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TWILIGHT OPHERA - Descension (2007)
Par BAST le 10 Septembre 2007          Consultée 3079 fois

Après trois albums en demi-teinte, black finlandais tout juste tolérable et gavé au sein norvégien, TWILIGHT OPHERA ne se laisse pas démonter par la reconnaissance glissante et reprend pied sous nos yeux plissés d’expectative avec une œuvre à l’ambition aussi ronflante qu’attrayante. Car on ne lorgne plus la simple entité ayant accouché du pâlot « The End of Halcyon Age » (2003) mais une hydre à deux têtes (l’hydre est communément dotée d’au moins cinq têtes, pardon pour cette incartade au folklore). A ma gauche, TWILIGHT OPHERA, amputé de son second guitariste, Mikko Kaipainen. A ma droite, THE ORDER OF THE SANGUINE DIADEM, cercle éphémère rappelant les mouvements ésotériques du XIXème siècle et formé pour l’occasion de quelques noms de la scène finlandaise au rang desquels Janne « Suntio » Ojala (batterie) et Lord Heikkinen de GLOOMY GRIM, Henri « H.J » Villberg (chant) de DIABLERIE ou encore Karri Knuutilla (guitare et chant) de TACERE. Du beau monde. Ou pas. C’est comme vous voulez.

Avec « Descension », TWILIGHT OPHERA paraphe là son meilleur album. Passons sur ce nihilisme rebelliqueux ou cette quête de soi aux fulgurances à peine plus crédibles qu’une oie à foi gras gavée au tofu. En Finlande, on blâme l’existence pour si peu que la mort semble passer pour un défi d’ado quêtant l’omnipotente exaltation. Pourtant, au delà du concept émasculé de ses turgescences, la musique de TWILIGHT OPHERA réussit à communiquer à la chair l’affliction de l’éther au devant de la mise en abyme de ses sentiments les plus équivoques. L’opéra tragico-esthétique conté par les Finlandais met en scène des masques de cire bariolés aux expressions éternelles, énigmatiques, dictant au temps une tournure inédite. Sur « Hollow Movements Of Flesh », l’âme en effroi palpe la dramaturgie tandis qu’elle s’ébroue avec la soudaineté angoissante de la pénitence due. Les froids trompeusement amiables de « Born Of Brimstone Womb » figent l’élan d’un espoir célébré qui ne dure que le temps de sa conception, tandis que les émotions s’embrasent de la vindicte saturnienne déclamée par « Sulphur spiral ». Par à coups de dissonances merveilleusement maîtrisées, le spectacle s’achève sur « Silhouettes Of Paradox Craft », aliénations en pagaille, paradigme de la copulation délétère du laid et du beau.

« Descension » frime l’opulence de son opéra black. Le tempo à géométrie variable, les élancements jetés alentours, la raucité d’un chant insondable puis la clarté d’un autre mieux palpable, l’odeur azotée de l’électricité crachotante, la rythmiques aux à-coups psalmodiés se conjuguent pour conclure un black metal diversifié, ombelliforme, que cent doigts au pinacle de leur habilité ne sauraient empoigner. Avec cette œuvre à plusieurs voix, cet orchestre sardonique, les Finlandais émancipent leurs compos, jouent aux grands, le temps d’une heure bien tassée. On y croit, prédisposé à se laisser corrompre par ces mélodies délayées à l’encre de Chine. L’œuvre achevée, l’hésitation de remettre le couvert n’aura pas le loisir d’atermoyer une convoitise intacte. On comprend que l’on a eu les oreilles troublées par une œuvre unique et non simplement mystifiées par un concept inique. C’est beau comme un bonbon au palpé caoutchouteux, bon comme un bobo abandonné au creux de l’ornière d’un claquement de cuir. Gardons nous pourtant de l’erreur qui nous tend ses lanières (de cuir ou de caoutchouc selon la rondeur de vos pécunes). TWILIGHT OPHERA n’adopte pas les formes d’une nouvelle pierre de rosette des écritures mortifères. Non. D’autres, hérités des Normands qui ne plaisantaient pas avec le bois des bâtiments crucifères, les ont mieux cernées.

Quoi qu’il en soit, TWILIGHT OPHERA ressuscite le black emphatique et sérénissime d’un GRAVEWORM du temps de ses malices, peut-être aussi l’organique d’un ANOREXIA NERVOSA. Avec des moyens herculéens et un génie créatif insoupçonnable. Accélérations soudaines, virages torsadés, coups de frein à en baver son dentier. Le temps de remettre sa mèche rebelle en place et c’est reparti pour un tour de black symphonique d’enfant gâté par un héritage copieusement révérencieux. Une petite perle dans un écrin de noirceur délicate.

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   BAST

 
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- Mikko Häkkinen (chant)
- Toni Näykki (guitare)
- Timo Puranen (clavier)


1. Charagma
2. Hollow Movements Of Flesh
3. Suicide Harlequin
4. Mirage Of Moira
5. Born Of Brimstone Womb
6. Sulphur Spiral
7. Sanguine Diadem
8. Wraith Reveries
9. Syn
10. Silhouettes Of Paradox Craft



             



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