou et Varsovie, ont été publiés à part sur le single "The Mermaid And The Horseman". Petit regret ne pas les voire paraître en bonustracks, mais on reconnaîtra au groupe l’intelligence de ne pas surcharger encore davantage un album déjà dense (qui le ferait ainsi friser les 80 minutes).

(1) Sans compter les parenthèses ARSTIÐIR et la tournée The SIRENS en compagnie de Liv Kristine (ex-THEATRE OF TRAGEDY, ex-LEAVES' EYES) et Kari Rueslåtten (ex-The 3RD AND THE MORTAL)

(2) Sur "Into The Electric Castle" (1998), "01011001" (2008) et plus récemment les lives de "The Theater Equation" (2016, en remplacement de Mikael Åkerfeldt) et du "Ayreon Universe" (2018)

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- Anneke Van Giersbergen (chant)
- Ferry Duijsens (guitare)
- Jord Otto (guitare)
- Johan Van Stratum (basse)
- Ed Warby (batterie)
- Joost Van Den Broek (claviers, co-composition, mix, prod)


1. My Champion - Berlin
2. Time - Rotterdam
3. The Martyr And The Saint - Beirut
4. The Fire - San Francisco
5. Freedom - Rio
6. Days Go By - London
7. Sail Away - Santiago
8. Valley Of Diamonds - Mexico City
9. Your Glorious Light Will Shine - Helsinki
10. Save Me - Istanbul
11. Reunite ! - Paris



             



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