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LUGUBRUM - Albino De Congo (2008)
Par POSSOPO le 8 Juillet 2008          Consultée 3349 fois

Black de terre, jazz de merde, voilà résumé en quatre mots l'univers si particulier de LUGUBRUM. Après Werner Herzog, Joseph-Désiré Mobutu. Non pas lui, l'autre. Mobutu Sese Seko Nkuku Ngbendu wa Za Banga. Pas le président tyrannique, le monarque fou et mégalomane. L'orchestre flamand continue son périple au sein des pires aliénations. Finalement, je ne sais rien du concept qui tourne autour d'"Albino De Congo". Je ne fais que supposer et la supposition m'est vite tombée dessus comme une évidence. Après l'art du détail et du tout petit de Bruegel, LUGUBRUM propose aux plus imaginatifs une nouvelle visite du passé du plat pays. Le passé proche et lointain, quelques dizaines d'années et des milliers de kilomètres, la fin d'un monde, une chaleur humide.

Mobutu fait partie de ces personnages hors du commun de l'histoire du 20ème siècle, héros maléfique d'un continent qui a trop souvent connu l'horreur. Assassin du plus grand espoir de l'Afrique (Joseph Lumumba), organisateur du plus tragicomique des combats de boxe (le fameux "Rumble in the Jungle" entre George Foreman et Mohammed Ali), utopiste illuminé gagné par le culte de la personnalité de Mao et qui renommera son pays, son fleuve, sa monnaie (Zaïre), l'homme ne connaît que des détracteurs. Un choix aisément qualifiable de "normal" pour un artiste aussi fangeux et déraisonnable que LUGUBRUM.

Déraisonnable ? Totalement dingo, oui. Absurde, incompréhensible, peut-être même aberrant. Une mixture qui a brisé, album après album, les derniers espoirs de ses auditeurs à s'accrocher à quelque chose de connu. Il y avait du BURZUM à une époque, un soupçon de DARKTHRONE marron caca. Sur "De Ware Hond", précédent ouvrage déglingué et malade, les derniers repères déjà bien rikiki depuis deux, trois galettes, avaient complètement disparus. Que tous les géographes se rassurent, on nage avec "Albino De Congo" en pleine mare incognita. Toujours dégueulasse, le chant de Barditus, toujours souffreteuse, la guitare de Midgaars (H a quitté le navire), toujours dégingandée, la batterie de Svein. Et la basse ? Elle se porte bien, sèche, froide, un brin goguenarde. Et le sax ? Un peu disparu. Ce n'est en tout cas plus lui la guest star à connotation exotique.

Car il fallait bien qu'on décode un tant soit peu quelque chose à ce concept congolais fort brumeux. Alors, l'orchestre de Lovendegem nous met du tribal dans sa sauce à chiotte. Un tribal ressenti à certains endroits, un tribal difforme qui créé le malaise. Un malaise qui s'installe dès les dernières notes du premier morceau, qui s'en va et qui revient sans qu'on capte véritablement la logique, ni l'illogique de tout cela. Juste n'importe quoi, oserait-on dire la voix chargée de frustration.

Une frustration née d'une insurmontable difficulté à comprendre de quoi il retourne. Très proche mais pourtant si lointain du captivant "De Ware Hond, cet "Albino De Congo" capricieux, qui ne va nulle part mais qui ne tient jamais en place bien longtemps. Alors, tout devient un peu dur à l'écoute. Les relents de jazz de bidonville n'ont pas le goût d'avant, leur odeur lasse… et vite. La référence n'est pas connue de tous mais on se croirait véritablement dans un mauvais rêve d'EPHEL DUATH. Pas d'idées, ça se trainaille et on attend en s'emmerdant un poil des riffs black réussis mais qui ne suffisent pas à faire monter une sauce aux effluves sentant le mauvais alcool du pire bouilleur de cru. "Albino De Congo", ça saoule et ça fait mal à la tête ! Et pour ajouter un peu plus encore à la déception, "Mushole", acoustique dans sa première partie, synthétique et rachitique dans sa seconde partie, "Kurlerha Omugongo", chants de grillon et cor sirène insignifiants. Et les dernières minutes d'Isirhe ? On va les oublier, voulez-vous ?

Joker de luxe, la différence. LUGUBRUM ne ressemble à rien de connu, il constitue son propre référentiel. Règle pratique qui empêche de trop cracher sur un album pourtant si peu digeste. Règle qui autorise à dire que ce disque est deux, trois, cinq dix fois inférieur aux trois précédentes livraisons de l'orchestre.

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- Barditus (chant)
- Midgaars (guitares)
- Svein (batterie, clavier)
- Bhodidharma (saxophone alto)
- Noctiz (basse)


1. Kadurha
2. Lugwampinga
3. Kabondobondo, Muborobondo
4. Mushole
5. Bwikalabalume
6. Kurlerha Omugongo
7. Isirhe



             



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