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THRASH METAL  |  STUDIO

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Lexique thrash metal
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- Style : D.r.i.
- Membre : Anthrax, Nuclear Assault

S.O.D. - Speak English Or Die (1985)
Par SHUB-NIGGURATH le 15 Mai 2008          Consultée 6115 fois

Attention ! Album culte.

Il est des chroniques dont l’accroche est plus difficile à trouver. Estampille a priori gage de qualité et raccourci commode pour susciter approbation, désaccord ou curiosité. Et puis, par quelle autre annonce, sinon celle-ci, entamer aujourd’hui la visite de ce monument qu’est « Speak English or Die » ? Pour autant, l’écoute de S.O.D. ne m’a jamais donné l’irrésistible envie de pratiquer la génuflexion, ni de manifester quelque signe ésotérique de dévotion, sinon celui d’applaudir des deux mains ce qui, rabaissé à l’origine au simple rang de sale blague de potaches, prend désormais les allures d’une farce géniale. Un retentissement immédiat, une génération entière sous influence, trois rééditions, dont la dernière sous la ronflante appellation de « Platinum » consécutive à l’improbable reformation de l’escouade, près de quinze années passées, pour une unique représentation dans l’enceinte mythique du Budokan. Donc culte, S.O.D. ?

Bien évidemment, personne ne s’attendait, en 1985, à ce que cet œuf pourri balancé au beau milieu de la scène thrash US puisse donner pareille omelette. Pas même Scott Ian, dont les intentions étaient bien plus humbles. Adepte d’un thrash décapant, fidèle à l’esprit premier d’un hardcore furieux, le leader d’ANTHRAX sait déjà pertinemment que la survie du groupe, dans un secteur écrasé par le speed metal surpuissant de METALLICA et la violence extrémiste d’un SLAYER, passe par la nécessaire évolution mélodique de ce postulat. Approche tout juste confirmée avec « Spreading the Disease ». L’enregistrement de l’album s’achevant plutôt que prévu, et sans attendre de savoir s’il lui permettra d’atteindre le haut du pavé, Scott Ian en profite pour balancer le sien dans la mare du thrashcore/crossover.

Quelques jours seulement – trois, puisqu’il aurait été surtout question d’amortir la durée restante de location du studio – suffiront amplement pour porter à ébullition ce projet qui mijotait depuis la sortie de « Fistfull of Metal ». Le téméraire John Zazula a accepté de produire la chose et Megaforce de la distribuer. La plupart des compositions sont déjà prêtes, versions primitives d’un mosh expurgé de tout ravalement esthétique. Foin de fioriture, donc. Scott Ian et Charlie Benante savent très bien où ils veulent aller et ce dont ils ont besoin pour y parvenir. La mission des Stormtroopers of Death du Sargent D., personnage imaginé et dessiné par Scott Ian, est simple.

Un, marteler le terrain au moyen d’une rythmique thrash frénétique. Un pilonnage intensif, servi par un Charlie Benante décidément exceptionnel, accompagné pour l'occasion par l’ancien collègue Dan Lilker, parti tenter la même aventure avec NUCLEAR ASSAULT. Tabassage en règle, accélérations foudroyantes, breaks énormes, mosh parts bondissantes, tout y est. Rien d’autre finalement, à entendre les pièces maîtresses comme le titre éponyme, « Kill Yourself » ou « Fuck the Middle East », que l’esquisse des fondations du futur « Among the Living ».
Deux, nettoyer dans les coins grâce à des riffs puissants, lourds, hachés, aux tranchantes aspérités métalliques – « March of the S.O.D. » – aux variations hystériques – « Chromatic Death » – à l’acidité punk et rebelle – « Douche Crew » ou bien encore « Freddy Krueger ». Exemples contestables dans la mesure où la plupart des morceaux agrègent chacune de ces composantes.
Trois, surligner la dimension hardcore de l’ensemble par le « chant » gras de Billy Milano, qui, sans excès ni artifice, crache ses textes bileux sur un impressionnant débit mitraillette.

Trois lames dont le passage simultané ratiboise l’auditoire pour de bon. Seule devise : cogner vite, fort, et tout le temps. Pas (peu) de solo pour ne pas briser l’intensité des titres les plus longs, qui explosent en deux grosses minutes maximum. De fait, l’enregistrement à grande vitesse et le nombre de prises limitées favorisent l’exécution énergique et spontanée des pièces les plus structurées. Sensation de spontanéité, voire d’improvisation, renforcée par le foisonnement d’interludes minimalistes et loufoques, prétextes à aboyer le premier non sens venu, pourvu qu’il fuse et claque comme une balle de fusil. Le chroniqueur feignasse que je suis se contentera de citer « Anti Procrastination Song ». Autant de chiures de mouches qui salopent volontairement la partition générale et dont l’absurdité éclaire celle des écrits les plus provocateurs de l’ancien skinhead Billy Milano. Prendre au premier degré le peu ragoûtant « Pre-Menstrual Princess Blues » ou la description des déplorables effets de l’addiction lactique selon « Milk » fait plus que relativiser la pertinence des propos racistes de « Speak English or Die » ou l’invitation au suicide (grief somme toute banal, en 1985, et finalement marque des grands) de « Kill Yourself ».

Autant d’accusations qui fleurirent à la sortie de l’album, démontrant que les flèches empoisonnées du Sargent D. avaient atteint leur cible. Il y a mille façons de dire « merde », et il y aura toujours un con pour réagir. Le conservateur puritain qui refuse de voir les dérives de sa société, le révolutionnaire en peau de lapin qui préfère s’attaquer aux mots qu’aux situations qu’ils décrivent, et même l’anarchiste punk qui s’offusque d’être associé au hardcore subversif, et vice versa. Alors, s’il faut absolument retenir un message de S.O.D., proposons celui-là : doc’ ou rangers, treillis ou bermuda, slamer ou mosher, même combat. Ce qu’on raconte n’a plus vraiment d’importance, du moment qu’on peut se malaxer les côtes et se broyer les arpions dans le plus franche rigolade.

Message qui a fait des émules ? Musicalement, le SUICIDAL TENDENCIES des débuts et surtout D.R.I, avec l’album « Thrashcore » sorti en 1987 sont restés les plus fidèles. Eventuellement CRO-MAGS. Dan Lilker, avec NUCLEAR ASSAULT, et Billy Milano, avec M.O.D., tenteront bien de continuer sur la lancée, mais sans le talent de Scott Ian et donc de manière bien moins persuasive. Finalement, on est en droit de se demander si ce n’est pas le mouvement grind, qui, dans l’ensemble, est aujourd’hui le meilleur représentant de l’esprit S.O.D.

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   SHUB-NIGGURATH

 
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- Billy Milano (chant)
- Scott Ian (guitare)
- Dan Lilker (basse)
- Charlie Benante (batterie)


1. March Of The S.o.d.
2. Sargent D & The S.o.d.
3. Kill Yourself
4. Milano Mosh
5. Speak English Or Die
6. United Forces
7. Chromatic Death
8. Pi Alpha Nu
9. Anti-procrastination Song
10. What's That Noise
11. Freddy Krueger
12. Milk
13. Pre-menstrual Princess Blues
14. Pussy Whipped
15. Fist Banging Mania
16. No Turning Back
17. Fuck The Middle East
18. Douche Crew
19. Hey Gordy
20. Ballad Of Jimi Hendrix
21. Diamonds And Rust (extended Version)



             



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