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HARDCORE ACOUSTIQUE  |  STUDIO

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NOSTROMO - Hysteron - Proteron (2004)
Par POULARD le 22 Novembre 2004          Consultée 5900 fois

Cette kro-express était à l'origine la chronique principale avant d'être réécrite par CHIPSTOUILLE

Le monde de la musique et plus particulièrement le milieu du Metal nous a habitué à des dichotomies très précises pour classifier les groupes ; Heavy, Speed, Symphonique, Neo, Doom, Death, Hardcore, Grindcore et même happy ou viking, …il existe pléthore de sous-catégories, virant parfois au ridicule, du style : « t’as écouté le dernier album de Heavy Speed Metal Symphonico-atmosphérique ? ». Les membres de NOSTROMO ont eux aussi inventé un style dont le nom surprendra s’il ne fait pas sourire. Le temps d’un album, les petits suisses grindcoreux ont ainsi laissé de côté leur son de guitare graisseux et bruyant pour explorer des sonorités plus calmes et reposantes ouvrant la brèche du Hardcore acoustique.

"Hysteron" est le nom du CD à proprement parlé mais le produit contient également "Proteron", un DVD instructif et pas trop mal fait retraçant l’évolution du projet agrémenté de quelques Lives et photos. Ma chronique ne retiendra que l’aspect musical.

Les 6 morceaux qui composent cette œuvre sont en fait extraits des 3 productions du groupe forcément retravaillés pour être adaptées à l’utilisation de la guitare acoustique. De là, on peut se dire qu’il ne s’agit pas de quelque chose de si extraordinaire mais le combo helvétique a choisi de conserver telle quelle la structure des morceaux (comprendre les riffs cinglants, rythmiques et changements) et surtout la voix de Javier. On aura donc pas à faire à des balades sirupeuses ni a du bon Clapton (les membres du groupe font une comparaison ironique à ce sujet sur scène) et c’est bien en cela que cet album est appréciable. Une pièce vraiment unique.

L’essentiel des morceaux repris sont issus du dernier et excellent opus du groupe ("Ecce Lex" sorti en 2002), "Argue" (1998) et le maxi CD "Eyeschore" (2000) étant représenté par un morceau chacun.

L’album s’ouvre donc doucement sur "Rude Awakening". D’emblée, on reconnaît le riff même si le tempo est fortement ralenti et que le rendu assourdissant de l’original fait ici place à une rythmique entraînante. Cette ouverture nous permet de nous immerger progressivement et d’identifier cette nouvelle facette du groupe habitué à une musique technique et violente. Le son de guitare est ici limpide et très agréable à l’écoute. On se laisse bercer quelques minutes par cette introduction instrumentale quand intervient la voix de Javier. Nous tenons là ce qui fait de "Hysteron" une œuvre vraiment à part. Le chanteur, s’il a cessé de hurler ces paroles, a su conserver son timbre rauque, semblant émerger des profondeurs tel un hurlement de naissance. Graves, susurrées, chuchotées ou hurlées, les paroles dérangent, captivent. Cette dualité douceur des guitares / agressivité du chant distille une ambiance singulière, que je n’ai jamais entendu sur un album (metal ou autre) et qui est difficilement transcriptible par des mots. Les tempi lents et les riffs simples à la guitare, plutôt gais portent cette voix geignarde, traînante et malsaine pour un résultat excellent.

Le rythme sait aussi accélérer (les passages alternant descentes aiguës mélodiques et riffs graves et rapides accompagné de cymbales sur "Epitomize") pour répondre aux attaques vocales qui s’intensifient et se perdent en écho. On retient son souffle. On éprouve un certain malaise à l’écoute de quelques compos tant la complainte semble provenir de loin et exhaler de vilaines choses. C’est cette ambiance oscillant entre élégance de l’acoustique et univers malsain qui fait le cachet de "Hysteron".

L’abandon des guitares sourdes et criardes est également l’occasion de mettre en valeur la maîtrise de l’instrument. Les magnifiques intro et outro de "End’s Eve" sont éloquentes. Sur fond de percussions quasi tribales et de rythmique légère, 2 soli aux sonorités latines viennent se poser pour entraîner longuement l’auditeur.

Ma chronique est dithyrambique, je l’admets. Il est difficile de comparer cette galette puisqu’elle est unique en son genre. Et ça fait du bien, un peu de frais (même si j’avoue que la fraîcheur n’est peut être pas très approprié pour dépeindre cet album) NOSTROMO sort des sentiers battus (voire ravagés) et nous propose une idée très originale. Le coup commercial n’était par ailleurs pas assuré dans la mesure ou le tout demande un long temps d’adaptation tant le son est atypique. Les morceaux s’étirent en longueur et c’est probablement là que réside le défaut principal. La musique du combo genevois étant habituellement d’une densité et d’une concision exemplaire, les fans de Hardcore saignant tiendront sans doute difficilement la longueur d’un "Turned Black" par exemple. Il n’empêche que ce disque s’écoute d’une oreille attentive, certainement pas en boucle, mais se ressort épisodiquement avec beaucoup de plaisir.

N.B. : une piste cachée d’un des rares Lives donné pour défendre ce projet est disponible après le 6ème titre. Il s’agit du titre "Sunset Motel" admirablement rendu sur la scène de la Maroquinerie à Paris.

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   CHIPSTOUILLE

 
   POULARD

 
   (2 chroniques)



- Javier (chant)
- Jéjé (guitare)
- Lad (basse)
- Maik (batterie)


1. Rude Awakening
2. Epitomize
3. End’s Eve
4. Sunset Motel
5. Selfish Blues
6. Turned Black



             



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