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METHADRONE - Retrogression (2005)
Par MOX le 8 Novembre 2006          Consultée 1394 fois

Tandis que je cherche comment j’ai découvert ce groupe (pub à la télé, flyer en sortie de boîte, échantillon gratuit de musique chez mon esthéticienne, j’hésite…), je pars à la recherche d’une habile pirouette pour allécher le chaland, l’inviter à jeter une oreille sur ce concept un peu particulier sans qu’il ne se focalise sur la note que je lui ai donnée qui, quoique ça ne vaille pas plus à mes yeux, ne rend pas réellement honneur à l’idée. Et encore, je suppose que cette idée n’a rien de neuf et qu’elle a été empruntée par une centaine de groupes, je crois d’ailleurs avoir quelques noms sur les lèvres mais je préfère me taire plutôt que de ne laisser aucun doute sur mon ignorance. Toujours est-il que de mon côté, j’entends ça pour la première fois. Methadrone (subtil jeu de mots entre la méthadone, dont on connaît les propriétés analgésiques, et le mouvement musical drone) ne s’encombre d’aucune guitare, et laisse deux basses faire tout le boulot.

Une rythmique et une soliste, schéma classique en fait et que l’on retrouve, bien qu’un peu biaisé, le long de ce « Retrogression ». Pour l’anecdote, l’un des deux bassistes est un ancien d’INCANTATION (Craig Pillard qui joua entre autres sur le malsain « Mortal Throne of Nazarene »). Absolument rien à voir avec ce groupe de brutal death ! Methadrone explore des registres beaucoup plus abstraits, en mélangeant musique ambiante, drone et industrielle, cette dernière étant ralentie pour l’occasion. Pas de chant, aucun texte et une batterie synthétique simplifiée jouée dans la fosse des Mariannes. 11km sous le niveau de la mer, noyade du son sous…je ne sais pas vraiment…un boucan robotique omniprésent et potent, construit par les deux basses.

Comment diable font-ils pour produire ce son avec des basses ? Evidemment, la musique paraît tellement peu organique qu’il y a un travail sur ordinateur derrière, c’est pas possible autrement. Aucune des deux basses jouées n’est comparable à une basse classique, même la rythmique, pourtant particulièrement grave, s’en éloigne. Elle bâtit au contraire une toile de fond vibrante, en l’alimentant de notes ultra-saturées qui résonnent pendant plusieurs secondes et comblent tout le vide de la pièce. Puis, s’agrège là-dessus la soliste, plus aiguë, stridente même (c’est une basse, ça ??), jouant des notes plus raisonnables qui fondent un simili-riff tout aussi vibrant et inorganique.

Mais l’ensemble est loin d’être hermétique, et nul besoin de porter un bagage musical dans le genre. Methadrone n’est pas compliqué, seul le travail sur le son, la façon dont ils déforment les tonalités pour leur donner des atmosphères vaporeuses, spatiales ou parallèlement menaçantes et apocalyptiques est déroutant. Et c’est ici que les Athéniens s’atteignirent (et les Satrapes s'attrapèrent...). Methadrone peine à installer l’ambiance, les compositions sont courtes et très très statiques. Une fois progressivement édifié le principal accord, Methadrone enclenche le pilotage automatique jusqu’au bout. Tintin pour les breaks et pour les plus minimes variations ! Je suis persuadé que si le groupe laissait les titres s’étaler, répétant de longues minutes ces mêmes accords avant d’évoluer calmement, il aurait été plus pertinent. A fortiori lorsque le tempo est aussi lent. Cette même impression d’avant-goût détestable que l’on maudit pendant les pré-écoutes d’albums à la FNOUC.

Enfin, « Retrogression » n’est pas exempt de défauts. Certains sons peuvent s’avérer poignants et l’ambiance prendre très vite à la gorge; tandis que d’autres s’échinent à être intéressants en construisant une rythmique indus particulièrement bateau. Et n’oublions pas les quasi-identiques premier et dernier morceaux…

Une petite information pour conclure. Le CD ne fait vraiment pas sérieux, slim/CD-R tout mal gravé (obligé de télécharger les mp3 des pistes qui ne passent pas) et livret inutile. Il existe une version DVD avec les clips (??) de certains titres. Si votre grand-mère vient de mourir, c’est le moment de saborder l’héritage…

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- Craig Pillard (basse, programmation)
- Randy Stokes (basse)


1. Emotionless
2. Retrogression
3. Despondency
4. Ebullient Drift
5. Impurify
6. Transient Release
7. Of Less Emotion



             



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