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2019 New Moon
 

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SUPERLYNX - New Moon (2019)
Par JEFF KANJI le 29 Mai 2019          Consultée 1280 fois

Découverte après découverte, de noms étranges en consonances bizarres, Le Metal continue de me surprendre. Pas que l'enthousiasme soit aussi intense qu'il y a quinze ans quand je découvris alors les arcanes sacrées, mais si les géants de ma jeunesse sont aujourd'hui eux aussi vieillissants, apportant avec eux la baisse d'intensité, d'inspiration et tout le toutim, certains parviennent à toujours se sublimer et l'arrière-garde, pléthorique, n'a jamais autant regorgé de groupes qui entretiennent la gloire des puissants en recopiant leurs marques de fabrique, et de nouvelles formations imposant leur personnalité et des disques retrouvant leur statut d'œuvre d'art complète.

C'est ce que m'a permis de trouver SUPERLYNX avec "New Moon" à la pochette déjà plus qu'aguicheuse. Spatiale, avec sa multitude d'étoiles, son contraste d'ombre et de lumière et ses tons pastel, ce disque caracole quasi instantanément dans la catégorie des œuvres que je serais capable d'acheter sans l'avoir écouté. Et puis un nom de groupe pareil ça accroche l'oreille direct : le lynx, cet animal fabuleusement représentatif des espèces félines, et cette pochette vaporeuse qui ne laisse guère d'informations probantes quant à son contenu.

Deuxième opus de ce trio norvégien mené par la magnétique Pia Isaksen, qui partage les vocaux avec son batteur Ole Teigen, "New Moon" pratique un Doom multi-facettes, empruntant autant au Heavy traditionnel qu'à la variante Stoner (les riffs bluesy sont nombreux), la basse saturée et la tentation sonore du Funeral, tout en acceptant parfois la fange du Sludge, et tout cela dans un équilibre parfait, la basse (souvent saturée) s'échangeant les avant-postes avec la guitare, quand ce n'est pas un piano aux résonances sympathiques encombrantes qui trouve parfaitement sa place, tant son utilisation peut s'avérer crépusculaire voire lugubre ("Becoming The Sea"). Là-dessus sont posées des nappes de voix pas éloignées de la psalmodie délivrant des mélodies qui s'imposent rarement en tant que telles mais qui servent à merveille le discours musical. J'ai pensé bien sûr au Shoegaze magnétique d'ALCEST (dont la sublime pochette peut elle aussi rappeler l'univers) mais encore plus à PALLBEARER, qui a lui aussi ce sens de la justesse dans son expression Doom traditionnel mais pas tant.

La variété au sein d'un style finalement pas si étroit qu'on aime souvent à se le représenter (au grand dam de nos amis Wën et Lyrr) est une véritable force pour SUPERLYNX (Dieu que j'aime ce nom !) qui parvient au sein d'un album homogène, tant en qualité qu'en ambiance, à bien individualiser ses morceaux. Alors certes il y a quelques moments moins magiques ("Indian Summer", dont le riff d'intro ne fonctionne pas très bien, faute à une batterie peut-être trop portée sur l'inventivité par exemple), mais globalement bien compensés par de beaux moments de bravoure ("Becoming The Sea", "These Children That Come At Us With Knives", "Scarecrow").

Fondé en 2013 seulement et avec un deuxième opus de cette trempe, SUPERLYNX frappe fort avec "New Moon" qui je l'espère saura se faire une place dans les discussions de 2019 (et des années suivantes). Et on espère de tout cœur que cette jeune carrière prometteuse pourra laisser éclore tous ses fruits, les relents psychédéliques (certes à la mode dans le style ces derniers temps), hérités de ses penchants Stoner demandant à s'épanouir davantage comme l'évolution progressive d'un "The Groove" permet de l'apprécier. Chapeau bas messieurs damned, et j'espère à dans trois ans avec au moins autant de réussite !

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   JEFF KANJI

 
  N/A



- Pia Isaksen (basse, chant)
- Ole Teigen (batterie, chant)
- Daniel Bakken (guitare)


1. Hex
2. Breath
3. Becoming The Sea
4. New Moon
5. Indian Summer
6. These Children That Come At Us With Knives
7. Scarecrow
8. Cold Black Sea
9. The Groove
10. The Thickest Night



             



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