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BRUTAL DEATH METAL  |  STUDIO

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MYCELIUM - Mycoticism: Disseminating The Propagules (2022)
Par DODO DILDO le 20 Février 2023          Consultée 3197 fois

Dans un futur proche, un samedi soir de juillet. Votre pinte bien fraîche d'IPA artisanale à la main, fruitée et à peine amère, juste comme vous l'adorez. La température est idéale pour traîner en short et en t-shirt. Autour de vous des dizaines de milliers de métalleuses et métalleux agglutinés bavardent, excités comme des puces. Ce soir est un grand moment pour la culture française. Ce soir Toulouse inaugure son Extreme Metal Arena, la nouvelle Mecque de la musique de qualité supérieure dans le monde. Toulouse, en province !? Se demandent les parisiens. Oui Toulouse, mais pas de panique, des convois d’Hyperloop permettent à l’Europe entière d’arriver en seulement quelques minutes de trajet. D’ailleurs, les organisateurs ont une pensée émue pour les passagers en provenance de Bruxelles… Leur HyperTrain aurait subi une fuite d’air… 666 morts pour la cause. Les corps instantanément satellisés lors de l’HyperExplosion ne seront malheureusement jamais retrouvés. La plupart des experts scientifiques l’avaient pourtant annoncé : faire léviter dans un tube sous vide des gros suppositoires à plus de 1 000 km/h est une idée à la con. Mais que voulez-vous, le progrès a toujours un prix humain. Dommage pour les Belges qui ne participeront pas à ce concert d’ouverture. D’autant que les programmateurs de ce nouveau lieu sont pointus et intransigeants. Pas de Power/Heavy/Thrash/Atmosphérico-Mélodico-Symphonico-Doomesque chiant à se jeter sous un HyperWagon. Dans ce haut lieu ne sera joué que du Brutal/Black/Death/Grind de qualité, rien d’autre !

Ce soir, pas d’attente inutile. Les musiciens sont formellement priés d’arriver à l’avance. Pas de première partie non plus. Le public averti n’en peut plus de ces groupes mollassons au son inévitablement mal réglé. Il est 19h58. Dans moins de 2 minutes, le show attaquera directement avec MYCELIUM. En 2021, ce one-man band écossais avait sorti un album de mise en bouche. Il est revenu fin 2022 avec l’énorme "Mycoticism: Disseminating The Propagules". Greg Edwards, seul maître à bord, officiait précédemment pour NECRONOCLAST, son autre projet solo de Black-Metal. Problème ce soir, le type est tout seul. Il a donc fait appel aux membres d’HIBERNUS MORTIS qui viennent de sortir l’excellent "The Monoliths Of Cursed Slumber" sur le même label suédois Blood Harvest.

20h00 sonne à l’église voisine. Le jeune curé, fraîchement acquis à la cause, retourne pour l’occasion la croix de la façade. Il y met le feu en ce moment même. Joli coup de comm' en faveur des réformistes catholiques qui militent pour d’avantage d’ouverture. Pas sûr que ce nouveau héros de la soirée soit maintenu à son poste lundi. A peine le temps d’entrevoir les flammes rejoindre le paradis que les cinq membres sur scène attaquent avec l’arme de destruction massive "Phalloides". L’impact est immédiat. Les premières rangées de la fosse ont tout simplement disparu. Les corps de ces pauvres gens se sont instantanément transformés en vapeur d’eau lorsque les premières notes ont jailli des 3000 enceintes. Les scientifiques appellent ce phénomène la sublimation. Les 1400 gigawatts de puissance sonore y sont sûrement pour quelque chose. Merci à la centrale nucléaire voisine spécialement réquisitionnée pour l’occasion et désolé pour l’agglomération toulousaine entièrement plongée dans le noir pour toute la durée du show. Le mix énergétique choisi par les précédents gouvernements n’était manifestement pas le bon. Point positif, la fosse est à nouveau praticable. Il y a enfin un peu de place pour prendre de l’élan avant d’aller se joindre au pogo géant qui se met en place au fur et à mesure que progresse le morceau. Déjà 3 minutes d’écoulées et le vacarme s’arrête. Pas de "Bonsoir Toulouse !" ou de "Est-ce que vous allez bien ce soir !?", Greg n'en a rien à foutre et enchaine avec le prochain massacre "Disgorging Sphaerocystic Matter". Assurément le tube de l’été ; d’une efficacité redoutable, le refrain est repris en cœur par tous les metalheads : Disgoooorging Sphaaaaaerocyyyyyystic Maaaaatter !!!! Le bras gauche autour de l’épaule de votre voisine, le bras droit levé vers le ciel, Disgoooorging Sphaaaaaerocyyyyyystic Maaaaatter !!!!

