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- Style : Lowdown, Vildhjarta

MESHUGGAH - Koloss (2012)
Par DARK MORUE le 8 Juin 2012          Consultée 5766 fois

Et voilà, 4 ans après le monstrueux "ObZen" débarque ce tant attendu nouveau MESHUGGAH, maintenant que toute la scène Djent s'est engouffrée dans leur sillage pour nous envoyer du prometteur et du casse-couille (VILDJARTHA ou PERIPHERY, pour citer les notables). M'enfin tant attendu... Avec un plaisir masochiste. Parce qu'on sait qu'à chaque nouvelle sortie des fous de la rythmique, on va en chier. Mais genre vraiment. Déjà pour le lattage au parpaing, mais aussi et surtout parce qu'on voit s'étaler devant nous les dizaines d'heures qui vont être nécessaires à l'assimilation et l'ingurgitation de la nouvelle livraison avant d'enfin pouvoir penser la connaître vraiment...
Cependant avec "ObZen", pour la première fois ils nous envoyaient enfin entre les oreilles un album presque décomplexé, comme s'ils avaient arrêté de vouloir franchir un pallier de plus à chaque album pour simplement nous envoyer ce qu'ils savent faire de mieux au sommet de leur art. Récidive ? Dissension.

Fort d'un bien laid artwork qu'on se demande pourquoi ils livrent pas les lunettes 3D dans le boîtier, "Koloss" est pour sûr un album s'inscrivant totalement dans la logique discographique des Suédois : totalement à part et ayant ses qualités propres. Mais une chose est certaine : ce ne sera pas du goût de tout le monde. Et beaucoup de découragés sont à prévoir aussi. L'orientation prise ici ne passe en effet pas du tout aux premières écoutes. On retrouve avec joie nos guitares 8 cordes au son particulier, dissonant et abyssal, la rythmique pas possible, MESHUGGAH en somme, ça reste un des combos les plus violents du monde de la musique metallique. Mais bien différemment. Un MESHUGGAH plombé, ralenti, rampant, bourbeux. Dés "I Am Colossus", titre d'ouverture qui annonce clairement la couleur et se scotche dans le crâne bien qu'il ne soit pas des meilleurs, le groupe se vautre dans la boue, remue mécaniquement et méthodiquement mais calmement. Kidman hurle sa rage avec plus de conviction que jamais, dans un timbre un poil plus gras et moins arraché que d'habitude, le son est surpuissant mais... on s'emmerde un poil.

Oui, le premier contact est des plus laborieux. Ce manque de pêche et de fureur gave. Malgré le fait qu'on ait "The Demon's Name Is Surveillance" et "The Hurt That Finds You First" pour se faire pilonner par un Thomas Haake qui lâche pas sa double, ça manque de brûlots tubesques immédiats et nerveux à la "Bleed", "Future Breed Machine" ou "Straws Pulled At Random". C'est juste chiant au final. On perd patience, on s'endort, on abandonne, on retente, et on cède.
"Koloss" n'est aucunement lent et mou. Il est vicieux, froid et maîtrisé. Il nous prend à la gorge. Une fois assimilé, une fois chaque morceau jugé pour sa valeur, il assomme. Gargarisé à une sorte de Doom/Sludge méchant en coup de butoir sur des morceaux tels que "Break Those Bones blablabla" et sa rythmique aliénante, l'abyssal "Demiurge" ou l'implacable "Swarm" en tension alternative. Mais variant cette fois bien le propos, et de manière plus homogène en qualité (contrairement à l'album précédent, où on pouvait ne garder que les pistes impaires). Si la technicité est cette fois bien moins démonstrative et exubérante, les rythmes se faisant bien moins tarabiscotés et les riffs moins asymétriques pour gagner en puissance et lourdeur, on en a quand même pour notre argent. Ne serait-ce que pour les deux titres qui valent à eux seuls l'achat de l'album : "Do Not Look Down", nouvel hymne du groupe, et "Marrow" extrêmement groovy qui sent la tuerie totale en live.

Album à retardement donc, mais paradoxalement plus accessible que leur discographie passée. Pourquoi ? La mélodie renforcée. Par les ajouts de motifs sur "Behind The Sun", "Demiurge" ou "Break Those Bones" insufflant une ambiance désolée et apocalyptique. Par un retour des soli aussi, qui sonnent moins biscornus et sont globalement très réussis ("Do Not Look Down" pioutaing), celui de "The Demon's Name Is Surveillance" étant un cas à part tellement il est... étrange. Ah, et on signale aussi un recyclage de la part de Thordendal, son guest effectué au sein du DEVIN TOWNSEND PROJECT sur "Deconstruction" refaisant surface au sein de "Marrow" ! Véritables oasis, car si MESHUGGAH ne manque aucunement de finesse dans son propos, on ne peut pas dire non plus qu'ils fassent de compromis et c'est quand même cool de souffler un petit peu dans cette tornade de plomb barbelé...

Mais ce qui fait la plus grande force de l'album peut aussi être un défaut. Bien qu'on ai pas du tout l'impression d'un énorme bloc sans la moindre aspérité à laquelle s'accrocher, l'homogénéité qualitative fait du coup bien moins ressortir ce que l'album peut proposer de mieux, et ne procure pas non plus de moments anthologiques à la "Combustion", "Dancers To A Discordant System" ou "Rational Gaze". Et du coup les quelques tares ressortent encore plus, que ce soit "The Hurt That Funds You First" qui tape au final un peu dans le vide ou "Demiurge" qui arrive pas au bon moment, bien trop lourdingue et enchaînant sur une outro acoustique qui n'est pas du tout la meilleure idée qu'ils aient pu avoir...
… Et Jens Kidman dans tout ça ? Toujours considéré comme le talon d’Achille du groupe, il module toujours autant son chant, c'est à dire absolument pas. Ses hurlement possédés que le commun des mortels serait muet après 10 secondes à ce niveau là sont ici plus rythmiques qu'autre chose, tout reposant sur le renfort et l'appui exercé par ou sur les riffs en background... Les détracteurs détracteront, et les amateurs aimeront.

M'enfin, non ce n'est pas le meilleur album de MESHUGGAH. De toute façon il n'y a aucun meilleur album de MESHUGGAH, ou alors ils le sont tous, c'est au choix. Les partis pris ici feront grincer des dents, le gros pas en avant vers la noirceur, l'apocalypse, la dévastation et la terre brûlée se faisant sans demi-mesure ni nuance. On est progressivement happé dans cet océan de désolation, on ressort meurtri et exsangue, on voit la vie en noir, écrasés par la polyrythmie éléphantesque. P'tet pas titanesque, mais au moins kolossal.

Méchoui gras : Une chose est sûre, ça va diviser. Un album particulier demandant un minimum d'endurance, mais valant carrément le coup d'oreille...

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   (2 chroniques)



- Jens Kidman (chant)
- Fredrik Thordendal (guitare)
- Marten Hagström (guitare)
- Dick Lovgren (basse)
- Thomas Haake (batterie)


1. I Am Colossus
2. The Demon's Name Is Surveillance
3. Do Not Look Down
4. Behind The Sun
5. The Hurt That Finds You First
6. Marrow
7. Break Those Bones Whose Sinews Gave It Motion
8. Swarm
9. Demiurge
10. The Last Vigil



             



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