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- Membre : Municipal Waste, Gridlink

DISCORDANCE AXIS - The Inalienable Dreamless (2000)
Par POSITRON le 28 Juin 2017          Consultée 711 fois

Bleu : couleur de l'eau, de la paix, du repos, du rêve, de la sagesse, de l'infini.

Pensez aux bleus du ciel et de la mer en musique : "Ocean Machine - Biomech", "Écailles de Lune", "And The Circus Leaves Town", "Oceanborn" mais pourquoi pas aussi "Jaku", "Tubular Bells", "Zeit", ou "Since I Left You". Et puis il y a les bleus doux du Jazz fluide et cool, "Saxophone Colossus", "Idle Moments", ou le grandiose "Blue Train". Laissons volontairement "Ride The Lightning", "Rust In Peace" ou "In The Nightside Eclipse" de côté : ils présentent des bleus hors-sujet car trop orageux, trop électriques ou trop menaçants pour la sérénité qui nous attend.

La pureté de l'azur dévoré par les nuages translucides, une mer – bleue – calme et paisible : telle est l'image choisie par DISCORDANCE AXIS pour représenter une musique qui sûrement appelle cette pureté et ce calme sublime. Allez voir vous même en grand la pochette sur leur bandcamp ici :

https://f4.bcbits.com/img/a1857682672_10.jpg

Or, DISCORDANCE AXIS est un groupe de Grindcore Technique et "The Inalienable Dreamless" dernier album de la formation, est un flot saccadé de violence sauvage, une déflagration démente, une bastonnade surréaliste, tous ces qualificatifs faisant de lui un indispensable absolu du Grindcore. Un indispensable bleu.

Une guitare, une batterie, une voix : réduit à un minimum tout relatif voilà notre power trio de l'extrême, apex de violence dans l'univers de la guitar music, ultime limite d'un courant qui préfère les bleus au Blues. Le porte-parole en est Jon Chang que l'on retrouvera plus tard dans un projet d'intensité comparable : le grand GRIDLINK dont je vous ai déjà vanté les mérites. Plus versatile que sur "Longhena", c'est par la flamme ardente – bleue – de ses aigus et l'âcre retournement de tripes de ses graves que le maître de cérémonie préside et commande à la masse sonique.

I can't help but laugh
As i take knife in hand
And castrate my fucking self

Would god i could die for thee
O absalom my son


L'usure des qualificatifs liés à la violence et la vitesse dans notre milieu rendent obsolètes beaucoup de ce que je pourrais dire sur la musique de "The Inalienable Dreamless", mais il faut poursuivre. Malgré le goût du groupe pour la facétieuse scène Grind japonaise ainsi que pour l'instant où la note disparaît totalement dans le bruit, "The Inalienable Dreamless" reste en plus d'un disque d’agression, un disque de riffs, un disque de Metal, un disque de Grind.

Depuis le plus orthodoxe du Grindcore ou du Thrash jusqu'à l'angularité – GODFLESH apprécierait "A Leaden Stride To Nowhere" – la cassure – "Drowned" –, ou le tordu, le déchiqueté, la guitare est soutenue par une batterie exemplaire, prodigue en blasts et en fills, faisant corps avec la guitare de manière remarquable, accentuant cette impression que donnent les meilleurs disques de Grindcore de ne posséder qu'un seul instrumentiste surhumain, une bête sonique implacable. Point commun supplémentaire avec un CONVERGE qui n'est pas si loin, parfois jaillit de ce tourbillon le souffle épique et triomphant – "Radiant Arkham" – comme éjecté par une trop grande force centrifuge, comme des jets de matière sur l'axe d'un trou noir.

S'il fallait reprocher quelque chose à "The Inalienable Dreamless" je pencherais pour un certaine uniformité. D'un impact émotionnel non nul mais nettement inférieur à celui de "Longhena" (ou de "Jane Doe"), "The Inalienable Dreamless" est un disque dense, uni et continu. Je mentionnais(*) dès ma première chronique de GRIDLINK la longueur de "The Inalienable Dreamless" : vingt-trois minutes et vingt neuf secondes. Cela en fait même pour son genre un album bref, choix parfaitement cohérent avec son mono-chromatisme : "The Inalienable Dreamless" est un court éclat, une lumière – bleue – perçante d'une intensité à brûler la rétine. Et pour revenir sur mon énumération introductive : celle-ci était volontairement littéraire et peu regardante des exactitudes de la science. Il eut été quelque peu anti-climatique que je vous déclare dès les premières lignes que "The Inalienable Dreamless" était tel une étoile, et que parmi toutes les catégories d'étoiles, les plus grandes sont appelées géantes ou même supergéantes, et que parmi ces supergéantes, les plus ardentes sont les plus bleues.

_ _ _ _

(*)À peu près, quoi.
(**)Astérisque qui ne renvoie à rien :
C'est avec surprise que les plus réceptifs aux classiques de l'animation japonaise pourront déjà observer dans les paroles de Jon Chang un goût prononcé pour Evangelion – que je n'ai TOUJOURS pas vu : cela fait deux albums majeurs de la scène Grindcore y faisant référence, certes avec le même vocaliste, mais quand même, il doit y avoir quelque chose.

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   POSITRON

 
  N/A



- Jon Chang (voix)
- Rob Marton (guitares)
- Dave Witte (batterie)


1. Castration Rite
2. The Inalienable Dreamless
3. Sound Out The Braille
4. Oratorio In Grey
5. Vacuum Sleeve
6. Angel Present
7. The Necropolitan
8. Pattern Blue
9. The End Of Rebirth
10. Loveless
11. Radiant Arkham
12. Use Of Weapons
13. Compiling Autumn
14. Jigsaw
15. The Third Children
16. A Leaden Stride To Nowhere
17. Drowned



             



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