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BRUTAL DEATH ANTIQUE ATMO  |  STUDIO

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ADE - Spartacus (2013)
Par DARK MORUE le 15 Avril 2013          Consultée 5123 fois

Blast Head Records, c'est trop cool. En plus d'avoir un patron adorable et de distribuer des Cds aux lecteurs de NIME, ce petit label qui grimpe se distingue surtout du reste par la qualité croissante de ses sorties. Donc, après un album de TOMBTHROAT irréprochable et un estomaquant NEBULOUS, voilà que débarque ADE, pour leur second album après un premier essai particulier mais encore un poil brouillon. Une pochette kitsch qui avait de l'idée mais tombe un peu à plat à cause de trop de Photoshop et d'un côté plastifié immonde qui donne pas envie d'aller plus loin, totalement compensée par la mention George Kollias apposée sur le skeud.

Voilà le bel argument de vente qui n'a au final que peu d'influence : George Kollias a été batteur de session au sein de cet album, et clame un peu partout à quel point il poutre. Et le bougre a pas tort. Même si sa prestation est rigoureusement identique à ce qu'on peut trouver chez NILE, car similitude il y a, ça doit quand même le changer un peu de jouer dans un groupe sonnant pour le coup véritablement antique et ambiancé... Ba dum tsss.
Voilà pourquoi cet album se retrouve en Sélection du Site : la musique d'ADE apporte pas mal de sang frais, héritant un peu de NILE dans l'esprit mais se retrouvant au final plus proche de ce qu'aurait fait BEHEMOTH s'ils avaient choisi de prendre la même direction que LYKATHEA AFLAME et THE MONOLITH DEATHCULT. Ouais je sais ça commence à faire beaucoup de groupes qui surbuttent en une seule phrase. Je vais même rajouter KARTIKEYA pour finir le combo.

Alors évidement, ça vient d'Italie, on va alors avoir du Death chicos, chiadé et qui se joue en costard, mais avec cette fois un casque de légionnaire et une armée de 300 hommes au torse huilé et au moule-bite saillant en backstage.
C'est donc une sorte de Death Metal Brutal, bestial, impérial et conquérant, accompagné à intervalles réguliers de tout ce qu'il faut pour sonner grandiloquent. C'est à dire instruments acoustiques traditionnels nerveux, sonorités folk héroïques venues d'un autre âge et chœurs épiques. Donc en clair, si on doit coller une étiquette cohérente, ce serait du Folk-Léonidas-Behemoth New School. On a dans un premier temps tout ce qui caractérise la nouvelle scène Death en provenance des pizzaYOLO Méditerranéens. Production atomique de la mort, batterie à fond les ballons comme on aime, vocaliste coffré et couillu, avec assez peu de passages lents et des accélérations nucléaires, bien évidement on pense HOUR OF PENANCE et c'est bien normal. Les quelques morceaux purement Death Metal sont d'ailleurs d'énormes tueries, le massacre total "Divinitus Victor" en tête avec un de ces putain de riffs cultes qui arrive passé la première minute, avec un souffle épique constant qui se voit vite transformé en grandeur à l'état pur.

Parce que ouais, ADE ont un gros concept basé sur la Rome Antique. Mais si, vous savez, les gars en toge qui philosophent avec des bites dans le fion. Ils rendent hommage à leurs ancètres guerriers, et pour ça, ils y mettent les moyens. C'est donc une véritable armada d'instruments folkloriques (joués par une certaine Simone D'Andrea) qui va venir régulièrement squatter le devant de la scène. Et ces arrangements, y'en a dans tous les sens, et ils font un bien fou, transformant la musique déjà bien testostéronée et aux muscles saillants et couverts d'huile en une Bande Originale de péplum sanglant. De la même manière que FLESHGOD APOCALYPSE et son orchestre symphonique, c'est juste que là qu'on fait plutôt péter les cordes et flûtiaux au son poussiéreux évoquant un Colisée couvert de spaghetti. Que ce soit pour discrètement relancer les riffs de "The Betrayer From Thrace", ultra efficace comme titre d'ouverture ; servir d'intros ou de breaks... "Sanguine Pluit In Arena" nous donne l'impression de témoigner de combats de gladiateurs, avec son introduction sensible explosant soudainement, et un dernier tiers particulièrement épique entremêlant Brutal Death martial et épique avec des chœurs grandiloquents en fond. Et il est possible ainsi de citer absolument tous les titres tant la rondelle regorge d'inventivité. Alors autant faire court et signaler les moments les plus marquants.

