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DOOM METAL  |  STUDIO

Lexique doom metal
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2008 Cherno
2016 Зеро
 

- Membre : Sentenced

KYPCK - Зеро (2016)
Par LYRR le 10 Mars 2017          Consultée 492 fois

КУРСК est un énorme coup de cœur. Du Doom stalinien lourd, rouillé comme le sous-marin dont il tire son nom ; pas de claviers gothisants ou autres chichis qui deviennent légion dans le milieu, КУРСК fait dans le traditionnel pur et dur, à l'exception d'une petite chose qui fait tout son charme : bien que d'origine finlandaise, le groupe écrit toutes ses chansons dans la langue de Lénine. Cela fait partie de son imagerie générale : au-delà de l'aspect linguistique, la Russie, et tout particulièrement sa période soviétique, sont la source principale de son inspiration. S. S. Lopakka s'est même fait construire la "Lopashnikov", une guitare dont leur corps consiste en un AK-47… que du bon goût.

(Précisons tout de même que le groupe n'a jamais fait dans la propagande politique ou dans l'apologie du totalitarisme meurtrier de l'URSS : ce choix d'image est purement d'ordre esthétique, pas idéologique.)

Donc, disais-je, КУРСК fait dans le Doom traditionnel, et cela a extrêmement bien fonctionné sur ses albums précédents, surtout "Ниже" et "Имена на стене" qui sont de véritables perles en acier rouillé. Mais "Зеро" ne joue pas dans la même catégorie : trop plat et prévisible, il lui manque l'originalité qui faisait mouche sur ses prédécesseurs. Le disque commence pourtant assez bien, avec "Я свободен" qui projette d'entrée de jeu l'auditeur dans l'univers si singulière du groupe, mais il peine de plus en plus au fil des titres à garder l'attention : c'est facilement répétitif, pas très stimulant, et souvent trop convenu. Les ambiances deviennent vite fades, s'inscrivant pour la plupart dans un même registre légèrement mélancolique, mais sans grande conviction. On est loin de "Дети Биркенау" sur l'album "Имена на стене".

On sauvera tout de même "Байкал" et "Белая смерть", qui portent en elles une forme de poésie très slave, une sorte de noblesse dans la tristesse et la dureté, une alliance de grandeur et de délicatesse dans l'expression. Le charme de КУРСК était justement dû à cette fusion entre l'esprit poète de la Russie et la rudesse de son histoire, s'imprégnant d'une vision romantisée de ce pays aux multiples facettes, mais sur "Зеро" il lui manque quelque peu de la force émotionnelle qui faisait tout son intérêt auparavant. Ici, l'on a plutôt droit à une succession de titres empilés les uns sur les autres, sans grande originalité dans leur structure ou leur agencement, et surtout sans réelle évolution par rapport à ce que le groupe proposait déjà sur ses albums précédents. En gros, КУРСК a pris tous les éléments de base propres à son style musical, les a assemblés, mais a oublié de leur insuffler la vie.

Au fil des écoutes, il apparaît vite que la plus grosse faiblesse de "Зеро" réside dans l'inconstance qualitative des titres qui le composent. Prenez "2017" : le riff de base des couplets est excellent, mais les refrains ne parviennent pas à s'élever à la même hauteur. Et ce problème d'inégalité se retrouve encore sur une part non-négligeable des chansons : "На небе вижу я лицо", "Моя жизнь", "Последний тур". "Русофоб" est même carrément agaçante et sans intérêt ; le groupe nous avait habitué à mieux. La composition n'est pas assez originale et recherchée : le résultat est sympathique et fera peut-être son office en concert, mais est bien trop faible pour un album studio.

Je serai dur avec "Зеро" en lui mettant un 2/5. Pas que l'album soit vraiment mauvais, mais il est loin derrière ses prédécesseurs et crée un trou dans la ligne qualitative du groupe. Il manque de personnalité et de créativité : "Черно" était brut et direct ; "Ниже" était sombre, voire même inquiétant ; "Имена на стене" était plus lourd mais restait très mélancolique. "Зеро" est juste standard, lisse, sans surprise. En un mot, "bweufeufeuf", comme dirait François Pérusse (*). Donc autant je vous recommande de vous intéresser à l'œuvre de КУРСК, autant je vous déconseille de le faire avec ce disque. Jetez plutôt une oreille à "Имена на стене", vous en sortirez bien plus comblé.


(*) Capsule des "2 minutes du peuple" sur l'entrée en fonction d'un nouveau premier ministre.

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- J. T. Ylä-rautio (basse)
- S. S. Lopakka (guitare)
- E. Seppänen (chant)
- A.k. Karihtala (batterie)
- S. Kukkohovi (guitare)


1. Я свобод
2. 2017
3. Мне отмщ
4. Прогулк&
5. На небе в
6. Моя жизн
7. Последн&
8. Русофоб
9. Байкал
10. Белая см



             



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