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- Membre : Helloween, Pink Cream 69

Andi DERIS - Million Dollar Haircuts On Ten Cent Heads (2013)
Par GEGERS le 18 Novembre 2013          Consultée 4325 fois

Étonnant. Voici le premier mot qui vient en tête après quelques écoutes constructives de ce nouvel album, le troisième, d'Andi DERIS, que l'on peut considérer comme la tête pensante, inamovible, d'HELLOWEEN. Cela faisait plusieurs années que le chanteur réfléchissait à donner un successeur au modeste "Done With Mirrors", qui n'avait pas réussi à transformer l'essai très convaincant que fut "Come In From The Rain" en 1997. Profitant d'une pause entre l'enregistrement du dernier opus en date des Citrouilles et le début de la tournée correspondante, le père Andi, cigare à la bouche et whisky dans la pogne s'est ainsi attelé à la création et la mise en boîte de ce nouvel opus. Le bonhomme a préféré jouer à domicile, puisque l'enregistrement a été effectué à Majorque, dans son propre home-studio, et les 3 musiciens additionnels, qui forment les "Bad Bankers" (un batteur, un bassiste et un guitariste), sont des jeunes du cru. Pour autant, Andi qui, en plus du chant assure les parties de guitare rythmique, ne s'est pas privé de prendre des risques et de proposer un album audacieux et résolument moderne, bien loin des standards Speed Metal de son groupe de cœur.

"Million Dollar Haircuts On Ten Cent Heads" ("Des coupes de cheveux de millionnaires sur des têtes à dix centimes") est un album qui lorgne fortement du côté d'un Metal moderne, fait de riffs plaqués, marqué par l'absence (ou quasi) de soli, et dont les ambiances pesantes, agressives, donnent à voir un nouveau visage du chanteur. Le ton se veut sérieux, les textes alimentés par une critique acerbe de cette société du dieu Dollar, régie par une poignée de financiers surpuissants. L'ensemble n'est pas pour autant dénué du fun que l'on associe à raison au fringant Andi. Le titre de l'album, percutant et pétri d'acide, vient illustrer le mariage entre dureté du ton et intermèdes plus légers, qui offrent à l'album une profondeur bienvenue. Le riff de "Cock", énormissime et véritablement écrasant, mis en valeur par une production à la fois claire et rugueuse, témoigne de cette capacité d'Andi à savoir se faire simultanément violent et accessible. Le morceau, dans son ensemble, parvient à sonner frais, à se faire mémorable, mû par une énergie et une envie sincère de frapper fort.

À l'exception de "Don't Listen To The Radio", single Hard Rock musclé au riff prévisible et au refrain évident (ce qui n'enlève rien aux qualités intrinsèques du morceau) et du titre final, "This Could Go On Forever", petite ballade Rock qui rappelle les sonorités du deuxième album du bonhomme, l'ensemble de ce nouvel opus se fait ainsi sombre, sérieux et torturé. En bon artisan qu'il est, Andi a pris le soin d'alterner les titres les plus rentre-dedans, agressifs et les pièces plus lentes, complexes et délicates. Une décision qui permet ainsi à chaque morceau se révéler ses charmes sans souffrir de la comparaison avec ses voisins. Le paroxysme du modernisme, l'avatar d'un Andi bien ancré dans son époque, est sans doute ce "Banker's Delight", à classer quelque part entre RAGE AGAINST THE MACHINE et le "Metalingus" d'ALTER BRIDGE. Un mélange détonnant pour un titre explosif, qui illustre parfaitement le propos vindicatif des textes. Andi DERIS ne livre pas là des prestations vocales éblouissantes de techniques, mais œuvre dans un registre vocal plus varié que celui abordé sur les albums des Citrouilles, qui nous permet de constater que le bonhomme à gagné en versatilité ce qu'il a perdu en octaves au fil des années.

Isoler un titre en particulier, l'élever en parangon de la réussite de cet album est chose impossible. Car la qualité est là sur tous les titres. Certains semblent néanmoins s'imposer d'eux-mêmes comme de petits chefs-d'œuvre, à l'image de cette pièce torturée, multi-facettes, qu'est "Blind", qui donne une bonne idée de la teneur de l'album. De la même manière, "Who Am I", "The Last Days Of Rain" (avec ses faux airs de "Think Higher", morceau du premier album du bonhomme) ou "EnAmoria", fausse ballade sombre (et un des rares morceaux à proposer un solo), mais pas seulement, constituent l'ossature d'un album qui tient en haleine de la première à la dernière note, et ne parvient pas à s’essouffler au fil des écoutes. La noirceur des ambiances et des textes, plus que d'alourdir l'album, participent au contraire à la mise en valeur des mélodies, qui gagnent en impact et en beauté, confrontées à un rouleau compresseur d'agressivité et de désillusions.

Étonnant, donc, mais aussi et surtout parfaitement pensé et exécuté. Si l'amateur de Hard Rock "traditionnel" peut regretter l'absence de soli (mais le style musical choisi veut cela), tout un chacun peut trouver son bonheur à l'écoute de cet opus résolument original, qui ne tombe pas dans l'écueil de la vacuité du propos et de l'agressivité gratuite, mais tente de faire ressortir de la lumière et de l'espoir de ces ambiances désabusées et noires qui le rendent, paradoxalement, si fascinant. Andi DERIS, très en voix et inspiré, livre ainsi un troisième album chaudement recommandable, qui permet de prendre la pleine mesure de son talent dans un cadre différent de celui plus "formaté" des Citrouilles.

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   GEGERS

 
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- Andi Deris (chant, guitare)
- Bad Bankers (guitare, basse, batterie)


1. Cock
2. Will We Ever Change
3. Banker's Delight (dead Or Alive)
4. Blind
5. Don't Listen To The Radio (twotw 1938)
6. Who Am I
7. Must Be Dreaming
8. The Last Days Of Rain
9. Enamoria
10. This Could Go On Forever
11. I Sing Myself Away



             



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