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2013 Citadels
 

- Style : Kansas, Diablo Swing Orchestra, Thank You Scientist
 

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MANDROID ECHOSTAR - Citadels (2013)
Par HAPLO le 4 Mars 2021          Consultée 904 fois

Dis moi cher lecteur : Ne t’est-il jamais arrivé, lors de la première écoute d’un album que tu remisais jusqu’alors au fond de ta to-do list depuis des mois, de te prendre une bonne grosse méchante gifle du genre qui allume les petites étoiles dans le noir puis fait rebondir ta vilaine caboche contre le carrelage de ta salle de bain ? Oui… tu sais bien, et tu reconnaîtras aussi ce vilain petit sentiment qui vient te titiller en te susurrant à l’oreille que cet album t’attendait depuis des lustres et que pour des broutilles du genre la famille, les potes, le boulot… Et ben tu en as repoussé l’écoute jusqu’à ce réveil en fanfare, avec tous les remords qui l’accompagnent !

C’est, minimisé à l’extrême, ce qui s’est produit dans ma misérable vie de fourmi chroniqueuse, lors qu’après moult tergiversations, j’ai jeté une oreille plus que molle sur le "Citadels" pondu en 2013 par un très obscur combo canadien au nom imprononçable de MANDROID ECHOSTAR. Et pourtant, pourtant, quelques indices tant discrets qu’improbables auraient du allumer de jolies petites lumières rouge sur mon radar de progueux :
- une pochette plus que bizarre dont le dessin naïf représente un homme et une femme tenant chacun les bois d’un cerf dont la tête, percée de flèches, a été séparée du corps, le tout sur un fond lunaire aussi glauque que le regard qu’échange ce couple venu du fond des âges…
- des musicos parfaitement inconnus au look citadin propret et aux cheveux courts qui n’hésitent pas à jouer des parties instrumentales sur une patinoire… et à se filmer !
- un combo (presque) totalement absent du Ternet et qui n’est même pas référencé sur Metal Archives mais dont tout le monde dit beaucoup de bien… Et pour lequel un fameux site dédié à la musique en streaming dénonce plus de vingt mille écoutes mensuelles !

Bref, me relevant péniblement de ce choc primordial avec la tête encore pleine d’étoiles, je me suis rendu compte que j’avais goulûment dévoré ce mini-album ou maxi EP (les deux appellations coexistant pour "Citadels") d’une seule traite, lui et ses sept brûlots s’étalant sur près de trente minutes d’une musique difficilement descriptible tant elle se veut technique, dynamique et intense.

Une technicité matérialisée en premier lieu par l’impressionnante vélocité chirurgicale des trois guitares alignées par MANDROID ECHOSTAR dont l’énergie électrique claque en mode ciselé ou en matraquage mode poids lourd et qui propulsent littéralement ce combo sur du Heavy technique de haute volée dans lequel le terme « mur de guitares » n’est pas qu’une simple vue de l’esprit… Et qu’en plus, il est vivant et coloré !

Une énergie diablement dynamique avant tout soutenue par une base rythmique décapante en alternance permanente entre accélérations, breaks, variations tous azimuts et (quelques) séquences plus posées débordantes de feeling durant lesquelles on reprend deux petites goulées d’air frais avant de remettre la tête entre les épaules et de garder son souffle pour tenter de suivre une batterie acrobatique à laquelle s’accroche la basse ronde et semble-t-il infatigable de l’ami Adam Richards.
C’est sur cette traînée multicolore et serpentine que viennent se poser les rythmiques travaillées ou encore les majestueux soli à deux guitares que propose le reste des instrumentistes… formant une matière sonore littéralement animée et qui se suffit (presque) à elle-même !

Mais la vraie cerise sur ce gâteau de fin gourmet demeure la voix proprement stellaire d’un Michael Ciccia (seul membre du combo avec le bassiste n’ayant pas sacrifié sa jolie tignasse !) que l’on croirait tout droit sorti d’un groupe de R’n'B tant son organe s’accorderait avec un style plus funk et groovy que du Metal, même aussi véloce que MANDROID ECHOSTAR puisse le proposer. Cette voix asexuée, diablement puissante et ne semblant connaître aucune limite dans les aigus, électrise littéralement l’ensemble instrumental en lui insufflant une tension et une intensité hors du commun. Boosté par ce chant lunaire, une mise en place et une synchronisation irréprochable et la véritable virtuosité de l’ensemble, MANDROID ECHOSTAR décolle littéralement les oreilles comme le papier peint, en proposant une succession d’explosions de mélodies, de rythmes et d’énergie qui transforment ces sept titres en une expérience musicale unique… Du grand art !

Sept cartouches en argent fondu desquelles je serait bien incapable d’indiquer ici une quelconque préférence tant nos Canadiens survitaminés prennent des virages diablement serrés pour rendre cette étoile finalement si ronde et parvenir à boucler un cercle comme il a débuté… par des guitares acoustiques si apaisantes en introduction ("A Death Marked Dream") comme sur le final "Citadels", le dernier titre éponyme qui clôture d’une si belle façon cette leçon de virtuosité et d’énergie.
Qu’il s’agisse en effet du premier uppercut, le rapide et puissant "Ancient Arrows" à la ligne rythmique méga ciselée, du varié et ultra mélodique "Haunted Vows" fort de son passage où la basse tient brillamment la corde en appui d’un solo guitare, de l’intense et plus nuancé "To The Wolves" aux variations de tempo bien pensées ou du magnifique et très noir "The Sleeper" dont les riffs lourds fleurtant avec le Djent mènent à un solo simplement génial, la recette fonctionne en continu et propulse l’auditeur bien heureux dans le grand huit musical qu’ANDROID ECHOSTAR alimente à l’aide de son talent. Il ne me restera qu’à évoquer le plus nuancé mais toujours aussi dynamique "Ethereal Dawn" aux relents Jazz Funk pour finalement atterrir sur le solo à deux guitares venant embellir le technique et long "Citadels" qui vient mourir sur de derniers relents Folk en guise d’au revoir. Épongé, lessivé, vidé d’une écoute aussi brutale et intense, je me dis que le monde est plus beau qu’il n’y paraît et que ces musiciens sont vraiment à fond dans leur délire. Bluffant.

Et qu’ils soient à font, ce n’est pas peu de le dire ! Dose compacte d’énergie fine tout en étant brute, "Citadels", à l’exception de son ouverture et de sa conclusion apaisante, n’offre en effet aucun vrai moment permettant de reprendre posément son souffle… Ce qui charmera sans doute les enragés de l’apnée crispante mais risque par-delà même de placer la barre un tantinet trop haut pour ceux, dont je fais partie, qui tout en aimant les pics enneigés ne sont pas contre un peu de rase-mottes occasionnel. MANDROID ECHOSTAR place cependant le curseur au maximum durant la quasi-totalité de l’opus, ce qui exige une attention et une envie permanentes durant l’écoute. Cette lumière peut finir par éblouir et la fatigue pousser à détourner le regard.

Néanmoins, avec un lumineux "Citadels", ce combo d’insolents inconnus parvient tout de même à concilier la beauté esthétique d’une Metal Prog racé et virevoltant avec l’énergie musclée et toute en tension d’un Heavy tapageur dans lequel la voix si particulière d’un Michael Ciccia imprègne une dose groovy diantrement originale qui ravira les amateurs de sensations exotiques : un mélange inattendu, explosif, s’adressant simultanément à l’esprit et aux tripes. MANDROID ECHOSTAR sera t’il en mesure de poursuivre sur cette lancée sans pour autant éponger ses fans ? Avant de répondre plus avant en citant les récompenses attribuées à l’opus suivant ("Coral Throne" – 2016), j’invite tous les sado-masos amateurs de bonnes grosses baffes expérimentales à se frotter au sujet en écoutant rapidement le brûlot que constitue "Citadels" proposé ici… ils ne seront pas déçus !
Pour ma part, tant que des groupes surgissant du néant comme celui-ci continuent de balancer des œuvres aussi cohérentes, pêchues et abouties comme c’est le cas avec cette musique… Je garde espoir dans l’avenir de notre style préféré et sur bien d’autres sujets par la même occasion.

C’est avec la pupille dilatée par l’abus de paracétamol destiné à faire dégonfler ma joue tuméfiée que je m’introduis entre ce couple hirsute et sa tête de cerf. Trop occupés à se dévisager, ils ne se rendent pas compte que j’épingle un très mérité 4/5 sur les bois du cervidé décapité pour fêter "Citadels" et son originalité culottée. L’avenir semble glorieux… Mais ce couple est vraiment flippant !

- pour le démarrage sur les chapeaux de roues : "Ancient Arrows".
- pour les riffs martelants et le solo qui tue : "The Sleeper".
- pour continuer à se faire plaiz : le reste de l’album.

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- Michael Ciccia (voix)
- Stephen Richards (guitares)
- Sam Pattison (guitares)
- James Krul (guitares / claviers / backing vocals)
- Adam Richards (basse)
- Matt Huber-kidby (batterie)


1. A Death Marked Dream
2. Ancient Arrows
3. Haunted Vows
4. To The Wolves
5. The Sleeper
6. Ethereal Dawn
7. Citadels



             



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