Difficile de ne pas frisonner en entendant cette voix de petite fille à la mélopée triste et glauque en ouverture de "The Endless Runaway", donnant une coloration nostalgique et fataliste que le riff suivant reprendra fièrement. Et le titre central, morceau charnière résumant tout en 3min30 montre en main : "Duelling The Shadow Of Spartacus", avec son démarrage sur les chapeaux de roues charcutant dans le lard, puis son revirement totalement folk avant de se terminer en un final épique à en crever. Et la suite de l'album nous traîne à la guerre, avec un morceau suivant qui pourrait tout à fait être l'illustration du choc de deux bataillons en formation, voyant notre George Kollias faire des prouesses à la double et arracher la gueule aux hérétiques.
Et comme toujours on met les moyens : folklore guerrier et planant, spoken words, accalmie avant la tempête, massacre, tuerie.
Le Death Metal de ADE se joue en armure debout sur une colonne corinthienne écrasée au sol, surpassant EX DEO sur son propre terrain en sonnant encore plus kitsch, plus radical et peut-être moins clichesque et poussif. Encore plus épique, encore plus guerrier, plus belliqueux mais aussi plus nuancé, entrecoupé de petits bouts d'ambiances tendres et plus originales, sans compromis et sachant donner contraste et cohérences à la palette de couleurs déployée.
On passe par la fureur des combats, le désespoir poignant du point de non-retour (le pavé monstrueux "Six Thousands Crosses") et l'évocation plus contemplative de paysages dévastés par la guerre, pratiquement toujours au sein d'un même morceau mais sans jamais donner l'impression de tourner en rond malgré la redondance des ficelles utilisées. En gros, les ADE ont trouvé leur son, et il tue.

Parce que ouais, un album de Brutal Death comme ça, on en croise pas tous les jours mine de rien. Sachant allier une brutalité fondamentale et radicale à une certaine finesse dans ses arrangements folkloriques semblant faire tout leur possible pour éviter l'anachronisme, et par là même nous refiler un autre truc qu'on ne voit pas souvent dans le Death Metal... Tout simplement ce que NILE devrait faire pour enfin honorer sa réputation factice de tisseur d'ambiances. Parce qu'écouter ADE, c'est enfiler le casque du légionnaire et foncer se taper sur la gueule dans l'arène avec une armée de gladiateurs et une princesse mélancolique à sauver de l'empereur tyrannique. Sans cesse animé du feu et de l'adrénaline d'un champ de bataille flamboyant, sonnant encore frais... Que dire de plus ? Merci à George Kollias de les aider à faire le buzz. Merci.
L'Italie abrite mine de rien une scène des plus intéressantes. Parce que c'est pas la première fois qu'ils nous font ce coup là ; leur Brutal Death pas loin d'être unique étant encore plus intéressant une fois passé dans le shaker avec un autre truc. Et là c'est le moment où j'ai très envie de faire une blague qui parle de pizza, mais par pur respect ethnique je m'abstiendrais. Mais seulement pour cette fois.

Fa schifo tre procione : Encore une fois un savant alliage fusionnant du Brutal épique et implacable avec d'excellentes parties traditionnelles antiques. Une énorme réussite tout simplement immanquable.

4,5/5.

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   (2 chroniques)



- Flavio (chant)
- Fabio (guitare)
- Messo (guitare)
- Caligvla (basse)
- George Kollias (batterie)
- Simone D'andrea (instruments traditionnels)


1. Betrayer From Thrace
2. Sanguine Pluit In Arena
3. The Endless Runaway
4. Crixius Flags Of Dishonor
5. Duelling The Shadow Of Spartacus
6. Mars Unpredictable Favour
7. Decimate The Coward
8. Six Thousands Crosses
9. Divinitus Civtos
10. For Everything To Be The Same...



             



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