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DEATH METAL  |  STUDIO

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- Membre : Nattravnen

GODS FORSAKEN - Smells Of Death (2019)
Par T-RAY le 29 Novembre 2019          Consultée 413 fois

C'est beau le respect des traditions. Quelles qu'elles soient, les traditions engagent des millions de personnes de par le monde à leur consacrer leur vie. D'artisans en artistes, de parfaits quidams aux plus fameuses personnalités : certains ont fait le choix de perpétuer les traditions coûte que coûte, convaincus qu'elles forment un ciment consolidant la cohésion d'un même peuple, d'une même culture ou sous-culture. Depuis une quinzaine d'années, c'est le cas dans le Metal aussi, avec l'explosion du Revival du Bay Area Thrash Metal, le développement d'une scène crédible avec les groupes de la New Wave Of Traditional Heavy Metal (NWOTHM) et la multiplication des formations rendant hommage au bon vieux Death Metal à la suédoise, inauguré par les ENTOMBED, DISMEMBER et autres UNLEASHED.

Jonny Pettersson est de ceux-là. Et l'homme est tellement convaincu du poids culturel du Swedeath boosté à la pédale HM-2 qu'il a mis le genre, ou du moins ses attributs sonores, au cœur d'une bonne partie de son œuvre de musicien. Il n'y a guère qu'au sein de son groupe d'origine, WOMBBATH, qui remonte lui-même au début des années 1990, d'ASHCLOUD ou de SYN:DROM, que le son caractéristique du Death made in Stockholm ne prédomine pas, même s'il est très loin d'être absent. Ailleurs, en particulier dans ses projets annexes, de HEADS FOR THE DEAD à NATTRAVNEN en passant par GODS FORSAKEN, cette tradition suédoise est mise en avant, voire célébrée. C'est justement ce même GODS FORSAKEN qui nous intéresse aujourd'hui, et notamment ce deuxième album studio, "Smells Of Death", dont le visuel à lui seul nous ramène quasiment trente ans en arrière.

Les piliers de la tradition du Death Suédois sont au rendez-vous de ce nouvel opus. À commencer par le son, bien sûr. Les grattes qui tronçonnent sont bel et bien là et font mal, qu'elles soient à pleine puissance comme sur l'éponyme "Smells Of Death", "They Crawl" ou "From The Inside They Came", ou qu'elles soient en mode mid-tempo, comme sur l'hypnotique "In The Pit We Shall Gather" ou "Dead And Buried". Tous les bienfaits de la HM-2 se ressentent sur le riffing des trois six-cordistes que sont Anders Biazzi, alias Schweick, qui s'occupe aussi de la basse, Gustav Myrin et Alwin Bassphyx, récemment arrivé d'ASPHYX, groupe qui en connaît déjà un rayon en matière de riffs sombres et putrescents. Je soutiens même que GODS FORSAKEN a renforcé l'efficacité de ses riffs par rapport au premier album,"In A Pitch Black Grave".

Cela donne, par conséquent, naissance à des titres qui parviennent à faire mouche rapidement auprès des auditeurs initiés au Death Metal des pionniers suédois du genre. Au-delà du solide et véloce "Smells Of Death", premier morceau du disque, déjà doté d'un riff pertinent, c'est d'abord un "They Crawl" aux doux relents de crypte moisie qui accroche l'oreille. "They craaaaaaawl", rugit Jonny Pettersson, alias Caligari au sein de GODS FORSAKEN - belle référence qu'il convient d'applaudir - et il faut bien avouer qu'on a envie de rugir avec lui. Ce morceau, puissant et prenant comme un zombie qui vous saisit à la gorge, est assurément l'un des "tubes" de l'opus (les guillemets indiquant qu'il faut raison garder car l'on ne parle pas ici de Hard FM non plus). Et "From The Inside They Came", qui suit directement, est du même tonneau.

