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METAL SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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The DOGMA - A Good Day To Die (2007)
Par BAST le 17 Août 2007          Consultée 2547 fois
THE DOGMA exsude des relents cuivrés de mandragore, cette plante à laquelle les légendes médiévales prêtaient des propriétés fantastiques, au premier rang desquelles son éclosion à proximité des gibets, des places de supplice ou des charniers. Comme elle, THE DOGMA plonge ses racines dans une terre endeuillée, porteuse de mort, alignements de gisants enserrés de granite équarri. Car THE DOGMA est né d’une rencontre surprenante, dans un cimetière, au cours d’une cérémonie funéraire. Et le caractère de cette rencontre semble avoir fortement imprégné les italiens, dont le heavy metal fait du trépas l’un de ses sujets de prédilection. Témoin en est le titre de ce second album.
Une fois les éléments replacés dans leur contexte, on discernera rapidement l’allure bon-enfant de cette sinistrose proclamée par THE DOGMA. Pour jeter un pont entre les italiens et la scène funeral doom - histoire de grossir exagérément le trait, on pourrait mentionner que THE DOGMA emprunte à cette dernière une partie de sa substance constituante puis l’articule autour de compos heavy plutôt léchées. Un emprunt effectué du bout des doigts, avec la préciosité d’un enfant à qui l’on aurait défendu de se salir. Une matière létale préalablement éclaircie, adoucie, délayée puis réajustée. La souillure, la dégénérescence ou l’essence mortifère en ont pris un coup. THE DOGMA, c’est un peu la manifestation d’un metal gothique bobo.

Après avoir charmé le petit monde du heavy underground grâce à un album personnel et rafraîchissant ("Black Roses"), THE DOGMA persévère et nous propose un successeur encore plus fignolé. La toile reste la même, maillage de fibres power adroitement tressées par une tisseuse férue de hard FM (« In The Name Of Rock », un titre composé durant la tournée de THE DOGMA avec LORDI). Constat identique pour les couleurs apposées, THE DOGMA a ressorti sa palette de l’année dernière : guitares tranchantes (« Ridin’ The Dark »), chant rauque et parfois caressant à la Peavy Wagner (« A Good Day To Die »), orchestrations aussi tonitruantes que peu envahissantes (« She Falls On The Grave », « Bullet In My Soul »), chœurs d’opéra (« Back From Hell ») ou encore ambiances délétères (« The Beginning Of The End », « Christine Closed Her Eyes »). En fait, c’est au niveau du coup de pinceau qu’on sent une évolution de la part de THE DOGMA. La main n’a pas forcément gagné en habilité, c’est juste qu’elle sait mieux choisir ses trajectoires avant de rompre son mouvement sur la toile. La force de l’expérience.

Pour autant, la surprise « Black Roses » ne trouve pas le successeur escompté. Car « A Good Day To Die », aussi bon et habile soit-il, se fait coordinateur des mêmes idées. « Black Roses » avait investi les bacs du rayon frais de votre disquaire, vous dénicherez « A Good Day To Die » au rayon des produits réchauffés. A défaut d’évolutions ou d’idées nouvelles, il restait un second aspect au regard duquel THE DOGMA pouvait distancer son premier effort : l’accroche. Parfois hésitante sur « Black roses », elle ne manifeste pas une assiduité plus consistante aujourd’hui. Alors oui, THE DOGMA nous sert quelques très bons morceaux, seulement, le ratio face aux titres moins marquants n’évolue pas d’un iota. Ce n’est donc pas en 2007 que les italiens passeront ce palier essentiel qui semblait pourtant largement à leur portée. En tout cas, j’attendais mieux de la part d’une formation qui avait démontré un potentiel à mettre un coup de balai dans la scène italienne rongée de l’intérieure par sa suffisance.
Passé ce constat, je me dois de préciser que les titres forts sont heureusement bien présents. A commencer par l’excellent hit « A Good Day To Die », aussi simple qu’accrocheur. Puis le léger « In The Name Of Rock » bourré de feeling, le symphonique « She Falls On The Grave », l’entrainant « Back From Hell » porté par un refrain judicieux et des chœurs à la THERION, « Ridin’ The Dark » et ses saveurs FM ou encore l’émouvant « Christine Closed Her Eyes », composé en souvenir d’une fan de DOGMA qui s’est suicidée il y a peu. Le reste se montre trop inégal, alternant de bons passages et d’autres plus poussifs pour un résultat à l’accroche chevrotante. THE DOGMA souhaitait gâter ses fans en bourrant son second album de 13 titres, il aurait tout aussi bien pu s’abstenir et se contenter d’une dizaine satisfaisante. Car « In The Name Of Rock » et ses mélodies téléphonées ou l’emprunté « Bitches Street » au refrain maladroit sont par exemple de trop.

Le premier essai avait permis à THE DOGMA de prendre place dans le peloton des formations italiennes intéressantes. L’objet de cette chronique lui permet de doubler quelques adversaires et de prendre la roue de quelques autres. J’estime pourtant la progression insuffisante au regard du potentiel des transalpins, tant au niveau du talent de composition démontré régulièrement que de l’exploitation d’un thème bien maitrisé. Un album bon, mais qui ne satisfait pas assez aux attentes. Une certaine déception, donc.
Enracinée dans un socle solide et convaincant, THE DOGMA a lancé ses premières tiges harmonieusement. Est venu le moment où quelques coups de sécateur auraient permis de ne pas laisser à cette harmonie le loisir de se suffire à elle-même. THE DOGMA serait donc condamné à grandir le long du même tuteur que DIVINEFIRE, la formation suédoise au style si personnel qu’il en devient à chaque album une redite de lui-même ? La suite devra attester une envie d’aller de l’avant mieux palpable plutôt que cette impression énervante d’exploiter jusqu’au dernier électron un univers musical judicieusement agencé.




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- Daniele Santori (chant)
- Cosimo Binetti (guitare)
- Steve Vawamas (basse)
- Stefano Smeriglio (clavier)
- Marco Bianchella (batterie)


1. The Beginning Of The End
2. A Good Day To Die
3. In The Name Of Rock
4. Bitches Street
5. She Falls On The Grave
6. I Hate Your Love
7. Autumn Tears
8. Ridin´ The Dark
9. Angel In Cage
10. Back From Hell
11. Feel My Pain
12. Bullet In My Soul
13. Christine Closed Her Eyes



             



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