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- Membre : Iron Mask, Ethernity

MAGIC KINGDOM - Symphony Of War (2010)
Par BAST le 29 Novembre 2010          Consultée 5954 fois

A contrecourant de Dolly la brebis ou des expériences du docteur Antinori, Olaf Hayer fait la démonstration de l’existence du clonage 100% naturel. 100% naturel, c’est quoi ? Rien de plus simple. Munissez-vous d’un zizi, unissez-le par consentement mutuel à son adorable contrepartie féminine, puis agitez votre bassin de soubresauts savamment ajustés. Si les choses sont bien réalisées, que vous ne transpirez pas trop des aisselles pendant l’effort ou ne crispez pas le visage de grimaces répugnantes, le clonage 100% naturel se termine par un concert de soupirs profonds, tout juste éraillés et parfois étouffés quand les parents dorment dans la chambre d’à côté.

La seule incertitude du clonage 100% naturel, c’est qu’on ne sait pas à l’avance qui l’on clone ; par exemple, les parents d’Olaf ne connaissaient probablement pas Mickael Kiske au moment où ils besognaient les chromosomes de leur futur rejeton.
En outre, le clonage 100% naturel pêche par son incomplétude.
Là où Dolly ressemble à la courbure de corne près à son modèle, Olaf n’a de Kiske que la voix. Côté faciès et silhouette, le ratage est assez net pour qu’on distingue l’un de l’autre une nuit sans lune, sans étoile et sans lampadaire.
Il faut dire que, physiquement, Kiske est imprenable en sa qualité de premier homme à avoir démontré, à la fin des années 80, qu’on pouvait être Allemand, avoir une coiffure d’Allemand, se fringuer à la mode allemande et produire un résultat agréable à l’œil. Sachez qu’à l’époque, cette prise de conscience eut l’effet d’une bombe.
Olaf, lui, ne risque pas d’effrayer la cellule anti-terroriste américaine. Surtout que Luca Turilli ne l’a pas aidé à se montrer à son avantage. Il suffit d’observer les photos accompagnant le premier album solo du guitariste italien, "King Of The Nordic Thwilight" : Olaf y est affublé d’un costume médiéval épouvantable et je le soupçonne d’en avoir pleinement conscience vu l’air maussade qu’il arbore.

Quoi, vous l’ignoriez ? Olaf, alors qu’il officiait chez les inconnus de TREASURE SEEKER, a été lancé à la face insouciante du monde par le guitariste de RHAPSODY, sur les conseils du label Limb Music.
Depuis, toujours et encore au micro de LUCA TURILLI et de son second projet DREAMQUEST, Olaf a été aperçu chez les Suédois de DIONYSUS et les Tchèques de SYMPHONITY (dont je conseille vivement le second album).
A présent, on le retrouve au sein de MAGIC KINGDOM, en Belgique donc, comme si le chanteur avait fait le pari d’un tour d’Europe en chansons. Une arrivée annoncée il y a quelques années et qui, alors, avait suscité son lot de commentaires consternés puisque MAGIC KINGDOM détenait en la personne de Max Leclerq un vocaliste de qualité. Sitôt ses valises faites, ce dernier a trouvé refuge chez les Français de FAIRYLAND, à la place d’Elisa C. Martin et, en guise de dédommagements, FAIRYLAND a prêté à MAGIC KINGDOM, pour ce troisième album, son claviériste Philippe Giordana.
Je sais que ces mouvements de personnel peuvent sembler confus de prime abord. Mais avec un peu d’entrainement, on finit par comprendre.

Tout ceci est fort plaisant mais ne nous avance guère sur le sujet de cette chronique.
"Symphony Of War", troisième album de MAGIC KINGDOM, est le successeur de "Metallic Tragedy", cet opus qui avait fait grand bruit lors de sa sortie, en 2004.
Cela faisait six années qu’on attendait un nouvel album de MAGIC KINGDOM. Rien de bien étonnant : c’est Dushan Petrossi qui préside aux destinées de MAGIC KINGDOM (musique et paroles). Et le guitariste Belge a fort à faire par ailleurs, au sein de sa formation principale, IRON MASK.

Avec "Symphony Of War", Dushan Petrossi devrait en surprendre quelques-uns, lui qui s’éloigne assez franchement de son style de prédilection, le metal néo-classique où la guitare fait se pâmer d’admiration les midinettes que nous sommes quand ça joue vite et bien, et opère un net rapprochement vers la scène Speed Mélodique. L’arrivée d’Olaf Hayer n’y est assurément pas étrangère. Sur "Symphony Of War", Olaf continue de faire honneur à son clonage 100% naturel, entonnant les lignes de chant comme Mikael Kiske l’aurait fait si Michael Weikath et Kai Hansen réunis les lui avaient concoctées.

Alors que "Metallic Tragedy" pouvait prétendre à une étiquette portant à la fois les mentions "néo-classique" et "progressif", son successeur semble bâti pour faire de l’ombre aussi bien à RHAPSODY qu’à FREEDOM CALL. Le rythme est véloce, le clavier s’inspire de STRATOVARIUS, les orchestrations abondent, des chœurs se chargent d’une grosse portion des refrains, et le propos se montre sans cesse épique avec des lignes de chant tracées à la pointe du glaive.
Le premier titre, "Symphony Of War", ne permettra à quiconque de douter de ce que j’avance ; les lignes de chant ne ressemblent-elles pas à celles façonnant le titre "Kings Of The Nordic Twilight" (LUCA TURILLI, sur l’album du même nom mais sans le "s" à "King") ? Et le refrain fédérateur : qui pourrait s’étonner de le découvrir sur un album de FREEDOM CALL (même si la prod de MAGIC KINGDOM est moins colorée) ?
Seule exception, la longue pièce faisant l’objet d’un second CD, très proche quant à elle du MAGIC KINGDOM rencontré sur "Metallic Tragedy". Normal, en même temps, il s’agit d’une suite. Mais j’y reviendrai.

