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DOOM METAL  |  STUDIO

Lexique doom metal
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- Style : Aarni

UMBRA NIHIL - Gnoia (2005)
Par MOX le 7 Avril 2007          Consultée 2729 fois

Plus idiot encore que la déjà très idiote congrégation « Circle of True Doom » (c’est beau, les combats) instaurée par REVEREND BIZARRE, le groupe très réduit du « Square of Untrue Doom » (notez l’analogie) imaginé par Markus Marjomaa. Seul maître à bord de l’O.V.N.I. AARNI (les musiciens crédités sont tous des lapins sortis de « Donnie Darko »), le personnage et sa musique est un pied de nez aux défenseurs du « vrai », du « metal » qui ne doit pas perdre de vue ses racines. Revoici le gusse -cette fois-ci accompagné- derrière cet autre projet, Umbra Nihil, dont le premier album est quasiment passé inaperçu. Chose étrange : il est plus récent que le « Bathos » d’AARNI, et lui ressemble pourtant tellement…
L’heure est à nouveau à l’ouverture d’esprit, tant tout y paraît synthétique. Aficionados d’un vrai rendu électrique, fuyez cette tentative comme la peste.

Guitares molles à la saturation proprette, pitoyable son de batterie MIDI, basse sans goût, quel plaisir de vous revoir ! Il semblerait même que votre concept soit encore plus poussé que pour AARNI, si bien qu’ici, l’envie de l’écoute passe inévitablement par l’acceptation de vos instruments fragiles au rendu si chiche. Il en va de même pour le chant, sorte de gargarisme faiblard très loin de tous les maîtres en la matière mais qui évite l’échec cuisant grâce à la mise en relation avec la musique, étrange. En effet, ce chant est étrange, certainement pas menaçant car légèrement caché, presque murmuré.
Et la musique l’est aussi, donc. De nouveau, personne n’a utilisé ce manque de jeu organique pour réaliser des sons perçants ou des atmosphères ultra-lugubres. Bien au contraire ! Le seul effet remarquable est la réverb’ imposante qui achève d’éloigner l’ensemble. L’écoute se fait rassuré(e), simplement interrogé(e) par ce concert inaccessible qui résonnerait doucement dans la tête. Sensation tout à fait applicable au cas AARNI, au cas où l’on en doute…

Là où les deux divergent, c’est sur la prise de risque. AARNI (Ni ! Ni ! « Nou ! » « No no, it’s Ni ! ») vagabondait entre les genres et n’hésitait jamais à balancer des plans farfelus dont la moitié n’était pas réussis. « Gnoia » en abrite beaucoup moins (on conserve et on retrouve avec plaisir ces conclusions un peu psychédéliques), et s’évertue à présenter des mélodies plus noires, plus classiques pour le genre. Quel genre ? Doom, bien entendu. Un doom à la lenteur relative, très loin de l’extrémisme (minimalisme, souvent) actuel, tout juste bonne à boire tranquillement une gorgée entre deux tapes des pieds. Un doom calme et reposant, quoique étrange certes, et qui s’apprécie de ce fait tellement bien une chaude nuit d’été, enveloppante et énigmatique.
Le jeu des guitares, riche et varié, guide cette sensation pendant toute l’heure, laissant que peu d’occasions à l’auditeur de revenir à ses esprits. Elles communiquent sans difficulté, passent sans anicroche de moments plus lourds à ceux quasi-atmosphériques, et s’octroient même une pause solo particulièrement réussie et hautement mélancolique (« Nocturnal Occurrences », « Gnoia »). Fluidité dans les variations assez exceptionnelle, répétée morceau après morceau, et dont le souci de la mélodie en est le principal surveillant.

Si Umbra Nihil ne tarit pas de détails nourrissant ce voyage, l’essence même du concept finit par jouer contre lui lorsqu’on attend de certains riffs, particulièrement poignants, une « puissance » toute légitime pour les accompagner. On se heurte à ce moment à un mur de beurre qui choit sans peine… Tintin pour les montées en puissance…Le son a été entièrement nivelé (je ne dis pas mal mixé) mais rien n’est mis en valeur. Il est alors très frustrant de ronger son frein et de s’inventer l’à-coup de guitare fatal. Vient immédiatement le deuxième défaut que, malgré tout mon travail, je n’ai pas su complètement écarter. Umbra Nihil, comme AARNI, bon Dieu qu’est-ce que c’est cheap…Quelle gigantesque gageure (et foutage de gueule, avouons-le) que de s’essayer au doom artificiel, et ce sans l’aide de claviers (ou si peu) !

Pour autant, l’album est réussi. Intéressant d’un bout à l’autre, renouvelé à chaque titre, prenant. Les guitares si feutrées parviennent, avec respect de la sainte lenteur, aussi bien à créer un passage « metal » qu’à partir en constructions mélodiques tristes. Réchauffé l’heure entière, l’observation du ciel étoilé estival est un délice.

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- Mm (guitares)
- Vv (guitares, batterie, chant, flû)
- Jk (basse)


1. Nocturnal Occurrences
2. Fear Of The Void
3. Gnoia
4. Shields Down
5. Words Left Unspoken
6. The Dreams In The Witch-house
7. Fade Out



             



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