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2002 Rampton

TEETH OF LIONS RULE THE DIVINE - Rampton (2002)
Par MOX le 30 Septembre 2006          Consultée 1885 fois

Quand vibrent les cordes, quand leur oscillation ininterrompue et douloureuse ébranle à faible volume les tympans et à haut volume les murs, on cherche à s’agripper à un élément commun, classique, histoire d’affronter tel déferlement plus facilement. Cette recherche n’aboutit pas toujours, et à cause de ce vide musical apparent et sans repères, on ne saisit ni l’intérêt ni l’effet. Alors que tel cas est applicable à l’entité SUNN O))), son esprit musical est aussi transposé ailleurs, là où la batterie et le chant existent, là où il est plus simple d’apprécier ses bizarreries. Teeth of Lions Rule the Divine (nommé d’après la seconde piste de l’album « 2 » d’EARTH) est un de ces projets -pressés- de drone/doom, quarteron de musiciens reconnus : Lee Dorian (plus besoin de le présenter), Stephen O’Malley et Greg Anderson (SUNN O))) pour faire vite), et Justin Greaves (ELECTRIC WIZARD) ; dont le fruit a, et l’on verra pourquoi, le physique de l’emploi.

L’ambiance n’est pas enfumée, et quoiqu’elle décrive la longue descente d’un pauvre hère chopant tout ce qu’on lui propose, n’est pas une ode à la consommation. Le titre « He Who Accepts all that is Offered » est à ce propos gratifié d’un “Feel Bad Hit of the Winter” probablement comme clin d’oeil au “Feel Good Hit of the Summer” des QUEENS OF THE STONE AGE, sur lequel diverses substances illicites sont énumérées.
L’ambiance est malade surtout. Le son volontairement affreux : étouffé, ultra-grave, crade ; mais d’où sort étonnamment victorieux une batterie géniale, aussi rêche que dans un vieux doom/death, et qui monopolise les six premières minutes de l’album sous forme d’un solo désarticulé et absurde. Une mise en bouche pertinente, en disant long sur l’état général du quartette. Lee Dorian est agonisant, son chant s’apparente à un hurlement brouillé et noyé dans les vibrations continues des cordes d’ O’Malley qui renvoient à celles de SUNN O))), mêmes accords aux fréquences les plus basses audibles, mêmes notes qui s’autodétruisent dans un fracas jouissif, crissements et grincements responsables.

Une demi-heure imbibée et souffrante que ce premier titre, jouant aussi bien sur le terrain de la montée en puissance que sur celui de la répétitivité. Rythme accablant et riffs balourds bourdonnant dans tous les sens, Teeth of Lions Rule the Divine est un doom boueux mais simple, remué par le chant et la batterie pesante.

La suite s’aventure davantage en terres drone, le chant s’y cache encore mieux, la guitare prend ses aises, d’où les riffs géniaux s’extirpent, se suivent semblables entre eux, ad nauseam. Elle laisse se propager les ondes sonores, à grand renfort de grattage de cordes. Pourtant, les mélodies sont minuscules, je dirais même unes et indivisibles. Il n’y a rien d’autre, un riff et un seul, dont le dernier accord est un parfait point d’orgue à cette sensation dérangeante : voir quatre dégénérés un peu lents du bulbe s’exciter à leur façon. Telle sensation prend ponctuellement des allures de terreur lorsqu’une sorte de clavier apparaît sur « The Smiler » pour épauler les riffs dont le lien de parenté avec SUNN O))) et même KHANATE est évident. Je suis d’ailleurs certain de les avoir intégralement entendus, sans que je puisse toutefois citer le titre exact d’où ils sont issus. Mais c’est, d’une certaine manière, comme une marque de fabrique O’Malley.

A propos, en grossissant le trait, le chant de Dorian est à rapprocher de celui d’Alan Dubin de KHANATE, car même si ce dernier crie plus que de raison, cette voix rauque joue sur le côté timbré du personnage qui est aussi celui de Dorian sur ce « Rampton ». La comparaison s’arrêtera là puisque Teeth of Lions Rule the Divine est plus linéaire. En effet, si l’on tente de rapprocher ces deux groupes -musicalement- de SUNN O))), KHANATE en est le penchant le plus douloureux, et Teeth[…] le plus classique et le plus accessible. Mais je rappelle, histoire de garder certaines proportions, que cette congrégation n’en est pas plus saine d’esprit.

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- Lee Dorrian (chant)
- Justin Greaves (batterie)
- Greg Anderson (basse)
- Stephen O'malley (guitares)


1. He Who Accepts All That Is Offered
2. New Pants & Shirt
3. The Smiler



             



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