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DEATH BY STEREO - Death For Life (2005)
Par BAAZBAAZ le 27 Septembre 2005          Consultée 1063 fois
Le vrai problème de Death by Stereo, c'est son chanteur. Musicalement, sinon, le groupe se défend. Surtout lorsque les passages metal prennent franchement le dessus, comme c'est le cas pour la toute dernière chanson du disque, assez réussie : « This is not the End ».
On s'aperçoit alors que le punk hardcore outrancier du groupe – tendance screamo – pourrait facilement se muer, avec juste un petit effort, en un metal dynamique et accrocheur saupoudré de thrash, la tête haute sous le feu croisé des guitares.

C'est le point fort du groupe. Des influences métalliques particulièrement prononcées, Des riffs bien construits et lâchés en rafales, la vitesse d'exécution, la rage en acier. Mais l'on sent aussi que cette musique n'en est encore qu'au milieu du guet. En balance, hésitante.
Et pour que le groupe passe du bon côté de la barrière et affine les influences heavy de son metalcore, il faudra peut-être revoir le cas Efrem Shulz.
Attention : quand il hurle, rugit et s'étrangle, se rompt les cordes vocales dans son registre de prédilection, il faut lui reconnaître une conviction et une énergie de tous les instants. Mais ça, des centaines de groupes américains le servent froid, tiède ou réchauffé depuis déjà longtemps. Et Death by Stereo ne marque pas ses points les plus décisifs en direction du hardcore.

Non, c'est quand l'album avance en territoire metal que sa musique gagne en densité. Ce soupçon de riffs plombés, après tout, est ce qui sauve actuellement une partie de la scène punk ou emo du naufrage. Et dans ce cas précis, on admettra que le groupe enchaîne sans broncher les rythmiques carrées, déchaîne gentiment la batterie et pousse avec une certaine vigueur un tempo épais et brutal.
Le metal est juste derrière la porte.

Mais tout se complique sur un point crucial : la voix claire.
Car forcément, qui dit metalcore et crédibilité heavy/speed dit alternance de vocaux sauvages et de lignes plus claires et mélodiques. Souvent, ces dernières ne sont pas à la hauteur. Un peu forcées, un peu chancelantes, avec cette tonalité poussive et limitée qui laisse entrevoir les limites du chanteur.
Chez Death by Stereo, c'est radical. Une terreur. Un chant qui rappelle les premières tentatives ratées de tout apprenti ténor dans un groupe de hard rock fasciné – c'est normal – par Iron Maiden. Chaque morceau où est poussée la chansonnette mélodique prend le risque d'être immédiatement gâché, détourné de sa fougue initiale vers la parodie.
C'est à peine exagéré. Sur « I Give my Life », ou sur « Entombed we Collide », la voix claire n'est pas si désagréable. Tous les membres du groupe vont dans la même direction : vers un hardcore mélodique et enlevé, toutes guitares dehors, couplets efficaces dos à dos contre refrains entêtants. Mais dans la plupart des cas, le chant déraille dès qu'il s'écarte de la route rugueuse et gutturale qui lui va si bien.
Une preuve ? Un morceau comme « Forget Regret » et sa grosse voix plaintive, mauvais décalque d'un Bruce Dickinson à moitié aphone. Une autre preuve ? Malgré tout son attrait métallique, ses « oh oh oh » esquissés au bon moment, « This Curse of Days » pâtit également d'aléas vocaux surjoués et excessifs. Même chose pour ce qui pourrait être une power ballade honnête, « Forever and a Day », si le chant était mieux maîtrisé.
Pourtant le hurleur de service possède un vrai potentiel. Lorsqu'il se tient à la limite, notamment : à la frontière instable entre la rage et la clarté, entre le raclement de gorge et la grosse cavalerie épique, il parvient parfois à tenir un timbre parfait pour le style du groupe.
Nous dirons alors que, dans ce cas précis, la rareté fait la qualité.

A part ça, Death by Stereo va très bien, merci.
Tranquillement installé chez Epitaph, le groupe connaît son petit succès. Loin, de l'autre côté de l'Atlantique, on se contrefiche des esthètes qui s'arrêtent sur un point de détail aussi futile que la voix.
Seule compte l'enthousiasme, la puissance, l'alternance furieuse des rythmes et des ambiances, le socle en métal d'où s'élancent des musiciens déchaînés, le chanteur en pointe, un pas en avant et bille en tête. Le tout est net, vif et resserré ; l'album reste cohérent dans sa démarche en dépit de son inspiration éclatée.

Et il faut le reconnaître, la force sonore est là. L'avant-goût d'un compromis entre punk, speed mélodique et thrash que seul Avenged Sevenfold a poussé à son terme jusqu'à présent, mais avec un chanteur d'une toute autre dimension. Alors le mélange séduit. Même rendu assourdissant par les hurlements, même bousculé par des défaillances ou des clichés, Death For Life est un album qui s'incruste. Pour peu que l'ensemble gagne en cohérence et que le chant acquiert une vraie dimension héroïque – voire lyrique – le groupe pourrait sans problème emporter le morceau chez les adeptes du riff par seconde et des solos en cascade.

Mais pour l'instant, soyons francs, c'est la seconde division du metal.




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   BAAZBAAZ

 
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- Efrem Schulz (chant)
- Dan Palmer (guitare)
- Tito (guitare)
- Tyler Rebbe (basse)
- Todd Hennig (batterie)


- Death For Life
1. Binge/purge
2. I Give My Life
3. Forget Regret
4. Entombed We Collide
5. Forever And A Day
6. This Curse Of Days
7. Middle Fingers
8. Nosotros Controlamos Todo
9. W.w.j.d.?
10. Don't Piss On My Neck And Tell Me It's Raining
11. This Is Not The End



             



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