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BLACK DEATH ORIGINAL  |  STUDIO

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LIFEND - Innerscars (2004)
Par JULIEN le 19 Mars 2005          Consultée 1551 fois

Dans une scène extrême sclérosée par une ambition souvent défaillante, ses protagonistes semblant compulser frénétiquement les recettes éculées plutôt qu’à défricher de nouveaux territoires, il est toujours appréciable de découvrir un groupe déposant, dès son premier album, une certaine patte originale. C’est le cas des italiens de LIFEND qui s’essaient à un exercice périlleux, visant à faire se rencontrer deux types de climat sur un même champ d’expression, celui d’un Black Death torturé et subtilement technique, à la riche architecture modelée sur la colonne vertébrale de morceaux évoluant tous - à deux exceptions près - entre cinq minutes et sept minutes.

Déstabilisante de prime abord, la musique de LIFEND égratigne l’oreille : le son est assez cru, la boîte à rythme pas forcément la bienvenue, la production n'est pas toujours si éloignée que ça du minimalisme d’une (excellente) démo, et les guitares labourent le sillon de notre écoute avec pléthore de riffs plutôt âcres. Surgit alors le chant, mêlant grondements caverneux classiques et vociférations écorchées empruntées au Black... et là, vous allez me dire qu’une petite voix féminine ne pourra s’empêcher de participer à la chose... et vous aurez raison, dans une certaine mesure. Car si Sara est très loin de jouer les choristes superfétatoires, emplissant même à part égale du chant masculin les parties vocales rédigées pour cet album, la voix de la demoiselle échappe au lyrisme si clichesque du genre... et se rapprocherait plutôt de cette voix féminine qui apparaissait, de temps à autre, sur les célèbres « The Gallery » et « The Mind’s I » de DARK TRANQUILLITY, une certaine puissance et les contours caractériels en moins.

Du coup, c’est sur le mode du fond que LIFEND développe son identité, fiançant la crudité des vocalises masculines à l’émotion plus noire du chant de Sara. Posés sur une mixture alambiquée et parfois un peu chaotique de guitares au son non lessivé par d’ostentatoires exigences de propreté, ces entrelacs vocaux peuplent un labyrinthe musical assez complexe, aux recoins tapissés d’intéressantes interventions de claviers, tantôt sinistres, tantôt surprenantes (orgue Hammond...), et parfois assez franchement synthétiques et rappelant, en cela, les expérimentations d’AND OCEANS sur « A.m.g.o.d. » (très net sur l'intro de "Blood-Red-Pain" ou le final de "Shattering Assurance"). Conférant à la musique une accentuation du climat assez froid qui y règne, ces claviers font bénéficier la chose d'une matière moins hostile, plus arrondie, à laquelle se raccrocher quand les enchaînements et les enchevêtrements parfois confus des différents chants et des guitares abrasives semblent fermer les canaux de notre respiration... et c'est là qu'interviennent les éléments véritablement originaux promus par LIFEND, à commencer par les accalmies qu'offrent d’appréciables parties de guitare acoustique (très bien pensées sur "Memorie", par exemple)... mais aussi, et plus que tout, par l’apparition de l'accordéon (sur le très bon "Spiral Dance") et surtout du saxophone, inspiration sonore cuivrée qui, dans cet ensemble aux allures désaffectées, vient pointer l’une ou l’autre lueur d’humanité... réchauffant de ce fait les sphères occultes d’un « Innerscars » qui, sans cela, aurait pu paraître un poil rebutant.

LIFEND nous édifie ainsi, avec ce premier album, une représentation sonore assez originale, gagnant véritablement à être connue. Vous ne trouverez ici ni tubes, ni morceaux véritablement marginaux (exceptés l'intimiste instrumental jazzy "In Darkness I Bleed" et une outro apaisante, intitulée "Congedo")... « Innerscars » est un premier ouvrage singulier, assez long à apprivoiser, mettant en lumière les aptitudes d’un groupe prometteur, et il sera d'autant plus intéressant de guetter ce qu’il fera des retombées de cette première expérience positive. Pour ma part (et c'est ce qui explique l'absence d'une quatrième étoile) je regrette un tantinet la consistance encore un peu verte des différents types de chant et, par ailleurs, je pense qu’une production tout de même moins fade ne pourrait que servir le groupe. Ceci étant je demeure plus qu'attentif au futur de LIFEND : un véritable potentiel et une certaine personnalité, deux sources musicales engageantes dont nombre de jeunes groupe ne connaissent pas le chemin, sont, à mon humble avis, bel et bien là...

Note : 3.5/5

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   JULIEN

 
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- Sara (chant féminin)
- Alberto (guitare ryth., chant clair et)
- Andrea (guitare solo)
- Matteo (programmation, claviers)
- Roberto (basse, chant death)


1. Innerscars
2. Absence
3. Blood Red Pain
4. Shattering Assurance
5. In Darkness I Bleed
6. Open Wound
7. Memorie
8. Spiral Dance
9. Congedo



             



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