Mais comme je le soulignais plus haut, GODS FORSAKEN n'a nul besoin de sonner la charge pour se montrer percutant. Le pesant et quasi Doom "In The Pit We Shall Gather" le démontre en moins de deux minutes, bien qu'il en dure plus du double. La formation se montre ici amplement capable de donner naissance à des ambiances nécrotiques et, je le répète, hypnotiques. Plus plaintif, le cœur de "The Process Of Death", qui fait la part belle à la guitare lead de Gustav Myrin, témoigne également de la capacité qu'a le quintette de générer des atmosphères sombres et suintantes. D'ailleurs, même l'ultime "The Curse Of Matul", qui n'est en vérité qu'une outro, dispose d'une belle ambiance. Le sentiment d'être dans une crypte est bel et bien présent et s'il n'est peut-être pas aussi innovant qu'en 1990 ou en 1991, il n'en est pas moins délectable. Quand je vous dis que la tradition est respectée !

Ce que GODS FORSAKEN a su préserver de cette tradition du Death à la stockholmoise, c'est également ce groove endiablé, que l'on retrouve tout au long du disque. Là encore, "Smells Of Death" est, à mon sens, légèrement supérieur à son prédécesseur et s'il est un des deux albums qui donne envie de remuer du popotin tout en headbangant et en foulant aux pieds des vieux ossements, c'est plutôt celui-ci. La basse de Schweick joue en effet un grand rôle dans ce groove, et cela se ressent tout particulièrement sur "From The Inside They Came", certainement le meilleur morceau du disque, avec son atmosphère brumeuse à couper au couteau et ses alternances de passages bien vifs et de moments plus lourds et poisseux.

Autre pilier de la tradition du Swedeath sur lequel s'appuie GODS FORSAKEN sur ce deuxième L.P., c'est cet aspect série B horrifique colporté d'abord par la pochette, dont les petits détails de ses entrelacs cadavériques font plaisir à voir. Les samples de cris de personnages torturés et de dialogues probablement extraits de films d'horreur contribuent en outre à ancrer "Smells Of Death" et l'œuvre de GODS FORSAKEN dans son ensemble dans le décorum qu'apprécient depuis la naissance du genre les groupes de Death Suédois. Et il suffit de compter le nombre de fois où les mots "Death" et "Dead" apparaissent pour confirmer ce constat. Cependant, ce dont GODS FORSAKEN ne parvient pas à sortir malgré tout son savoir-faire musical, c'est de cette impression générale de déjà-entendu. Hélas pour lui, sur ce deuxième album studio, pas plus que sur le premier, GODS FORSAKEN ne réinvente quoi que ce soit.

Non pas que cela fût son intention - il est permis d'en douter fort, d'ailleurs - mais l'on peut tout de même parier sur une volonté de sortir un tant soit peu du lot des nostalgiques du Death à Påpå (oui, ça fait un peu ch'ti prononcé comme ça…). Or, le combo n'y parvient pas vraiment. Si "Smells Of Death" tient ses promesses d'offrir aux amateurs de Death à la ENTOMBED, GRAVE ou DISMEMBER le type de musique qu'ils affectionnent, ceux qui ne sont pas des fans absolus du genre ne trouveront à ce disque qu'assez peu d'intérêt. Et ce, d'autant plus que GODS FORSAKEN perd un chouïa l'inspiration sur la deuxième partie de l'album, même si des titres comme "Dead And Buried" et "Birth Of Insanity" disposent tout de même de jolis arguments en leur faveur, notamment leur capacité à varier les plaisirs auditifs. Deux raisons qui suffisent à l'empêcher d'être un album quatre étoiles.

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   T-RAY

 
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- Jonny Pettersson, Aka Caligari (vocaux)
- Brynjar Helgetun, Aka Mr. Harbinger (batterie)
- Anders Biazzi, Aka Schweick (guitares, basse)
- Gustav Myrin (guitare lead)
- Alwin 'bassphyx' Zuur (guitare rythmique)


1. Smells Of Death
2. They Crawl
3. From The Inside They Came
4. In The Pit We Shall Gather
5. The Process Of Death
6. Dead And Buried
7. The Dead Laughed
8. Birth Of Insanity
9. The Curse Of Matul



             



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