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2022 Fear City
 

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THEM [INT] - Fear City (2022)
Par T-RAY le 24 Avril 2023          Consultée 2449 fois

À plus d'un titre, ce quatrième album studio de THEM est un véritable bond en avant. D'abord, parce que l'histoire narrée depuis ses débuts par cette formation issue de tous pays est passée tout à coup du milieu du XIXème à la fin du XXème siècle. Cent vingt ans séparent les événements des trois premiers opus de ceux de ce nouveau L.P. Mais sur le cadavre du protagoniste principal, Klaus König Fossor, et les cendres de sa famille, THEM a imaginé la suite de la vengeance de l'anti-héros subitement ressuscité envers le responsable de ses malheurs passés : le dernier chasseur de sorcières Peter Thompson. Non plus dans l'Angleterre victorienne mais dans le New-York reaganien jadis surnommé Fear City. La vraie Cité de la Peur, pas le Cannes d'Odile Deray. Et non pas envers ledit Thompson mais envers son arrière-arrière-petit-fils, devenu télévangéliste à forte audience, mais pas que…

L'occasion d'un supplément de second degré que les précédents albums n'offraient qu'en plus maigre proportion. Mais surtout – et c'est là l'autre bond en avant du disque – avec un supplément de complexité et d'efficacité que ne laissaient absolument pas soupçonner les précédentes œuvres de THEM. Parmi les groupes inspirés plus ou moins frontalement de MERCYFUL FATE et de KING DIAMOND ayant vu le jour ces dernières années, comme PORTRAIT ou ATTIC, jamais je n'aurais imaginé mettre celui-ci en Sélection du Site en premier… Mais en 2022, en dehors du maquillage et de la thématique d'épouvante, THEM a purement et simplement pulvérisé ce qui restait en lui de tribute band au Roi Diamant, ses deux précédents opus s'en éloignant déjà sensiblement.

Fini ou presque les hululements en voix de tête ! Troy Norr, interprète de Fossor, monte bien moins souvent dans les aigus mais module sa voix comme jamais auparavant, offrant un florilège de chant clair et de vocaux plus agressifs, bien accompagné par des chœurs qui maximisent l'impact de ses lignes. Et diable, qu'elles peuvent être chiadées, ces lignes ! S'il m'arrive (souvent) d'apprécier quand les mélodies vocales sont limpides, je dois dire que nombreuses sont celles qui, sur "Fear City", sont loin d'être évidentes. Et nulles ne sont moins évidentes que les lignes de chant de "Welcome To Fear City", pourtant le premier single extrait de l'album. Figurant parmi les plus agressifs de l'ouvrage, ce morceau permet au groupe de montrer sa face la plus Thrash sur un album où le Heavy 80s tendance US et le Power Metal sont les deux genres les plus exploités.

En réalité, THEM passe d'un genre et d'une influence à l'autre de façon extrêmement fluide sur ce disque. Comme le démontre d'emblée le morceau suivant, "Retro 54", avec son côté Glam Metal seyant admirablement à l'année 1981 qui sert de cadre à l'histoire. Ce grand écart opéré par la formation en l'espace de deux compos seulement lui permet également de dévoiler sa capacité à être catchy en toutes circonstances. Qu'il s'agisse des riffs et soli de guitare, des mélodies synthétiques ou des lignes de chant, toujours impériales. Sous cette production puissante et moderne made in Flatline Audio à Denver, les refrains sont ici plus soignés que jamais et leur impact maximisé, pour que l'on s'en souvienne dès la première écoute ou, au pire, dès la deuxième. Ainsi "Fear City" regorge-t-il de tubes imparables. Au sens propre de chacun des deux termes.

Comment qualifier autrement ce hit qu'est "Flight Of The Concorde", piste de décollage idéale d'un jet qui tient plus du chasseur-bombardier que de l'avion de ligne, tant il commet de tueries ? Du début à la fin, THEM enthousiasme, qu'il s'agisse de pondre des titres light comme "Graffiti Park", rapides comme "Flight Of The Concorde" ou l'hyper thrashy voire Crossover "Death On The Downtown Metro", ou ce carnage ultime qu'est "The Deconsecrated House Of Sin", certainement l'un des meilleurs tubes Heavy Metal de ces dernières années, musclé par des influences extrêmes. Ou qu'il s'agisse de faire monter la sauce doucement et de varier les plaisirs au sein d'un seul et même titre, comme le permettent l'excellent et sombre "191st Street ", et le plus long et parfois progressif "The Crossing Of Hellgate Bridge". Ce dernier est sans aucun doute le plus gros effort de composition de la carrière de THEM du haut de ses 9 minutes et 19 secondes. Et symbolise à lui seul l'ambition du groupe sur cet album.

Tour à tour Power Metal véloce à l'européenne, Heavy mid-tempo aux intonations plus ricaines, flirtant avec la power-ballade en son milieu, "The Crossing Of Hellgate Bridge" fait effectivement office de pont. Un pont entre le THEM plus frontal des premiers albums et celui d'aujourd'hui, bien plus nuancé et accompli, débarrassé des velléités démonstratives de certains de ses membres d'origine, dont beaucoup ne sont plus là. Mais aussi un pont au sein même de l'album, faisant se rejoindre habilement les deux premiers tiers de la tracklist, plus sautillants et "optimistes", et un troisième tiers définitivement plus noir, où l'espoir de réussite de la vengeance de KK Fossor envers la descendance de Peter Thompson apparaît compromise.

Tout ceci concourt à faire faire à THEM un troisième grand bond en avant, sur le plan de la dramaturgie cette fois. En témoignent le sommet de tension que forment les quatre derniers titres, dans un crescendo qui culmine sur le refrain miraculeux de "The Deconsecrated House Of Sin". Avant de s'apaiser sur le désespéré "In The 11th Hour", moment de narration qui, contrairement aux autres intermèdes et saynètes qui parsèment l'album, s'achève en musique, avec une mélodie de gratte et un fade out aux accents tragiques qui peut aussi bien signifier le point final de l'histoire de THEM que préfigurer un nouvel épisode de la saga commencée en 2016…

Puisqu'à l'issue de cet album, beaucoup de questions restent en suspens côté fiction, il y a fort à parier que le duel Fossor/Thompson reprendra. Mais une fois la dernière note jouée, côté musique, les réponses sont plus nombreuses que jamais et nulle n'est plus certaine que la suivante : THEM a tout le talent nécessaire pour devenir (enfin) énorme. S'il était permis d'en douter après un "Return To Hemmersmoor" pourtant réussi, ce n'est plus le cas aujourd'hui.

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   T-RAY

 
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- Troy Norr (chant)
- Markus Ullrich (guitare)
- Markus Johansson (guitare)
- Richie Seibel (claviers)
- Alexander Palma (basse)
- Steve Bolognese (batterie)


1. Excito
2. Flight Of The Concorde
3. Welcome To Fear City
4. Retro 54
5. An Ear For The Action
6. Graffiti Park
7. 191st Street
8. Home Stretch
9. The Crossing Of Hellgate Bridge
10. Death On The Downtown Metro
11. Stay Tuned...
12. A Most Violent Year
13. The Deconsecrated House Of Sin
14. In The 11th Hour



             



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