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DRAUGSÓL - Volaða Land (2017)
Par MEFISTO le 4 Avril 2017          Consultée 737 fois

Les groupes légendaires sont malaisément copiables, même de pitoyable manière. On dirait qu'il y a un respect naturel de la part des autres à votre endroit quand vous dominez votre territoire. C'est le cas d'ENSLAVED, mon groupe de Metal favori, enfin celui que je respecte le plus. J'ai parfois de la difficulté à diviser les deux, le respect et la dépendance, envers la musique des Norvégiens. Chaque fois que j'en écoute toutefois, je me dis que le groupe qui veut s'en approcher est aussi bien de se lever tôt, ragaillardi et prêt au combat, car la lutte sera féroce.

Pourquoi cette intro ? Parce que des groupes mariant le Black raw, le Black naturaliste et le Prog ne sont pas légion. Certes, il existe une pléthore de formations de Black nordique évoquant les steppes blanches et les visions d'horreur issues de la paranoïa du voyageur trop téméraire. Mais combien peuvent se targuer d'y arriver tout en fauchant de nouvelles herbes du pergélisol ? De là le parallèle avec ENSLAVED, qui, peu importe sa phase (raw, psyché, viking ou prog), nous a toujours gratifié d'une musique riche, réfléchie et accrocheuse. Vénérable et intemporelle musique...

Les Islandais (eh oui, encore cette île, passons !) de DRAUGSÓL semblent vouloir suivre le même chemin que leurs aînés, grâce à un sublime et corrosif mix entre un Black terreux des années 80-90, une pincée de Prog, quelques onces de délire psyché et des riffs coulés dans l'or brut. "Volaða Land" est leur premier album et je vous préviens, c'est dur d'y croire tellement l'édifice est blindé de toutes parts (merci à leurs compatriotes SVARTIDAUƉI, MISÞYRMING et SINMARA d'avoir ouvert la voie). Et on est loin d'un BORKNAGAR, qui souffre la comparaison avec ENSLAVED comme aucun autre groupe. Non, DRAUGSÓL patauge dans la fange et est un coureur des bois sauvage, pas un géant barde épris de poésie progressive.

"Volaða Land" est une ode à la nature, belle et cruelle, la création qui s'élève jusqu'au sommet des pics enneigés, pas la nature lorgnant vers les étoiles. L'énergie brutale qui se dégage du vociférateur en chef, A.J, suggère une exploration plus personnelle, plus organique, parois que l'on retrouve dans ce Black ébène qui réchauffe étonnamment les tripes au lieu de les figer dans la glace. Les touches de guitare sèche partagent cette fatale responsabilité, soit celle de ne pas prendre l'auditeur pour un con. En 2017, on peut battre la cadence comme un rustre, tout en versant dans la subtilité pour émettre avec émotion des propos menaçants, voire sinistres. Car non, DRAUGSÓL ne tricote pas, il dénoue les liens avec sa hache.

Vous serez convaincu dès la fin de "Formæling", qui partage la première moitié du disque avec son frère jumeau, "Bót Eður Viðsjá Við Illu Aðkasti", dont la forme me fait inévitablement penser à "The Roots Of The Mountain" d'ENSLAVED. Ces premières vingt minutes de la disco nouvelle des Islandais est un "statement" assez puissant merci ! Bienvenue dans la sphère métallique, les gars ! Bon, après, le quintette baisse la garde un peu avec deux morceaux plutôt convenus, mais avec une forte teneur en gras. On ne quitte pas la fange, on s'y incruste. On creuse même pour trouver du pétrole si vous voulez mon avis. Quelques descentes de manche et hurlements confirment que l'univers des Islandais est loin d'être lyrique...

L'album se termine sur "Holdleysa", une pièce plus nuancée qui devait absolument conclure ce premier festin de DRAUGSÓL de luisante façon pour lustrer nos souvenirs. Ce qu'elle arrive à faire en offrant une récapitulation des forces précoces des Islandais, soit de la rage, de la mélodicité, de l'atmosphère étouffante et un chouia délirante et de la bastonnade de champion. Tout ceci servi par une production pas trop propre, heureusement, qui ne travestit aucunement le boulot abattu par ces vikings insulaires.

"Volaða Land" est un album solidement bâti par des artistes conséquents, focusés et touchés par la main du Diable. L'Islande, vue d'un point de vue guerrier et infernal, on aime ça !

Dans le top 10 de mes surprises 2017, assurément !

Podium : (or) "Bót Eður Viðsjá Við Illu Aðkasti", (argent) "Formæling", (bronze) "Holdleysa".

Indice de violence : 3,5/5. Ça cogne et ça hurle fort chez DRAUGSÓL !

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- K.h (batterie)
- M.k (guitare)
- A.j (chant)
- Hannar Sindri Gretarsson (basse)
- Oddur (guitare)


1. Volaða Land
2. Formæling
3. Bót Eður Viðsjá Við Illu Aðkasti
4. Spáfarir Og Útisetur
5. Váboðans Vals
6. Holdleysa



             



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