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CHELSEA WOLFE - Pain Is Beauty (2013)
Par VOLTHORD le 30 Novembre 2015          Consultée 2378 fois

Dans un monde où la douleur est beauté, CHELSEA WOLFE est reine.

Reine d’un Apocalypse aussi doux qu’inévitable. Détenteur des dernières lueurs d'espoir muées en fatalisme serein. Une teinte qui domine au-dessus des peines et des ruines. Une ombre imposante.

Avec "Pain Is Beauty", l’américaine fait tomber le voile. Littéralement, comme elle avait jusque là était une artiste dont la timidité la faisait avancer masquée lors de ses performances scéniques. Désormais en pleine lumière, elle se permet d’associer alors cette révélation avec cette formulation qui s’impose comme un évidence : "Pain Is Beauty".

Loin d’être inclassable, il est cependant difficile d’associer la musique de CHELSEA WOLFE à un mouvement en particulier.
Chacun ira de sa petite référence. Pour moi, la lourdeur urbaine de l’atmosphère s’enlise dans un remake de "Perdition City" d’ULVER, sa mélancolie grinçante et fertile se rapproche de très près de la baffe monumentale qu’était l’album éponyme de PORTISHEAD. On peut ajouter parfois la volupté d’un COCTEAU TWINS, on peut y trouver l’électro rutilante, les consonances parfois martiales, les guitares sèches et froides du neofolk ("They’ll Clap When You’re Gone" en étant l’exemple type). Ce flot électronique hypnotique, parfois proche du Drone positionne CHELSEA WOLFE quelque part entre SUNN O))), PORTISHEAD, BURZUM et LANA DEL REY.


Mais "Pain Is Beauty" se débarrasse aussitôt de ses modèles et de ses étiquettes. La voix de Chelsea, ses textes mystérieusement pessimistes, parfois délibérément cruels (à la manière d’une JULIE CHRISTMAS, en moins instable et enragée) et l’aura incroyable que projette l’album l’installent comme une référence.

Surtout, cette voix, d’une froideur cathartique, plaintive, parfois suave et étrange, retenant sa puissance comme pour marquer une certaine forme d’indifférence. Ce qu’on retient, ce sont les lignes de chants plus que les mélodies, les ambiances qui portent cette voix en tous points parfaite.

Et ce "Feral Love" qui annonce la couleur. Un rouge industriel. Une idée noire sans chance de retour.

Et ce "Reins" où un battement de cœur orageux embarque progressivement ce chant de sirène mué en échos dissonants, les déploie d’une force timide mais décidée après des coups de pianos dramatiques.

Et ce "House Of Metal", marche nocturne sous une pluie ralentie.

Et ce "Ancestors, The Ancients" impérial et funèbre, épique sous ses airs de défaite.

Et ce "The Waves Have Come", fin tuante aux cordes apocalyptiques et dissonantes, au piano sentencieux et sonnant le glas d’un amour déchiré, de cette ombre instable qui marche dans les poussières d’un monde. L'épilogue de "Lone" piétine les derniers restes comme un générique d'une tristesse infinie, projeté dans le néant.

Et j'en passe car forcément, il y aurait bien plus à dire.

L’amour inconditionnel que certains nourrissent pour "Pain Is Beauty" montre que CHELSEA WOLFE a passé un cap. Pas seulement dans le fait qu’on la retrouve désormais dans des contextes plus mainstream (Game Of Thrones a emprunté "Feral Love" pour un de ses plus magnifiques trailer, et on peut même entendre la voix de CHELSEA entre deux lignes de dialogues de la dernière saison d’American Horror Story), mais dans la finesse de son écriture, radicalement différente d'un "Apokalypsis" grunge et rock, à la démarche encore hésitante. Arrangé comme une horlogerie suisse, avec quelques défauts cosmétiques ici et là que je ne prendrais pas le temps d’énumérer, "Pain Is Beauty" se révèle au fil des écoutes. Il s’impose, il marque, et il reste pour longtemps.

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- Chelsea Wolfe (guitare, chant)
- Ben Chisholm (programming, basse, synthé)
- Kevin Dockter (guitare)
- Dylan Fujioka (batterie)
- Andreas Calderon (violon)
- Ezra Buchla (alto)
- Patrick Shiroishi (saxophone, clarinette basse)


1. Feral Love
2. We Hit A Wall
3. House Of Metal
4. The Warden
5. Destruction Makes The World Burn Brighter
6. Sick
7. Kings
8. Reins
9. Ancestors, The Ancients
10. They'll Clap When You're Gone
11. The Waves Have Come
12. Lone



             



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