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BLACK METAL  |  COMPILATION

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ZAVORASH - In Odium Veritas (2004)
Par MOX le 19 Février 2005          Consultée 1483 fois

Tout est dans le subtil, l’inconnu, le vague. Tout est dans le questionnement qui suit la découverte de ce genre de groupes où il vous est difficilement possible de mettre le doigt sur le style arboré sans n’en avoir jamais écouté une seconde. Allez, vous vous doutez bien qu’ici il ne sera pas question de travail méticuleux mais plutôt de méthode industrielle, un peu grossière, sale, polluante, et rarement chaleureuse. Mais vous appréciez toutefois l’absence de signe blasphématoire quel qu’il soit, la pose des musiciens non grimés, l’apparition de quelques figures aux sourires à rapprocher d’un psychologiquement défaillant, et en tout et pour tout du gribouillage noir dont on ne retiendra que la fatigue des yeux après avoir tenté d’y distinguer une silhouette.

Il y a autant de peur que d’excitation à l’idée d’entamer une écoute sans avis ni sans suppositions préalables. Nous présentant une réédition de leur démo de 1998 ainsi que 2 morceaux de 2002, on nage vraiment dans l’inconnu, peu capables de situer cette époque avec un contexte musical. On se confond même dans l’erreur lorsque le premier morceau, black-metal très classique, évolue parmi ces mélodies faites de riffs terriblement tranchants, que l’on sait être l’apanage d’une multitude d’autres formations. Et même, pas incroyablement brutal avec ça, puisque Zavorash agrémente sa sauce de moments plus accessibles ou plus lourds ; avant de retomber toutefois dans une conclusion plus folle, dans laquelle de nombreux bruits reviennent nous torturer les oreilles. L’ensemble respire le DISSECTION et jusque là, rien de nouveau sous le soleil.

Démarre alors la démo « In Odium Veritas ». Leurs débuts bien plus guerriers remettent alors nos pendules à l’heure, figent le temps pendant une trentaine de minutes par succession de morceaux clonés sur le premier. De bons points cependant, et ce même si les éternels blast-beats répondent à l’appel, même s’il ne s’agit que d’asséner l’auditeur de guitares glacées à la note répétée 4 fois, et même si l’on retombe parfois dans ces plans à mon sens trop faciles : ralentir la batterie en gardant le reste constant. Excellent exemple de chute de tension que Zavorash, parmi tant d’autres groupes de black brutal suédois (qui est également leur nationalité), réussissait bien à créer. Il y a ces pics de glace électrique certes, cette continuité de rapidité (qui se coupe, bien malheureusement parfois), mais il y a surtout ce chant assez bizarroïde, dont le registre ne m’est pas très défini.

Et je m’arrêterai dessus le temps de quelques phrases. Quoiqu’assez proche d’un certain Abbath, il n’arbore pas cette recherche du guttural, à vrai dire il se contente d’une sorte de minimum, éviterait presque de forcer, modulerait de manière factice le rendu. Mais tellement monocorde, tellement présent, il se fond dans la musique, constitue l’élément le plus constant tandis qu’au fond, la classe chahute sérieusement. Paradoxalement, on regrettera son manque de profondeur, qui rend l’omniprésence du chant gênante, surtout lorsqu’elle n’est plus accompagnée. Seule maître à bord le reste du temps, on se rassurerait presque de sa constance et de sa volonté à ne jamais être perturbée, si elle n’évoquait quelque complainte d’outre-tombe. En bref, elle fait de temps en temps son petit effet.

« Human Delirium » sort de ce carcan musical habituel en jouant sur des mélodies plus personnelles et plus parlantes, évitant ainsi de se vautrer dans les riffs infernaux, à commander en nombre gargantuesque chez votre marchand de riffs infernaux. Je ne passerai enfin pas sous silence les quelques moments où le principal devient inaudible. Pas que le son soit globalement désastreux, mais si toutes les variables s’y mettent (et notamment la variable « toutes cymbales en chœur »), plus moyen de retrouver ses petits. Après avoir eu votre dose de black à la suédoise, vous vous étonnerez de tomber nez à nez avec un essai « électro/dark », sur fond de grand-guignol haranguant la foule et de voix féminines. Le voilà donc le scoop. La voilà la petite perle, le moment ultime où vous croyiez entendre se déchaîner de nouvelles guitares froides. Niet, et si Zavorash décide d’être ainsi, imprévisible, à l’avenir, que demander de mieux ?

Attendons avant de s’exalter. Car au bout du compte, c’est la réédition d’ « In Odium Veritas » qui se taille la part du lion, pas tellement novatrice en plus. Mais ce que font ces suédois à l’heure actuelle est de bien meilleure augure, moins violent, plus réfléchi, plus travaillé. Une découverte très honnête.

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- Nil (guitares)
- I. Hate (batterie, basse, arrangements)
- Totalscorn (chant)


1. The Discipline Of David
2. Intro
3. In Odium Veritas
4. The Superior Creed
5. Dreams For Ingrats
6. Human Delirium
7. Thorn
8. Bluescreen/the Enemy



             



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