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CLAWFINGER - Life Will Kill You (2007)
Par POSSOPO le 6 Août 2007          Consultée 4183 fois

S'intéresser à nouveau à un groupe qui nous avait fait passer de beaux moments avant de l'oublier pour diverses raisons, c'est comme reprendre contact avec un ami. On peut tout imaginer d'une telle rencontre, qui dépendra de l'importance à nos yeux de la personne, des sentiments que nous lui portions et des instants vécus ensemble. Qui dépendra également du temps passé loin l'un de l'autre, des événements qui ont alimenté la vie de chacun.
Situons le contexte avec précision : CLAWFINGER, pour moi, c'est Deaf, Dumb, Blind, un disque qui m'a bercé tout le long de l'année 1993 après l'avoir découvert et vu se faire huer son géniteur à Paris en première partie d'un concert d'ANTHRAX, le même ANTHRAX qui a tourné avec PUBLIC ENEMY. Oui, le public metal adolescent est souvent débile, oui, CLAWFINGER fait bien du rap metal. Deaf, Dumb, Blind venait après un certain Rage Against The Machine, tout le monde y aura compris l'opportunisme de ce nouveau groupe suédois, les autres fondaient sous le talent d'un orchestre à personnalité. Des guitares massives, et mille fois moins expérimentales que celle triturée par Tom Morello, un chant viril (et un chanteur à présence), un savoir-faire rythmique et des samples au clavier qui éloignent définitivement le spectre RAGE AGAINST THE MACHINE, entité tellement fière de bricoler son schmilblick sonore sans aucune aide électronique.
Puis il y eut Use Your Brain et l'évaporation tragique de toute inspiration. Bourrin, un échec ! Et Clawfinger, l'étrange. Etrange car le disque a longtemps tourné sur mon lecteur, un nouveau sens de la mélodie, une facilité d'écoute remarquable, quelques véritables tubes. Puis plus rien, l'album s'est laissé oublier, le groupe avec. Et je recentrais mes goûts en matière de metal pour mieux me diversifier par ailleurs. De son côté, CLAWFINGER a enquillé trois nouveaux albums, dont je viens carrément de découvrir les pochettes et dont les sons me seront encore longtemps inconnus.
Alors, ces retrouvailles ?

Pas d'état d'âme ni de stress à avoir, je me retrouve face à une rondelle plastique, je vous passe donc les détails de ma préparation psychologique qui, aussi intense aurait-elle pu être pour un rendez-vous fait de chair et d'os, se résume ici à presque rien.
Ouf de soulagement pourtant ! Zak Tell est encore là, le charismatique frontman. Mais avant, un violoncelle (devenu instrument quasi fétiche des groupes de metal), puis ces guitares toujours tranchantes et un clavier inventif. C'est déjà une évidence, ce nouveau disque se rapproche plus du troisième album que du premier (dommage ?) ou du second (Dieu merci !). Radio orienté, tout cela.
La confrontation n'est pas désagréable, la mémoire est en éveil. Mais qu'avons-nous véritablement à nous dire ? Enfin, qu'a véritablement à me dire CLAWFINGER en 2007 ? Après tout, je ne suis là qu'en auditeur actif, mais nullement influent sur le discours proposé.

Je le répète, je ne sais rien des trois dernières galettes (et je ne suis pas le seul), mais je me demande bien ce qu'il a pu se passer d'intéressant chez nos Suédois depuis 1997 et Clawfinger ? On me souffle une tentation très électronique, puis un retour violent à l'envoyeur, quelques mutations en matière de riffs …

CLAWFINGER en 2007, donc (enfin !) :
Passé le quart d'heure nostalgique et une excitation furtive, on redécouvre ce vieux compagnon d'aventures auditives comme il était. Le vêtement a peu changé, la production s'est étoffée de quelques détails, de trouvailles industrialistes infimes mais le fond reste le même. L'embonpoint qu'on lui connaissait en 1993 n'a fait que s'amplifier et ses poignées d'amour ne séduisent plus. Le caractère pataud de l'écriture n'a fait que grossir avec l'âge. Et l'ami n'a à l'évidence plus rien à raconter (et pour cause, il n'a apparemment pas vécu grand-chose en dix ans). A tourner en rond autour des mêmes gimmicks, le fantôme de l'ennui gagne bien vite les caractères les moins sujets à lassitude. Extirpons "Little Baby", petite comptine qui termine en trombe, ainsi que les refrains de "The Price We Pay" ou "Final Stand" qui sentent la FM correcte et nous voilà avec une œuvre à la dimension nulle, un produit immédiatement consommable et jetable après deux, trois utilisations.

Tristes retrouvailles inutiles avec un ami qui n'a jamais été si proche que cela et qui n'en est plus un du tout. L'affect est brisé, au revoir, on ne se verra certainement peut-être jamais plus.

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1. The Price We Pay
2. Life Will Kill You
3. Prisoners
4. Final Stand
5. None The Wiser
6. Little Baby
7. The Cure And The Prison
8. Where Can We Go From Here
9. It's Your Life
10. Falling
11. Carnivore



             



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