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METAL EXTRêME éPIQUE  |  STUDIO

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ARTEFACT - Magic Spellcraft (2006)
Par JULIEN le 10 Avril 2006          Consultée 7882 fois

C’est un soleil gorgé de sang qui dévale la pente du ciel et toise une dernière fois la plaine où s’achemine le guerrier, les traits mangés par la réussite de sa première estocade. Celle qui donnerait son intitulé à ce nouveau recueil d’aventure Heavy Black Death baignant dans le "fantastique", univers de sang, de valeurs… et de magie. Ouverture éponyme précisant l’ambition du guerrier, "Magic Spellcraft" écarte le brouillard offusquant la nouvelle musculature d’ARTEFACT : Heavy sans aucun doute, mais portée au rougeoiement d’un Metal chauffé d’extrême, habillé de claviers majestueux et servie d’une captivante accalmie, la légion étant commandée par un gosier maniant le marteau du Death et le glaive du Black. Cet extrême-là, à la manière d’un OPETH d’une certaine façon, puise avec sagacité dans l’acoustique, la complexité des rythmiques, le travail sur les nombreux changements de rythmes pour mieux enivrer l’adversaire et le séduire.

Et c’est d’un monde de violence médiévale que s’origine ce nouveau périple, nous amenant tout droit à la contemplation d’une fresque néolithique… tapis d’images où la puissance des guitares, les riffs héroïques, la batterie riche et indomptable, et la beauté de choeurs solennels « arcturusiens » croise le fer avec des claviers subtilement dosés et n’alourdissant jamais le propos. Et quand survient la flûte et les claviers embellissant l'oasis acoustique envoûtant et central de ce "Neolithic Era", la richesse du parcours engagé (et si peu arpenté depuis les grandes heures d’ABIGOR) prend toute son ampleur. Laquelle n’aura pas échappé à la "Blizzard Dwarf Army", monstrueuse ode triomphante ensorcelant le guerrier et lui offrant l’écrin de la conquête : Quand le Metal épique, l’authenticité des vents médiévaux et la brutalité d’un tremblement Death raffiné résonnent sur le champ de bataille, c’est le vent qui, relayant les cornemuses, se charge de répercuter les notes vibrantes d’une victoire déjà promise au terme d’un final irrésistible.

Pour cela toutefois, et faisant suite à ces vingt cinq premières minutes dantesques, il faudra d’abord au guerrier affronter les flancs brûlants de la montagne du destin, "Mount Doom", dont l’épiderme rocheux aux pores emplis de lave soumettra sa témérité à rude épreuve... mais la marche écrasante de détermination et les martèlements rythmés Heavy Death flamboyants évoquant les frères MANOWAR et AMON AMARTH, ne manqueront pas de carboniser l’étendard des faibles. Et faible, ARTEFACT ne l’est pas… Pourtant, même les braves ont besoin d’un peu de repos, et la forêt sait comment cicatriser les plaies béantes du combattant harassé. Méditant sur l’autel séculaire planté en son cœur, il y trouvera refuge jusqu’à ce que le matin chasse la nuit… et attise férocement les ambitions du guerrier, sillonnant le labyrinthe végétal abritant un vieux château.

Un lieu imposant que ce "Castle (The Underground Galleries)", et qui connut bien des épopées, hantées par la sombre jeunesse barbare de BAL SAGOTH, à l'époque où le sang trouvait encore plaisir à enduire son épée. Impavide, le guerrier pénètre la citadelle tandis que s'élèvent un clocher fantôme et quelques orgues. La visite des galeries souterraines lui emplit les oreilles d’un cor de guerre : Celui dont la massivité des rythmiques dépeint le Death pour mieux consolider une charpente Heavy barbare. Sans oublier ce break sombre, pesant et symphonique perçant l’épaisseur des murs… Entaille de mystère murmurant qu’à descendre dans les galeries souterraines de l’édifice, il n’en faut pas moins considérer les hautes strates et arpenter les couloirs d’une bâtisse aux milles secrets.

Et gravissant les marches du bâtiment, le guerrier s’éprend des hautes tours de pierre déchirant les cimes sylvestres. Par delà cette creusée dans le pierre, surplombant la communauté des végétaux alentours, un nouvel horizon s’offre au guerrier, celui d’"High Landscape Travel". Et débute un voyage éthéré si prenant que la gorge en vient à tarir ses vocalises pour laisser à la grâce aérienne des guitares, aux voiles du clavier et à la cavalcade de la batterie, le soin d’en référer aux particules de l’atmosphère... et délicatement dresser la pente d’hydrogène et d’oxygène qui le fera rêver des astres... et d’"Hyperion". Déstabilisante "Hyperion", d’où toute touche médiévale se trouve bannie, nous révélant une autre nature : Brutale et escarpée, d’une rudesse presque étonnante, bien que glacée de fins arrangements spatiaux. Et dissimulant un noyau réjouissant, où les arêtes rocheuses se muent en velouté jazzy halluciné... les spectres d'ATHEIST et CYNIC y ont-ils élu résidence ? Etrange visite céleste quoi qu’il en soit, et notre guerrier n’y marque qu’une brève étape, avant de rejoindre son univers de Metal, de fer et de magie... et sonner la brève charge finale d’un hymne majestueux, "Eerie Anthem". Les instruments s’y gonflent de bravoure, convoquant ces guitares dont l’épaisseur n’a eu de cesse de traiter avec l’intelligence des claviers épiques, et des rythmiques enfantées d’une forge pactisant avec le Heavy. Serait-ce le sceau de cette éblouissante aventure ? Non !

ARTEFACT refuse de nous quitter de la sorte, au terme de ce voyage en ces contrées Heroïc Fantasy tonnant de vigueur belliqueuse et d’emphase glorieuse. Et comme pour mieux nous rappeler que ce deuxième chapitre, consigné dans un superbe artwork et très bien enregistré, ne traite que de « fantastique », c’est toujours à notre antre rêveuse qu’ARTEFACT adresse son appel final, dissimulé dans le fourreau Dvd qui bat sa hanche… Une surprise que je vous laisse découvrir, en me délestant d’un petit indice : Il y est question d’un hommage métallisé à trois héros légendaires, que nous avons tous pu incarner sur les écrans…

Ainsi donc, elle aura duré près d’une heure, l’épopée de ce fier combattant à la personnalité originale et déjà affirmée… bien assez longtemps pour me convaincre de la chose suivante : Avec ARTEFACT, la France possède largement de quoi revendiquer sa place au sein de l’élite métallique. Et ce « Magic Spellcraft » confirme les énormes espoirs déjà placés en cette formation. Alors, que claque valeureusement sa bannière ! Et que les vents en transmettent la clameur bien au-delà de nos frontières !

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   JULIEN

 
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- Runenlyd (chant)
- Aldebaran (guitare,choeurs,claviers)
- Alucard (guitare)
- Alexis (basse,flûte)
- Ranko (batterie)


1. Magic Spellcraft
2. Neolithic Era
3. Blizzard Dwarf Army
4. Mount Doom
5. Altar Of Nocturnal Forest
6. Castle (the Underground Galleries)
7. High Landscape Travel
8. Hyperion
9. Eerie Anthem

- dvd - Rom
1. Bonus Track Mystère...
2. Son Of Solstice (live Au Wacken 2004)



             



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