Recherche avancée       Liste groupes



      
DEATH/BLACK  |  STUDIO

Lexique black metal
L' auteur
Acheter Cet Album
 


SUPERIOR ENLIGHTENMENT - The Great Obscurantism (2009)
Par MEFISTO le 29 Novembre 2010          Consultée 2096 fois

Ce que j'aime du Québec, à part que c'est mon joli et frisquet berceau, est que même s'il est une destination métallique incontournable depuis des lunes et qu'il est le géniteur de pionniers comme VOÏVOD, il est assez pauvre en frais de groupes extrêmes (connus du moins). Et pourquoi est-ce positif ? Parce qu'à l'instar de pays moins développés métalliquement, il en est parfois à ses premiers balbutiements internationaux dans certains genres. Il y a tant à découvrir et à créer ! Mais bon, depuis quelques années, les musiciens québécois se sont enlevé les doigts du nez et ont fondé d'excellents combos extrêmes, inspirés ou non de groupes établis, des phares sur qui ils pourraient se fier pour naviguer dans des eaux troubles.

Issu du nord du Québec, SUPERIOR ENLIGHTENMENT est le parfait exemple du groupe des années 2000 ; puissant et sans merci dès son premier méfait, il rappelle un style apprécié surtout en Europe de l'est, la meurtrie : le Death/Black qui claque avec des guitares incisives et tourbillonnantes, aussi violentes que la batterie technique détonnant comme une mitraillette. Vous avez identifié les pays auxquels je pense ? Le Bouthan ? L'Érythrée ? Ben voyons… Je songe évidemment à la Pologne et à l'Autriche, froides et sèches, d'où proviennent des bêtes telles que BEHEMOTH et BELPHEGOR, parents éloignés de nos Québécois envahis par une haine et une maîtrise plutôt rare chez les nourrissons. Ils hurlent et bourrinent avec un tel aplomb, une telle fougue, que ça vous dévisse les neurones en deux coups de baguette.

Il est rare que je m'extasie autant sur un album de départ, mais le talent de démolition d'Ekinox (le maître des cordes), Néant (gueulard en chef) et Franky Blastbeat (tiens, il porte bien son nom, lui !) m'a complètement scotché. Et ce, dès les premières notes de "Novus Incompositus Seclorum", véritable maelstrom de brutalité mélodique. Bien sûr, la production n'est pas « top notch », mais pour un premier skeud, on ne perd pas grand-chose dans les filets de sûreté. Les attaques font mouche, comme un BELPHEGOR en rogne, l'étincelant travail aux manettes en moins. Bref, "The Great Obscurantism" n'est peut-être pas un modèle de clarté sonore, mais il ne faut pas attendre dix minutes avant de se prendre des pains dans la gueule. L'influence de BEHEMOTH… ?

SUPERIOR ENLIGHTENMENT joue un Death/Black vicieux, malicieux. Outre le tabassage incessant de Franky et la voix variante de Néant (et non Nergal), les murs de grattes d'Ekinox sont les plus sournois. Seul guitariste sur cet album, le mix de ses performances montre un jeune artiste capable d'occire à plusieurs niveaux, de marier la mélodicité et l'audace, en faisant hurler son instrument dans de sauvages aigus ou en égratignant à la vitesse de l'éclair, distorsion et envolées épileptiques en prime. Le mec a vraiment du plaisir à nous bousiller les tympans, il injecte une dose incroyable de dynamisme à un ensemble pouvant s'écrouler facilement comme un château de cartes. Mais il demeure en contrôle des rênes pour que ses deux passagers puissent s'éclater à leur tour.

Le disque devient un brin redondant vers le milieu, le danger lorsque la batterie est en mode « dactylographique », mais Ekinox arrive sans cesse à se réinventer (le génial trio de départ, ce riff lourdaud sur "Cesspool", ces grattes à la limite du psychédélique sur "Divided They Fall" et "Not To Be" (très beau et calme bridge, d'ailleurs), les sombres "Golden Ratio" et "The Burden" et leur mélodie s'incrustant rapidement… Oui, on se croirait en pleine Europe de l'Est et ses bleus…

Une belle surprise pour moi que ce "The Great Obscurantism". J'y retrouve deux éléments essentiels en Metal : de la force et de l'intelligence. Les Québécois prouvent qu'on peut bastonner tout en réfléchissant, décrocher une parcelle des deux mondes… et la fracasser entre ses mains pour le seul plaisir de recommencer.

Note : 3,5/5.

A lire aussi en BLACK METAL par MEFISTO :


ANAAL NATHRAKH
The Whole Of The Law (2016)
Tout simplement monstrueux.




The RUINS OF BEVERAST
Exuvia (2017)
Le Beethoven contemporain récidive !


Marquez et partagez




 
   MEFISTO

 
  N/A



- Ekinox (guitare, basse, samples)
- Néant (chant)
- Franky Blastbeat (batterie, samples)


1. Novus Incompositus Seclorum
2. Digital Holocaust
3. Ineffable Winds Of Neptune
4. Cesspool
5. Divided They Fall
6. Golden Ratio
7. Not To Be
8. The Burden
9. To Fucking Execrate



             



1999 - 2020 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod