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HARD ROCK  |  E.P

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GOGMAGOG - I Will Be There (1985)
Par DARK SCHNEIDER le 30 Mai 2020          Consultée 701 fois

Gogmagog est un géant légendaire dans le folklore gallois et anglais. Il se pourrait qu'il ait un lien avec les Gog et Magog bibliques, mais il n'en serait rien selon certains linguistes. En tout cas, GOGMAGOG est le nom qui fut choisi par le producteur Jonathan King quand ce dernier monta son projet de supergroupe, il fera d'ailleurs référence à la bible à l'intérieur de la pochette, mélangeant ainsi les deux mythes.
Pour ceux qui ne connaissent pas, Jonathan King a une carrière longue comme le bras, on lui doit notamment la découverte de GENESIS et de 10CC. Dans le milieu, ce n'est clairement pas un nain. En revanche, il n'est en rien un grand connaisseur du Hard Rock et du Heavy Metal. Mais après avoir assisté à Seattle à un petit festival de Heavy comprenant des groupes amateurs, il fut interpellé par la ferveur des fans. Il eut donc l'idée de créer son propre supergroupe, afin de monter un projet professionnel destiné avant tout au live, voulant mettre en place des shows théâtraux pouvant générer beaucoup de merchandising (donc un pur projet mercantile).

Initialement, les premiers musiciens contactés furent John Entwistle et Cozy Powell, mais aussi David Coverdale (pour ce dernier, c'est uniquement Paul Di'Anno qui le dit). Pris dans d'autres projets, ils finirent tous par laisser tomber, et furent donc remplacés par Neil Murray (WHITESNAKE), Clive Burr (alors ex-MAIDEN et ex-TRUST) et notre bon vieux Paulo. En revanche, Janick Gers (dont le nom fut mal orthographié) et Pete Willis (ex-DEF LEPPARD) furent semble t-il les premiers choix en tant que guitaristes. L'ex-GILLAN se chargeant des parties lead (avec ce style anarchique bien caractéristique), laissant la rythmique à l'ancien Léopard Sourd, dont le style n'a pas bougé depuis "High'N'Dry". Selon Di'Anno, tout ce beau monde n'était là que pour l'argent, même s'il était bien content de pouvoir retravailler avec Burr (ce dernier étant d'ailleurs toujours irréprochable derrière ces fûts).

Le projet GOGMAGOG capotera assez vite, ne trouvant pas l'apport financier nécessaire pour lancer la tournée, et le line-up se démobilisant rapidement. Il ne restera donc que ce simple EP trois titres. Jonathan King voulant tout contrôler, il ne laissa pas les musiciens avoir leur mot à dire au niveau des compositions. Il fera alors appel à Russ Ballard, faiseur de tubes incontournable au tout début des 80s, qui avait la manie de refourguer ses propres morceaux à des interprètes souvent plus talentueux que lui. Donc là c'est au tour de "I Will Be There" de subir ce traitement, un titre bien punchy issu de son album de 1981, "Into The Fire". Les deux autres morceaux étant eux des compositions de Jonathan King, spécifiquement écrits pour ce projet.

L'intérêt de cet EP tient évidemment dans son line-up. On aura vite tendance à se focaliser sur le chant de Di'Anno, qui est à mon sens le musicien qui ici en impose le plus de part sa gouaille légendaire. Et le line-up qui l'entoure est quand même d'un autre niveau que les musiciens peu connus qui l'avaient accompagné lors de son premier album solo de 1984. Et si vous aimez sa voix si fabuleuse sur les deux premiers MAIDEN, alors il faut écouter cet EP. Car Di'Anno chante toujours avec ce même timbre de voix, très reconnaissable. Évidemment, le mot gâchis nous viendra vite à l'esprit, car Di'Anno chante bien, très bien même, avec cette voix plutôt chaude, savant souvent faire preuve de nuance, et très charismatique. Le problème c'est qu'il la met au service d'un projet sans lendemain et dont il n'en avait soi-disant pas grand chose à foutre (même si bien sûr il faut prendre avec des pincettes ses propos à l'emporte-pièce). Les compositions proposées ici, bien que loin d'être désagréables, manquent franchement d'ambition.

Dans l'ensemble, il n'est pas vraiment question de Heavy Metal, mais d'un Hard Rock qui rappelle à certains égards MEAT LOAF ou ALICE COOPER. Ça ne sonne pas Hair Metal, la production est d'ailleurs plutôt bonne je trouve, et passe très bien l'épreuve du temps. Mais "I Will Be There" n'est pas ce que Russ Ballard a proposé de mieux, ce n'est pas "I Surrender" ou "Since You Been Gone", ça non. Ca reste pourtant le meilleur morceau de l'EP. "Living In A Fucking Time Warp", lui, singe beaucoup trop "Living After Midnight" du PRIEST pour être crédible, et vaut surtout pour la performance de Di'Anno qui alterne les registres vocaux avec un certain talent. Une approche qui me fait un peu penser au Billy Idol de "Rebel Yell" (je suis peut-être à côté de la plaque, dites-le moi). On remarquera aussi le solo de Gers, qui est bien sauvage, la barre de vibrato il s'en sert et pas qu'un peu ! Le très répétitif "It's Illegal...", avec les mêmes lignes de chant répétées à outrance sur le refrain, tombe malheureusement un peu à plat, même si Paulo a dû s'y retrouver avec ces paroles libertaires. On ne peut pas dire qu'il achève l'EP de la meilleure manière.

Ceux qui en tout cas espéraient retrouver le Di'Anno badass de ces débuts Maideniens plutôt que le gentil Paulo de l'album de 1984 en auront pour leur frais. Il leur faudra attendre encore une année pour ça. En soi, cet EP n'est franchement pas désagréable, mais il n'est clairement pas à la hauteur des ambitions affichées. Quant à Paul Di'Anno, il crachera allègrement sur ce projet qu'il considère comme de la merde et ce notamment car il n'avait pas eu son mot à dire dans le processus d'écriture. En même temps, quand c'est lui qui gère tout, il n'obtient pas un résultat forcément plus intéressant. Mais bon, Paul Di'Anno n'est pas le meilleur exemple à prendre en terme de gestion de carrière, et ça on pouvait déjà le comprendre avec ce second échec consécutif. Pete Willis se fera lui carrément oublier, et du côté de Clive Burr ce ne sera guère mieux non plus.

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- Paul Di'anno (chant)
- Jannick Gers (guitares)
- Pete Willis (guitares)
- Neil Murray (basse)
- Clive Burr (batterie)


1. I Will Be There
2. Living In A Fucking Time Warp
3. It's Illegal, It's Immoral, It's Unhealthy, But It



             



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