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ARMOURED ANGEL - Baptism In Blood (1985)
Par CITIZEN le 2 Septembre 2017          Consultée 402 fois

Suite (et en fait début : total metal the beginning(*)) des aventures musicales en terres bestiales. ARMOURED ANGEL est parmi les actes fondateurs d’une scène australienne qui va déjà être en ébullition quelques années après avant d’éclore dans la sauvagerie des années 1990.

La NWOBHM laisse des traces, même quelques années après qu’elle a cessé d’être le standard du jour de la musique Metal, les bataillons d’arrière-garde particulièrement tenaces prennent la relève et se font les dents avec ce genre, particulièrement au pays d’Oz où l’isolation du continent fait payer aux Australiens une taxe sur tous produits d’outre océan, sans parler même de la taille du pays et de la difficulté d’accès à la culture d’import hors des plus grandes villes. Des problèmes de communication qui, à entendre "Baptism In Blood", peuvent nous convaincre qu’à l’origine de leur musique ARMOURED ANGEL ont probablement entendu une version FM d’une chanson de VENOM, si terriblement distordue et blafarde à travers des étendues de tempêtes et de perdition, que la vision locale du Heavy Metal a conduit à en faire une musique encore plus démoniaque que ce que Mantas proposait à l’époque. Imaginez ça, vous allumez la bande FM et c’est l’enfer qui se matérialise dans le récepteur, "Black Metal" qui traverse le Pacifique avec Chtulhu qui brouille le signal (ça marche peut-être dans l’autre sens en fait, peut-être que c’est une gigantesque méprise et que BESTIAL WARLUST sonne gentil sur place ?).

Bref, ARMOURED ANGEL fait ses premiers pas sur cet EP dans le sillon de l’œuvre de VENOM ce qui donne cette expression toujours amusante de NWOBHM non-anglaise, de la même manière qu’il existe de la NWOBHM contemporaine. Étant Australiens, ces zigs n’ont alors aucune concurrence et peuvent au moins se targuer d’un zeste de reste de sang de sujet de Sa très gracieuse majesté même si on est à des années lumières du son ultra violent qui fera la réputation du continent la décennie suivante. Ceci dit dès ses prochaines démos le groupe change radicalement de style et passe à un Metal extrême qui débroussaille ; la suite logique pour les fameux combos du cru avant de se cristalliser dans un style Death Metal pur et dur une fois l’album sorti, satisfaisant ainsi tous les publics au cours de sa carrière. Difficile à ce moment de croire que le groupe porte tout ça en lui, mais cet essai est déjà très appréciable dans son genre de réponse locale DIY aux champions du Metal crasseux et vif, et sonne authentique.

À l’inverse des virtuoses du Heavy Metal qui imposeront leurs standards et des thrasheurs qui se laissent emporter par leur hystérie, le son est ici low-fi, tremblotant, et on barbote aussi bien dans les traces glauques d’un WITCHFINDER GENERAL (ils ont un titre de chanson identique au fait), se marchant sur les pieds à force de traîner ses rythmes misérables.
En ressortant la démo pour faire la kro je me suis aussi aperçu immédiatement à quel point le premier riff ressemblait à du CONVENT GUILT (donc à du MOTÖRHEAD), en mode Hard Rock pour le coup plus puissant que le climat un peu pataud du reste.

ARMOURED ANGEL sonne presque comme un jam band pas très dégourdi, avec ses riffs à progression mécanique tâtonnant à chaque nouvelle note et la découvrant à grand peine, le rythme de forgeron spasmodique, le son embrouillé et fluctuant, et la nullité des solos qui agresse les oreilles en premier (le mini solo de "Iron Legions" quoi !). S’ils ne parviennent pas à reproduire la véhémence de leurs idoles, ils optent par défaut pour un style plus sombre et moins rigolo, peu assuré mais grondant et inexorable avec par-dessus un chant incantatoire et menaçant ("Death Wish" qui ressemble à un répète à gros sabots une fois un unique riff et beat composés). Mais le tout est juste assez catchy et d’assez mauvais goût pour mériter d’être un groupe à redécouvrir, pas juste une base faible sur laquelle d’autres groupes vont se construire. On est encore très tôt, et même imiter VENOM était encore une entreprise délicate, pas juste une formalité que des cover bands (qui voudraient faire croire l’inverse) réussissent aujourd’hui avec plus de succès que ce genre d’ouvrage ne le mérite. Après cette démo n’a pas été disponible pendant 20 ans donc c’est pas forcément une merveille, mais enfin.

(*)bientôt adapté par Nolan

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   CITIZEN

 
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- Rowan Powell (guitare)
- Rick Wayy (chant)
- Lucy (basse)
- David Davis (batterie)


1. Iron Legions
2. (i Am) The Beast
3. Deathwitch
4. Demon Kings
5. Thunder Down Under
6. R.i.p.



             



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