Pour revenir au morceau ouvrant l'album, je dois avouer que je ne l’aime qu’à moitié. Même s’il est représentatif de l’album, je le situe parmi les morceaux les moins prenants, la faute à une répétitivité dans les couplets et une série de soli sans grande saveur. Il y aurait d’ailleurs là de quoi généraliser un reproche adressé à nombre de formations qui décident souvent de débuter leurs albums par un titre accrocheur, si accrocheur qu’elles ont tendance à sacrifier les mélodies sur l’autel de l’efficacité.

C’est à compter de "We Rise" puis "Million Sinners World" que "Symphony Of War" prend son envol. Sur ces deux titres assez similaires, on a droit à davantage de variété. MAGIC KINGDOM élève un ensemble fédérateur sur la base de riffs intéressants, de lignes de chant assez intenses et d’une ambiance sombre et épique à la fois, avec un refrain qui pénètre le crâne dès le premier assaut et des hurlements black omniprésents (qu’on entendait déjà sur "Metallic Tragedy" et à l’époque, du chant black dans un album de Heavy n’était pas monnaie courante).
Dès lors, MAGIC KINGDOM ne relâche pas la pression, ni celle de fédérer, ni celle de gaver l’auditeur de mélodies sucrées-salées. "Evil Magician" exhibe un jeu de guitare heavy remarquable, des lignes de chant tourmentées (avec quelques effets sur la voix), un refrain pénétrant et une palanquée de solos "vivaldiens". Du long de ses huit minutes, ce titre s’impose comme un passage fort de l’album. Je pourrais tirer la même conclusion de "In The Name Of Heathen Gods", petit bijou de heavy fédérateur, quoique celui-ci, plus simple, joue toute sa mise sur un refrain entêtant. "I'm A Lionheart" a des allures de GRAVE DIGGER. Olaf y durcit le ton et le refrain magistral rappelle le travail des teutons sur leur trilogie médiévale initiée par "Tunes Of War".

"Symphony Of War" est un double CD vendu au prix d’un disque normal. Une réflexion me vient d’ailleurs à ce sujet : le second disque est une longue pièce de trente minutes environ, découpée en cinq parties qui s’enchainent sans temps mort. Cela ne vous rappelle rien ? Le dernier EP de RHAPSODY, en effet. J’avais suggéré dans ma chronique que les Italiens auraient mieux fait de s’en servir comme second disque adjoint à "The Frozen Tears Of Angels". Visiblement, MAGIC KINGDOM, probablement aussi parce qu’il n’est pas assez influent pour vendre correctement un EP, a pris cette décision.
Sur cet ensemble nommé "Metallic Tragedy - Chapter 2 : The Holy Pentalogy", MAGIC KINGDOM livre une intro symphonique agréable, très proche de RHAPSODY, avec quelques narrations, un long et passionnant titre (le refrain légèrement folklorique y est excellent) montrant que le groupe n’a pas complètement mis de côté son aspect progressif (le mélange chant gothique masculin et féminin et chant black sur la fin est de toute beauté), un passage symphonique avec de nombreuses mélodies arabisantes et un dernier titre épique librement inspiré d’HELLOWEEN. Il y a beaucoup de matière dans cette fresque, nettement plus proche du travail aperçu sur "Metallic Tragedy" (la suite est donc justifiée).

La production est un peu décevante, en revanche, car elle montre un équilibre vacillant. MAGIC KINGDOM emploie tous les effets dont raffolent les formations de Metal Symphonique, mais les orchestrations sont parfois trop en retrait et disposent parfois d’un rendu peu crédible avec une impression d’essoufflement par moments. En revanche, Olaf Hayer est mis à l’honneur.

Si MAGIC KINGDOM perd de son originalité et produit un troisième album nettement plus calibré que son prédécesseur ("Metallic Tragedy - Chapter 2" réajuste tout de même l’ensemble), il apparait néanmoins que dans un registre plus proche du Speed Mélodique, "Symphony Of War" figure parmi les meilleures réussites de l’année. Une année qui n’aura rien d’inoubliable en la matière, je le concède. Peut-être même, d’ailleurs, MAGIC KINGDOM profite-t-il de cette pénurie pour contenter plus aisément les amateurs ?
Ce dont je suis sûr, c’est que quand je réécoute "In The Name Of Heathen Gods", "I'm A Lionheart" ou "Metallic Tragedy - Chapter 2", je n’ai d’autre choix que placer "Symphony Of War" en sélection du site.
Difficile, cependant, de prévoir la réaction des nombreux clients de "Metallic Tragedy". Je pense qu’ils aimeront la suite positionnée sur le second CD. Mais adhéreront-ils à la longue pérégrination Speed Mélodique ?

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- Olaf Hayer (chant)
- Roma Siadletski (chant)
- Dushan Petrossi (guitare)
- Vassili Moltchanov (basse)
- Philippe Giordana (clavier)
- Freddy Ortscheid (batterie)


1. Symphony Of War
2. We Rise
3. Million Sinners World
4. Evil Magician
5. In The Name Of Heathen Gods
6. Monte Cristo
7. I'm A Lionheart
8. Unholy Abyss

- metallic Tragedy - Chapter 2 : The Holy Pentalog
1. Through The Sea Of Ice / Quest For The Holy Light
2. Before The Apocalypse / War Of The Black Angels
3. At The Gates Of The Last Mystic Dragon Land
4. Resurrection Of The Wizard / With The Gods Of Egyp
5. Tournament Of Hell



             



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