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DEATH METAL  |  STUDIO

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EMPTINESS - Guilty To Exist (2004)
Par MOX le 14 Février 2005          Consultée 1147 fois
Généralement, on peut observer, chez la plupart des formations de black-metal, une irrésistible envie de ne pas proposer à l’auditeur un son hautement performant. Effet de mode dont on a pu saluer quelques fois les résultats, mais souvent déplorer la qualité de l’ensemble, blaguant volontiers sur le lieu d’enregistrement d’un tel album, que ce soit au fond de la cave, dans un clandé mafieux, dans le plus connu des studios turkmènes ou en reliant un simple câble sur le PC de papa. Comment a-t-on pu alors se régaler d’un son brouillon ? Il y avait en premier lieu cette abondance de riffs sales et sordides qui se trouvent amplifiés avec l’assurance que le groupe est sordide, que le studio est sordide, bref, que l’ensemble est sordide. Je reporte mon jugement au premier album de ces Belges d’Emptiness, « Guilty To Exist » souffrant en effet d’une production plus que moyenne.

Détestable pour certains d’entre nous. Mais à vrai dire, on se trouve ici tiraillé par deux impressions : ce juste charme inhérent aux mélodies crasseuses, et ce dégoût profond dès lors que le groupe ne distille plus d’ambiance malsaine. Batterie étouffée (ou le coup classique du coussin sur les peaux), guitares lointaines et chant noyé dans la masse rendent difficiles une pilule au brutal death à avaler lorsque qu’une gorgée d’eau ne vient pas vous y aider. Un problème encore plus réel donc, puisque l’enchevêtrement de riffs, de breaks et de contre-breaks nécessite une oreille attentive au moindre changement. Certes, avec un peu de concentration et de volonté, il est possible de suivre l’avancée des travaux, mais aussitôt que les cymbales s’emballent, tout est recouvert d’un bruit perçant, drapé d’une assourdissante frappe claire bien trop mise en avant. Enfin, on pourra comparer ce chant confondu avec le reste à un cache-misère, car à de nombreuses reprises on regrettera ses faiblesses et son classicisme.

Pourtant, Emptiness développe quelques idées intéressantes, notamment son envie de couvrir sa musique d’une ambiance sombre, ce qu’il réussit grâce aux quelques intermèdes coupant brutalement la violence pour rappeler à l’auditeur qu’il se promène dans un endroit jamais chaleureux, d’où émane des bruits grésillant, des sons vides et froids qui évoqueront un côté industriel dans cette impression d’évoluer au sein d’une construction menaçante, gigantesque et peu humaine. On s’imprègne même facilement de cette musique glacée en tout début d’album, où Emptiness fait montre d’une capacité à rendre son death-metal glauque, à coups de riffs déchirants survenant lors d’accélérations bienvenues. Des structures et un style qui ne sont pas sans rappeler certains titres d’IMMOLATION d’ailleurs. Bien que comme toujours, le rythme ne tienne pas en place, Emptiness nous renvoie à certaines mélodies, nous rappelle une note de départ, revient nous prendre en main pour nous rejeter dans cette structure dont on essayait déjà de s’échapper.

On y parvient même lorsque « Guilty To Exist » commence à s’essouffler. N’empruntant plus quelques riffs au black-metal, ils se contentent de brutaliser le tout, jusqu’à en devenir de plus en plus complexes (« Age of Nothing »). Auparavant déjà, Emptiness nous proposait des morceaux soit aux allures plus classiques et donc moins prenantes soit sans aucun rythme si ce n’est un solo de batterie…La magie s’envole en milieu d’album, on rouvre les yeux, on s’ennuie, on est écœuré de ce son insupportable qui ne fait vraiment plus aucun effort. Même s’il est très tentant de se replonger dans le monde glacial, poisseux et fou que les Belges veulent créer, on hésite. Il y a eu cette baisse de rythme qui nous a fait comprendre l’état de désolation dans lequel on rêvait, et on semble réticent à y revenir. Pas fou, non plus…

La gêne dont je rends compte deviendra un blocage total pour peu que vous n’ayez jamais vraiment pu déceler l’intérêt du son minable dont les meilleurs DARKTHRONE, par exemple, sont faits. Non, vous n’essaierez même pas. Et ce ne serait, à vrai dire, pas très judicieux de risquer l’expérience avec ce genre d’essai. L’entreprise était risquée, si tant est qu’elle fût voulue, mais quitte à ne pas se bâcher une nouvelle fois, osons un son un peu plus propre. Pas de sanctions, mais des regrets. Emptiness en a dans la besace, pourtant !




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- Phorgath (chant/basse)
- O.l. (guitare)
- Zykorph (guitare)
- Khapth (batterie)


1. Tyrants Forever
2. Unleash The Emptiness
3. Interludium
4. Tenebrium Prophecies
5. Subhuman Submission
6. Interludium
7. Fucked By The Beast
8. None Existence
9. To Extinction
10. Necrorgy
11. Age Of Nothing
12. Xenomorph
13. War/hatred/blasphemy
14. Into The 11th Blackshell
15. By The Loss Of Our Dogma
16. Conceived To Reject
17. The Loss In Blind Perceptions



             



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