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- Style : The Yardbirds, Led Zeppelin, Free, Jeff Beck, Cactus, Slade, Rival Sons, Nazareth
- Membre : Tipton, Entwistle & Powell

The WHO - My Generation (1965)
Par DARK BEAGLE le 30 Novembre 2023          Consultée 460 fois

Il est souvent de bon ton d’affirmer que sans les BEATLES, la face du Rock anglais ne serait pas la même. Ce n’est pas tout à fait faux, mais cela serait minimiser l’impact qu’ont eu d’autres formations à cette époque, comme les ROLLING STONES, évidemment, mais également les PRETTY THINGS, les KINKS ou les YARDBIRDS. Cependant, il ne faut pas omettre l’importance des WHO, qui auront été une source d’inspiration pour de nombreux combos qui officiaient dans le Hard Rock le plus primaire et qui auront initié des dérives plus Punk, à l’instar des STOOGES aux USA, avant de flirter à leur tour dans des registres qui nous concernent plus, une fois qu’ils avaient fait le tour de ce que le Rock pouvait leur permettre en termes de vision du genre.

Les WHO ont vu leur carrière décoller quand le producteur Shel Talmy a commencé à s’intéresser à eux après avoir écouté le single "I Can’t Explain", qui sonnait comme du KINKS, pour la simple et bonne raison que Talmy produisait ces derniers et que son travail plaisait bien aux jeunes musiciens. La formation se retrouve ainsi signée sur le label Brunswick, une filiale de Decca à cette époque et c’est le début d’une folle épopée Rock’N’Roll. Ce premier disque est un véritable fourre-tout d’influences diverses qui transpirent au travers des reprises – exercice quasi obligatoire à l’époque – et des compositions de leur cru, ou plutôt de celui de Pete Townshend, qui se charge d’écrire tout ce qui n’est pas un cover.

Et si le tout sonne évidemment de façon bordélique, on arrive déjà à déceler une personnalité au travers de ces douze compositions, une volonté d’amener du neuf tout en usant de codes déjà éprouvés par d’autres groupes. Nous retrouvons une ligne de conduite typique du Swinging London de l’époque, ce Blues adapté par des Blancs après avoir traversé l’Atlantique et qui diffère de la musique pratiquée par ce que j’appelle les Geeks du genre comme Eric Clapton ou Jimmy Page par exemple, qui restent souvent plus attachés au son original de la guitare. Et Townshend va apporter une certaine puissance à l’ensemble par son jeu flamboyant.

Il n’est pas un architecte de la guitare comme pouvait l’être Beck par exemple. Il est bien moins fin et il ne va pas chercher à pondre un solo trop complexe. Il va plutôt se démarquer en faisant l’usage de power chords – comme les KINKS sur "You Really Got Me", nous revenons aux fondamentaux – avec un son distordu à l’outrance (pour l’époque) qui va faire ressortir toute leur puissance, son poignet droit faisant le gros du travail (rappelez-vous ses moulinets). Ses riffs vont donc faire une partie de la réputation des WHO, mais les gars qui l’entourent sont loin de faire de la figuration.

La section rythmique montre déjà de belles capacités. À la basse, John Entwistle, un copain d’école de Townshend, participe à l’élaboration de ce son assez dense par son approche agressive de l’instrument. Combiné au jeu de Keith Moon qui va devenir plus rentre-dedans avec le temps, ils forment une base de jeu idéale pour Townshend. Ici, il suffit d’écouter "The Ox", une jam improvisée, pour se rendre compte de l’alchimie qui règne entre ces trois-là et la puissance rythmique qui se dégage. D’ailleurs The Ox sera le surnom qui sera donné à Entwistle.

Puis il y a Roger Daltrey, qui possède un charisme vocal assez affolant. Sur ce disque, c’est déjà perceptible. Même si souvent il se contente de se fondre dans la masse au niveau du style de l’époque, il montre également de belles qualités dès qu’il s’agit d’être plus agressif. "Much Too Much" combine le meilleur des deux mondes, en alliant des chœurs façon BEATLES et des passages plus rudes, où Daltrey se veut plus hargneux, mais c’est surtout sur "My Generation", la chanson, qu’il livre sa meilleure prestation. Sur ce Rock’N’Roll endiablé, frénétique, il se déchaîne complètement et il nous donne l’impression de faire un voyage dans le temps, nous propulsant douze ans dans le futur en nous offrant une ode Punk. Ou quasi Punk. Mais les ingrédients sont là.

Le groupe se démarque de la concurrence sur divers aspects : ses reprises sont bonnes musicalement, mais quelque chose ne fonctionne pas avec Daltrey qui semble essayer d’imiter les chanteurs originaux plutôt que de s’approprier les disques. Il est un peu gauche et ce sont ces titres où il est le plus effacé. Comparez "I Don’t Mind" avec "Much Too Much" ou "Please, Please, Please" avec "The Kids Are Alright" et vous remarquerez que l’engagement derrière le micro n’est pas le même. Ensuite il y a cette agressivité que l’on ne retrouvait pas chez les concurrents. Très peu de bassistes envisageaient leur instrument comme le faisait Entwistle – écoutez bien son solo sur "My Generation", il transfigure ce qui se faisait à cette époque.

Et au milieu de tout cela, un style commence à se dessiner. Je pense que ceux qui ont connu ce disque à l’époque ont dû réaliser que le Rock allait connaître de grands bouleversements dans les années à venir. The WHO devient donc l’instrument du Chaos, il pose une pierre comme d’autres le feront autour de lui à l’édifice du Hard Rock à venir. Et avec cette imperfection totale (disque bordélique contrebalancé par l’appétit d’ogre des musiciens qui tirent leur épingle du jeu de ce labo de culture), les Anglais s’offrent un premier classique. Au moins avec la chanson-titre.

Mais plutôt que d’en faire un mètre étalon et de poursuivre dans cette voie, le groupe va pousser et devenir un des essentiels du Rock Briton. La bande à Townshend aura forcément inspiré un certain Jimmy Page (ce n’est pas que Keith Moon qui aura soufflé le nom du Dirigeable au guitariste, ce dernier avait déjà planté un solo sur "Bald Headed Woman" en face B du single "I Can’t Explain"), mais pas que lui ! Beaucoup peuvent se revendiquer de cet héritage, quand ce n’est pas les WHO eux-mêmes qui auront œuvré pour le genre. C’était le fusible qui a fait disjoncter le Rock pour le meilleur.

Note réelle : 3,5/5, notamment pour le côté historique. Cela reste très bordélique et inégal par moments.

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   DARK BEAGLE

 
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- Roger Daltrey (chant, harmonica)
- Pete Townshend (guitare, claviers, chant)
- John Entwistle (basse, chant)
- Keith Moon (batterie, chant)


1. Out In The Street
2. I Don't Mind
3. The Good's Gone
4. La-la-la-lies
5. Much Too Much
6. My Generation
7. The Kids Are Alright
8. Please, Please, Please
9. It's Not True
10. I'm A Man
11. A Legal Matter
12. The Ox



             



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