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MOONLIGHT AGONY - Silent Waters (2007)
Par BAST le 17 Septembre 2007          Consultée 2954 fois

« Through the Desert Storm »... Ce titre niché au milieu de l’album va longtemps occulter ses congénères. L’hymne heavy se montre implacable dans sa hargne et sa souffrance. Dans sa quintessence épique, surtout. David Akesson nous transporte jusqu’au bout de sa rage, les guitares accordées au charbon abreuvent la mélancolie, la rythmique éduquée sur l’enclume martèle sa quête de subjugation. A l’aune de cet instant unique, la gorge serrée, on croit tenir en « Silent Waters » un putain d’album. Et puis quand vient le moment de mettre en mots l’impression laissée par MOONLIGHT AGONY, l’attention a enfin l’occasion de se diluer sur la longueur. Pour calibrer plus justement un premier ressenti boursoufflé d’éloges. Négligeons donc « Through the Desert Storm » et attardons-nous sur l’œuvre dans son ensemble. Alors, que vaut réellement le second album de ces Suédois ?

Mais (re)commençons par le commencement. Suédois, ai-je dit. Un qualificatif qui s’impose de plus en plus comme un verdict ces derniers temps. Eh bien non. MOONLIGHT AGONY ne fait pas dans le speed mélodique. MOONLIGHT AGONY ne verse pas dans la fantasy. Il préfère laisser ça à quelques-uns de ses compatriotes qui le font d’ailleurs très bien. Non, la formation originaire de Kungsbacka emprunte son heavy/dark à ANGEL DUST qu’il renforce d’une touche power qu’on croyait définitivement boulonnée à BLIND GUARDIAN, jusqu’au jour où ce dernier a montré des signes d’usure sur les écrous, laissant PERSUADER ou SAVAGE CIRCUS reprendre le flambeau. Ou plutôt ce flambeau. Mais c’est un autre débat. On retrouve en outre le Gardien Aveugle dans la profondeur des chœurs, quoique MOONLIGHT AGONY fige son exploration quelques degrés plus haut (« You Betrayed Me »). Les Suédois jouent sur la pesanteur des guitares, nuancent par des refrains aérés (« I’m Alive », « Bloodred Sails »), tranchent par des lignes de chant soutenues, revendicatrices, percluses d’un mal être assumé (« Soulless », « Solemn Waters »), adoucissent par des orchestrations utilisées à l’instar des BO, c’est à dire qu’elles accotent fermement les moments décisifs et lâchent du lest lorsqu’il s’agit de reprendre son souffle (« Room 101 »). Ce qui pourrait un jour composer la marque de fabrique de MOONLIGHT AGONY tient à mon sens dans ces changements brusques de ton : couplets qui débutent doucereusement puis se chargent peu à peu d’autorité, refrains qui interviennent alors comme une délivrance, en relativisant la prise de bec (« Bloodred Sails »), ou gonflent au contraire en vigueur. Une rhétorique d’intonations qui repose essentiellement sur David Akesson et son timbre à la Jens Carlsson (PERSUADER). Il n’est d’ailleurs pas un seul titre sur lequel il ne ménage ses cordes vocales ou ne s’investisse pleinement. Le bonhomme se montre très adroit, jouant même sur ses défaillances lors des décrochages les plus rudes en accentuant le malaise qu’il cherche à transmettre. C’est en tout cas mon ressenti.

En dix compos, le verdict prodigue les honneurs. Outre « Through The Desert Storm » qui jette une ombre écrasante alentours, « Different Stories » et son ambiance oscillant entre Nosferatu (le refrain) et le clown triste de LACRIMOSA (le pont symphonique), « I’m Alive » à l’intensité accablante, « Bloodred Sails » aux envolées GAMMAriennes ou encore « Solemn Waters », avec des morceaux de RHAPSODY dans les orchestrations et d’autres de BLIND GUARDIAN dans les chœurs, jouent des coudes et agrippent leur content de lumière. La prod impeccable appuie l’ambiance qui plane sur « Silent Waters » : revendicatrice dans ses exhortations interprétées par David Akesson, fédératrice dans ses chœurs, mélancolique dans ses basses, nostalgique dans ses orchestrations. L’équilibre ne laisse aucune prise aux hésitations.

Alors oui, « Silent Waters » aurait pu constituer cet inoubliable moment de heavy. Car la gemme aux irisations aveuglantes qu’est « Through the Desert Storm » compte bien quelques comparses capables de l’épauler dans sa quête d’absolu. Si les mauvais titres désertent l’œuvre, on notera pourtant l’une ou l’autre de ces défaillances propres à la tirer vers le bas. Des enchaînements maladroits sur « You Betrayed Me » ou « The Dark Era », par exemple. Des cassures rompant maladroitement le charme, aussi (« I’m Alive »). Un titre en retrait, encore (« Leaving Solitude »). Tout cela sans que la médiocrité n’ait voix au chapitre, notez bien. Le sans-faute se refuse au présent, mais avec un tel album, l’avenir garde par devers lui des espoirs dont on reparlera peut-être. Je l’espère en tout cas, car MOONLIGHT AGONY, à mon humble avis, vient de sortir l’une de ces surprises qui s’approprient viscéralement le lourd fardeau d’insuffler à la scène heavy traditionnelle un nouvel élan.

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   BAST

 
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- Karl Landin (guitare)
- Martin Mellström (clavier)
- David Akesson (chant)
- Robert Willstedt (batterie)
- Christer « Zigge » Pedersen (basse)
- Rikard « Peson » Petersson (guitare)


1. Leaving Solitude
2. You Betrayed Me
3. Soulless
4. Through The Desert Storm
5. The Dark Era
6. I´m Alive
7. Room 101
8. Different Stories
9. Bloodred Sails
10. Solemn Waters



             



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