Une fois l’hymne terminé, les musiciens entament la douce et lente balade de l’album, "Cold Grasp Of The Dead", qui pousse les milliers de fans à se prendre dans les bras. La foule s’engage dans des slows langoureux pour exprimer toute sa bienveillance envers ses prochains. Pendant que les uns communient leur amour, certains petits malins ont enfin trouvé l’accès aux rampes de lancement spécialement intégrées au toit de l’arène et conçues pour faire les plus gros slams de toute la galaxie. Les plus courageux s’envoient en l’air pour une chute libre de plus de 50m. La foule est tellement immense et compacte que chaque atterrissage se fait en douceur. Miraculeux est le saut de l’ange effectué par le fameux curé, qui, après avoir brûlé sa soutane sur le toit, s’élance dans le vide entièrement nu. Son zigouigoui flottant librement dans les airs, l’homme de foi est léger et enfin débarrassé de son carcan idéologique. Sur scène, ça enchaîne avec "Chimera". Excellente composition une fois de plus. De toute façon, l’Écossais peut jouer indifféremment n’importe lequel des dix morceaux de l’album car tout est énorme. Pendant ce temps, notre prêtre favori glisse au-dessus de la foule, passant de mains en mains et guidé en douceur vers la scène promise. Ses petites fesses bénissant, un à un, le visage de tous les fans qui permettent ce voyage vers le lieu saint de l’Aréna. Durant "Urban Leprosy", dernier morceau de la soirée, le religieux atteint enfin le cœur de la cathédrale maléfique. Élevé sur scène par les meilleurs éléments de la fosse, l’homme est sataniquement béni par tous les membres du groupe. Avant de repartir, il est prié de boire le calice rempli de 8.6 bien chaude (les spécialistes s’accordent pour dire que c’est à cette température que cette bière de luxe destinée aux plus fins palais est la meilleure). L’urine du Christ est engloutie cul sec et l’ex-homme d’église disparaît dans la masse d’hérétiques. Greg, ce petit farceur, avait menti. Ce n’était pas le dernier morceau de la soirée, car le mélodique "Pulmonary Mycosis" et le déjanté "Erubescent Assassin" font office de bouquet final. La foule est atteinte d’orgasmes multiples, auditifs et sensoriels. Les corps sont engourdis. La musique s’estompe déjà. Tout est allé trop vite.

En quittant le lieu, certains reprennent déjà leurs esprits et se demandent ce qu’ils viennent de vivre. Brutal et intransigeant, MYCELIUM impressionne par sa production massive. Le travail global de Greg Edwards, notamment la superposition de voix qu’il applique tout au long de l’album, ajoute de l’épaisseur au rendu final. La fausse batterie est parfaitement programmée et sonne vraie. Pas de bourrinage inutile, les rythmes et les compositions varient intelligemment tout au long de l’album pour notre plus grand plaisir. Rien n’est à jeter, la note maximale est amplement méritée.

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   DODO DILDO

 
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- Greg Edwards (voix, guitare, basse, programmation batterie)


1. Mycelium: Mycoticism: Disseminating The Propagules
2. Mazegill Of Torment
3. Emerging From Rotting Faeces
4. Phalloides
5. Xanthodermic Colonic Decimation
6. Urban Leprosy
7. Cold Grasp Of The Dead
8. Rosecomb Marauder
9. Pulmonary Mycosis
10. Erubescent Assassin
11. Disgorging Sphaerocystic Matter
12. Chimera



             



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